Grève du 5 décembre : Agnès Pannier-Runacher appelle "les entreprises à faire preuve de bienveillance à l'égard de leurs salariés"

Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d'État auprès du Ministère de l'Économie et des Finances, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 3 décembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Agnès Pannier-Runacher, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 3 décembre à 7h40.

Agnès Pannier-Runacher : "nous appelons les entreprises à faire preuve de bienveillance à l'égard de leurs salariés" lors de la grève du 5 décembre

Le mouvement des "Gilets orange" bloque dans l'ouest les dépôts d'essence : les professionnels du BTP sont mobilisés contre la suppression d'un avantage fiscal dont bénéficiait jusqu'à présent le gazole non routier. "Il y a une porte de sortie estime Agnès Pannier-Runacher. Nous avons reçu les représentants de ces professions pendant 5 heures à Bercy lundi 2 décembre explique-t-elle au micro de Patrick Roger. Leur sujet central n'est pas la réforme, tout le monde a compris que l'essence qui pollue a vocation à être taxée de la même manière, quel que soit son usage. Le gazole non routier était très peu taxé, il coûtait beaucoup moins cher que le diesel, hors c'est la même chose rappelle-t-elle. C'est une charge supplémentaire et il faut l'accompagner reconnaît-elle. C'est pour ça qu'on avait concerté depuis le mois de juin, ce n'est pas quelque chose qu'on sort de notre chapeau ! On a autorisé et aidé les professions à augmenter leurs prix dans les contrats qu'ils ont avec les communes ou les départements. On leur a aussi donné un avantage de façon à changer de machines, pour avoir des motorisations plus propres. On ne peut pas mettre en paroles qu'il y a une urgence climatique et ne pas appliquer dans les actes".

 

Ce serait dramatique s'il y avait pénurie d'essence alors qu'une grande grève s'annonce dans les transports soulève Patrick Roger. Pour Agnès Pannier-Runacher, "l'immobilisation des transports concerne beaucoup la région Île-de-France, beaucoup moins d'autres régions. Nous appelons les entreprises à faire preuve de bienveillance à l'égard de leurs salariés. Le télétravail peut être mis en place très facilement aujourd'hui, c'est une bonne solution de manière générale pour gérer les circulations entre travail et domicile, et dans un contexte comme celui-ci c'est une bonne mesure pour continuer à travailler et faire en sorte que les gens ne soient pas déconnectés du travail mais n'aient pas à se déplacer".

 

"Ce n'est pas comme si on ne faisait rien pour les petits artisans et commerçants"

Le problème de fond reste la réforme des retraites. Y a-t-il un manque de pédagogie autour du sujet ? "On perd un peu de vue quel est l'objectif, qui est partagé par les deux-tiers des Français précise Agnès Pannier-Runacher : on a aujourd'hui un régime à bout de souffle, et on propose de faire un régime unique, universel, qui s'applique de la même manière à tous". Certains estiment que le niveau des pensions va baisser, d'autant qu'il y aura le calcul avec les points. "C'est un propos fondé sur rien ! dément Agnès Pannier-Runacher. Dès que vous cotisez dès le premier point, le premier travail, vous ne faites que de l'incrémental, vous rajoutez à votre possibilité de gagner de l'argent. Chaque fois que vous travaillez, vous gagnez des points : vous avez non seulement les 25 meilleures années plus les points que vous avez gagnés en faisant un job au Mac Do quand vous étiez jeune ! C'est une honte d'arriver à présenter le rejet de cette manière !" s'insurge-t-elle.

La grève pourrait impacter aussi les petits commerçants. "Nous accompagnons les commerçants depuis l'affaire des Gilets Jaunes explique Agnès Pannier-Runacher. Nous avons repoussé 300 millions d'euros d'échéances de cotisations sociales et 100 millions d'euros de cotisations fiscales. Ce n'est pas comme si on ne faisait rien pour les petits artisans et commerçants. Par rapport à la grève : attention à ce dont on parle. Le fait qu'il y ait une journée de grève ne va pas affecter de manière majeure le chiffre d'affaires des commerçants. Ce dont ils ont peur aujourd'hui, c'est des risques de dérapage, de violences, qui les affectent dès le premier jour. Et la deuxième chose, c'est que ça puisse durer, car le mois de décembre représente le gros du chiffre d'affaires. Donc nous serons extrêmement à l'écoute, comme nous l'avons toujours été, dans les cas inondations ou de manifestations de Gilets Jaunes".

 

 

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