Julien Sanchez : "Nous devrions avoir deux cent députés"

Julien Sanchez, invité du Grand Matin Sud Radio, lundi 19 juin 2017
Julien Sanchez, invité du Grand Matin Sud Radio, lundi 19 juin 2017 © Sud Radio

Au lendemain du second tour des élections législatives, le Front national a obtenu huit sièges de députés. Mais pour Julien Sanchez, maire FN de Beaucaire, dans le Gard, c’est loin d’être représentatif des électeurs français.

Dans les prochains jours, il seront huit à venir s’asseoir sur les bancs de l’Assemblée nationale. Dimanche soir, le Front national a seulement réussi à faire élire huit députés. Une déception pour Julien Sanchez, le maire FN de Beaucaire, invité lundi matin du Grand Matin Sud Radio. "Nous trouvons que huit députés, c’est un peu injuste. Le mode de scrutin majoritaire empêche certains partis d’être représentés à leur juste proportion. Nous devrions avoir deux cent députés", a affirmé l’élu. Néanmoins, le porte-parole du parti pour les élections législatives est aussi capable de voir le verre à moitié plein. "Nous n’avions que deux députés sortants et nous quadruplons le nombre d’élus FN à l’Assemblée"

Pas de groupe FN à l'Assemblée

Selon Julien Sanchez, le Front national a pâti de l’abstention. "Beaucoup de jeunes se sont abstenus en se disant 'à quoi ça sert d’aller voter puisque M. Macron aura sa majorité'", a estimé le maire de Beaucaire qui en profité pour remettre sur le tapis le mode de scrutin qui "désavantage notamment le Front national". "Il est anormal que la France insoumise avec 19 % des voix n’ait qu’une quinzaine de députés, elle devrait en avoir une centaine. Et il est anormal qu’avec 34 % des voix au second tour des élections législatives, le FN ne puisse pas constituer de groupe à l’Assemblée", a réagi le porte-parole du Front national qui plaide pour l’introduction du scrutin proportionnel dans la future loi de moralisation de la vie publique. 

La solution est dans les mains du président Emmanuel Macron selon le maire de Beaucaire. Il souhaiterait que le président abaisse le seuil pour faire un groupe afin de "permettre à la deuxième force politique de l’élection présidentielle de peser à l’Assemblée". Sans groupe à l’Assemblée, il sera notamment plus compliqué pour le FN de s’affirmer comme une force majeur de l’opposition. 

Pourtant, le FN se voit comme le principal opposant à Emmanuel Macron. "Les Républicains ne seront jamais des opposants", a assuré Julien Sanchez puisque les élus du parti de droite seraient "soumis" à l’Union européenne et Angela Merkel, la chancelière allemande. Du côté de la France insoumise, à la différence du Front national selon Julien Sanchez, l’opposition ne serait pas "constructive". Jean-Luc Mélenchon n’aurait d'ailleurs agi que par opportunisme politique, a estimé l’élu FN. 

Enfin, face à la défaite de Florian et Damien Philippot, fer de lance de la sortie de l’euro au sein du FN, et très contesté en interne, Julien Sanchez a semblé vouloir ne pas tirer de conclusions hâtives sur les futures évolutions idéologiques de son parti. "Nous allons analyser les points positifs et négatifs des deux élections", a déclaré le maire de Beaucaire avant d’ajouter sous une forme d’avertissement : "Nous avons deux années sans élections donc on va travailler à réformer le FN"

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio