En plein débat sur les moyens mobilisés en France contre les violences sexuelles sur les mineurs après la mort de Lyhanna, la Ciivise rend lundi une évaluation très attendue sur la façon dont le gouvernement a mis en œuvre depuis deux ans ses dizaines de recommandations.
La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants avait livré fin 2023 au gouvernement 82 préconisations au terme de deux ans de recueil de témoignages et de réflexions. Elle livre son état des lieux dans un contexte explosif, avec de multiples questions soulevées quant au traitement par la justice des affaires de crimes sexuels, après la mort de la collégienne de 11 ans dans le Gers.
La directrice de la Ciivise, la magistrate Maryse Le Men-Regnier, et son secrétaire général Denis Roth-Fichet, sont attendus lundi midi place Vendôme pour présenter leur rapport au garde des Sceaux Gérald Darmanin et à la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist.
Ce rapport doit permettre d'évaluer les efforts du gouvernement face à ce que la Ciivise a qualifié de "crime de masse": chaque année 160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles et un enfant est victime d'un viol ou agression sexuelle toutes les trois minutes, selon elle.
La Ciivise avait été lancée après le choc provoqué par la publication début 2021 du récit de Camille Kouchner "La Familia Grande", qui avait entrainé une déferlante de témoignages sur l'inceste.
La question des violences sexuelles est devenue majeure depuis avec différentes affaires à l'écho national, comme dans le périscolaire avec la suspension à Paris de 52 animateurs pour "suspicion de violences sexuelles ou sexistes", ou avec le procès du chirurgien Joël Le Scouarnec, condamné pour des viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes, pour la plupart mineures.
Sous la houlette de son secrétaire général Denis Roth-Fichet, la Ciivise s'est attelée à faire le suivi minutieux de la mise en œuvre de ses préconisations émises en novembre 2023 dans les administrations, incluant la santé, la justice, les forces de l'ordre et l'éducation.
Ces recommandations nourrissent les 79 dispositions d'une proposition de loi "intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants", soutenue par la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet et la haute commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP