Journée sans cheminots à la SNCF : les syndicats optimistes, les voyageurs pris de court

La grève SNCF est particulièrement suivie en ce lundi 14 mai 2018 (©KENZO TRIBOUILLARD - AFP)

Reportage Sud Radio. Alors que ce lundi 14 mai 2018 est une journée noire pour les transports ferroviaires français avec de très nombreux trains supprimés, tous ne réagissent pas de la même manière...

Un TGV, TER ou Transilien sur trois, et un Intercités sur cinq. La mobilisation des cheminots grévistes est très forte aujourd'hui à la SNCF suite à l'appel à la "journée sans cheminots" lancé par les syndicats contre la réforme ferroviaire. Des opérations de blocage de gares pourraient aussi être organisées, à l’heure où la "vot'action", le référendum pour donner la parole aux cheminots sur le projet, démarre aujourd'hui.

Interrogé par Sud Radio, le délégué Sud Rail Fabien Villedieu se réjouit de cette mobilisation hors-norme des conducteurs, des aiguilleurs ou des contrôleurs. "Alors comment on fait, là ? Il y a une semaine, on nous expliquait que la grève était terminée, qu’il y avait de moins en moins de grévistes au point que plus personne ne s’intéressait aux cheminots. Et d’un seul coup, tout le monde tombe de l’armoire et découvre que la mobilisation sera très forte ? Je pense que certains vont se rendre compte que sur la mobilisation comme sur la réforme du ferroviaire, c’est du mensonge en permanence ! Sur les chiffres des grévistes, sur l’ouverture à la concurrence, sur la privatisation… Tout ça, c’est insupportable ! Je peux vous dire que les cheminots sont très mobilisés et motivés, et qu’on n’est pas prêt de reprendre le boulot...", prévient-il.

"La grosse galère, plus que d’habitude !"

À Marseille, les usagers venus en gare Saint-Charles sont d’autant plus pénalisés qu’une caténaire s’est rompue et que des manifestants ont bloqué des voies ce matin. Résultat, la plupart des trains ont dû être annulés ou déroutés ! "La grosse galère, plus que d’habitude ! Généralement il y a toujours un train pour aller à Toulon même en période de grève. Là, malheureusement ce n’est pas le cas !", déplore une voyageuse au micro de Sud Radio. "Je suis un peu déçue parce que je ne sais pas si je vais pouvoir aller à mon congrès...", s’inquiète une autre. Pour cette autre usagère, c’est l’incertitude qui domine. "Mon train est supprimé. Je vais voir ma famille à Nevers, ils m’ont mis sur un autre train mais pas sûr d’avoir de la place pour s’asseoir avec ma fille, donc c’est compliqué. Ce n’était pas prévu du tout, j’ai reçu un mail ce matin comme quoi c’était perturbé, pas supprimé", déclare-t-elle. Certains, eux, sont parvenus à passer entre les gouttes… "On a le sourire parce qu’on a réservé sur Internet et que le train part à l’heure, donc on est contents ! Mais on voit bien qu’on n’est pas tous contents ici !", reconnaît un usager.

Cette mobilisation hors-normes pourrait par ailleurs avoir été encouragées par la fuite dans la presse d'un compte-rendu d'une réunion au ministère des Transports qui laisse planer le doute sur une possible privatisation de SNCF Réseau et SNCF Mobilités... malgré les engagements du gouvernement à ne pas aller vers la privatisation. Pour Fabien Villedieu, rien d’étonnant à cela. "Guillaume Pépy est capable de dire la main sur le cœur que la privatisation est un délire de syndicalistes, et Élisabeth Borne dit la même chose, mais je peux vous dire que la réforme du ferroviaire porte en elle la privatisation de la SNCF ! Tout ça, les cheminots le savent, les voyageurs vont commencer à s’en rendre compte, et on verra que tous les bonimenteurs qui nous disaient de nous rassurer pendant des semaines et des semaines sont finalement là pour faire passer une loi dangereuse ! Et si c’est une loi dangereuse pour la SNCF, ça ne l’est pas que pour les cheminots mais aussi pour tous les voyageurs !", insiste-t-il.

Propos recueillis par Steven Gouaillier et Lionel Maillet

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