En 2025, près de 178 000 passages irréguliers ont été détectés aux frontières extérieures de l’Union européenne. Un chiffre en baisse de plus de 25% par rapport à 2024 et plus de la moitié par rapport au pic observé en 2023. Pour l’Agence européenne de surveillance des frontières (Frontex), il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis 2021.
Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, estime que cette dynamique traduit « l’efficacité du renforcement des frontières extérieures et des partenariats internationaux ». Il précise également que cette baisse « signifie que moins de personnes sont victimes de trafic, moins sont victimes d’abus et moins de vies sont mises en danger ».
-63% de passages irréguliers par l’Espagne
Néanmoins, toutes les routes européennes ne sont pas affectées de la même manière. La chute la plus spectaculaire concerne la route ouest-africaine, empruntée notamment depuis le Sénégal, la Mauritanie ou le Maroc vers l’Espagne et les Canaries où les passages irréguliers ont reculé de 63 % en un an.
La route des Balkans occidentaux connaît également une baisse de 42 % des franchissements irréguliers. De plus, les frontières terrestres orientales de l’UE, notamment entre la Biélorussie et la Pologne ou les pays baltes, enregistrent une diminution de 37 %.
Un constat plus contrasté en Méditerranée
Le constat est plus nuancé en Méditerranée, qui reste l’un des principaux axes de migration vers l’Europe. Sur la route centrale, reliant la Libye à l’Italie, les tentatives de traversée n’ont reculé que de 1 %, avec environ 66 000 entrées détectées en 2025. Cette zone reste la plus fréquentée, la Libye étant le premier pays de départ des migrants irréguliers.
À l’est de la Méditerranée, l’agence Frontex remarque une baisse de 27 %, avec environ 51 000 passages recensés avec une forte hausse des arrivées entre la Libye et l’île grecque de Crète. À l’opposé, l’ouest de la Méditerranée fait figure d’exception. Les franchissements irréguliers ont augmenté de 14 % en 2025, pour atteindre 19 403 personnes.
Les décès dans la Manche en baisse... mais toujours très élevés
Malgré tout, la route reste particulièrement dangereuse et mortelle. Selon les estimations de l’Organisation internationale pour les migrations, 1 878 personnes ont perdu la vie en Méditerranée en 2025, contre plus de 2 500 l’année précédente, un chiffre en baisse mais toujours élevé. Enfin, les tentatives de traversée de la Manche vers le Royaume-Uni ont elles aussi légèrement reculé, avec une baisse de 3 % et 65 861 passages recensés.
Malgré cette baisse globale encourageante, Frontex souligne que les flux migratoires peuvent « se déplacer rapidement d’une route à l’autre, sous l’effet des conflits, de l’instabilité et des réseaux de passeurs ». Une mise en garde qui tempère l’optimisme affiché par les institutions européennes, alors que la question migratoire continue d’être un enjeu politique majeur pour l’Union européenne.