Laure Darcos : "Si Wauquiez ne reste qu’avec ses amis, ce sera la fin de notre parti"

Laure Darcos, sénatrice (LR) de l'Essonne
Laure Darcos, sénatrice (LR) de l'Essonne

Sénatrice (LR) de l’Essonne, Laure Darcos était l’invitée politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio. L’occasion pour elle d’évoquer la position actuelle de Laurent Wauquiez chez les Républicains et la question du retour en France des jihadistes partis en Syrie et en Irak.

Qui pour prendre la tête des Républicains après de longs mois extrêmement difficiles politiquement parlant ? Si Florence Portelli et Maël de Calan ne se présentent pas sans ambitions à l’élection pour la présidence du parti, le troisième candidat, Laurent Wauquiez, fait figure d’immense favori pour ce scrutin qui sera réservé aux adhérents. Sénatrice (LR) de l’Essonne, Laure Darcos était l’invitée politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio. Si elle appelle à tempérer les attaques contre le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle espère ne pas voir une énième fracture dans son parti.

"Il faut peut-être qu’on arrête de le critiquer et de le diaboliser et qu’on lui laisse le bénéfice du doute. C’est un garçon extrêmement intelligent que je connais depuis longtemps. Ce n’est pas dans son intérêt de rétrécir encore un peu plus le parti. On a connu en 2017 un annus horribilis, même sur le plan financier. Si jamais Laurent Wauquiez ne reste qu’avec ses amis à partir de son élection fin décembre, les gens ne reprendront pas leur carte en 2018 et ce serait la fin de notre parti. (…) Je suis nostalgique de l’UMP. Je venais plutôt de la frange Raffarin-Douste-Blazy, et j’ai tout de suite adhéré aux idées de l’UMP. Pourquoi ? Parce qu’on est forts quand on est unis et qu’on a la possibilité d’avoir un seul leader au moment des grands enjeux tout en acceptant tous les courants. C’est tout ce que je demande", déclare-t-elle.

"Les enfants de jihadistes n’ont plus le même prisme entre le bien et le mal"

Laure Darcos est également longuement revenue lors de cette interview sur la question du rapatriement des jihadistes français en France. Un simple mot qui la met légèrement mal à l’aise. "Le mot "rapatriement" est un terme très délicat, j’ai d’ailleurs posé une question d’actualité sur ce sujet au ministre de l’Intérieur sur ce sujet. «Rapatriement» signifie qu’ils sont en danger là-bas. Ils ont été pour la plupart volontaires pour partir (je ne parle pas des enfants, qui sont un cas à part). On parle d’environ 700 adultes et 400 enfants. J’ai interrogé pas mal de gens dans les préfectures et dans le milieu de l’Intérieur. En France, ils attendent que le gouvernement judiciarise tout le monde, même les femmes et les enfants. Il faut savoir ce qu’ils ont fait exactement sur place, et où ils en sont psychologiquement. Il y a des psychologues spécialisés – il faudra en recruter d’autres – rattachés aux préfectures qui doivent prendre en charge ces gens individuellement. Il ne faut surtout pas les traiter collectivement", assure-t-elle.

Selon la sénatrice, le processus de réintégration des enfants de jihadistes pourrait s’avérer long et fastidieux. "Il y a la finalité de re-scolariser ces enfants, mais il faut qu’ils passent avant ça par ce sas de décompression avec des psychologues adaptés. Peut-être ont-ils participé à des exactions, ils n’ont en tout cas sûrement plus le même prisme entre le bien et le mal que les enfants français sur notre territoire. Au-delà de la judiciarisation, il faut peut-être encore pour quelques temps les retenir loin de leur quartier d’origine et de leur famille. On sait très bien que dans certains quartiers, des influences et des réseaux peuvent se refaire. Peut-être sont-ce des personnes de leur quartier qui les ont incité à partir… Donc pourquoi ne pas les envoyer à l’autre bout du territoire pendant un moment, dans un sas de décompression ?", relève-t-elle.

En ce qui concerne les récents propos d’Emmanuel Macron, qui a affirmé que Daesh serait anéanti d’ici deux mois, Laure Darcos se veut prudente. "D’un point de vue purement diplomatique, je trouve ça un peu imprudent de dire ça. Ça peut être vu comme un signe de provocation et même sans vivre dans la peur et l’angoisse 24h/24, on reste tous aujourd’hui sous la menace d’un attentat dans le métro ou ailleurs…", souligne-t-elle.

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