Gaspard Gantzer - Le bilan d'Anne Hidalgo ? "Mauvais sur les questions de vie quotidienne"

Gaspard Gantzer, candidat de "Parisiennes Parisiens" à la mairie de Paris, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 13 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Gaspard Gantzer, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 13 janvier à 7h40.

Gaspard Gantzer : "quand on parle de retrait provisoire, on peut assez vite enlever le 'provisoire'"

Après 40 jours de grève et un conflit, l'âge pivot a été retiré provisoirement du projet de réforme des retraites, et quelques spécificités sont maintenues. Gaspard Gantzer était patron de la communication à l'Elysée, auprès de François Hollande. Est-ce une stratégie du gouvernement pour faire passer la réforme ou était-ce une mauvaise communication ? l'interroge Patrick Roger. "J'ai pris l'habitude de ne pas donner de leçon de communication à nos successeurs, car j'ai moi-même fait beaucoup d'erreurs, réplique Gaspard Gantzer, mais ils se sont pris les pieds dans le tapis à l'évidence !

 

Cette réforme est souhaitée par la plupart, mais peut-être qu'en voulant mettre trop de choses dans cette réforme, le gouvernement a fait perdre le fil aux citoyens français et ils sont obligés de reculer, et c'est une bonne chose, estime-t-il, on a besoin d'un compromis maintenant pour sortir de la grève. Quand on parle de retrait provisoire, on peut assez vite enlever le 'provisoire', ajoute Gaspard Gantzer. Le retrait du CPE était aussi provisoire, rappelle-t-il, mais il n'a jamais été mis en oeuvre par la suite". Pour lui, "le retrait est définitif, mais certainement par orgueil, le Premier ministre ne le dit pas pour l'instant".

On dit qu'Emmanuel Macron joue sur les divisions politiques, joue-t-il aussi sur les divisions syndicales ? Gaspard Gantzer ne l'espère pas. "Ce serait une politique un peu machiavélique ! estime-t-il. Le pays a besoin de rassemblement, de concorde et de dialogue. Emmanuel Macron a en lui peut-être les deux côtés, le côté tacticien et le côté rassembleur, il faut qu'il accentue le côté rassembleur".

 

"Supprimer le périphérique est une perspective à 20 ans"

Gaspard Gantzer est candidat de "Parisiennes Parisiens" à la mairie de Paris. Anne Hidalgo a déclaré sa candidature à sa succession. Parmi ses propositions, elle souhaite notamment faire de Paris une ville 100% vélo. "Je suis contre le fait de supprimer tel ou tel mode de déplacement, affirme Gaspard Gantzer. Aujourd'hui, le vélo n'est que 5% des déplacements. On doit peut-être augmenter un peu cette part-là, mais il faut comprendre ceux qui ne peuvent pas faire de vélo. Pour lui, la priorité en matière de développement, c'est le déplacement à pied, les trottoirs sont plein de travaux, parfois cassés, et le développement des transports publics".

Gaspard Gantzer confirme sa volonté de supprimer le périphérique. "Ce n'est pas une perspective pour les 20 prochains jours ou les 20 prochains mois, explique-t-il, c'est une perspective à 20 ans. Le périphérique est une frontière entre Paris et le Grand Paris qu'il faut supprimer. Anne Hidalgo est contre tout ce qui participe à la construction du Grand Paris. Je pense que la construction de la métropole parisienne est la priorité des prochaines années. Selon lui, Paris est une ville trop petite, trop dense, qui étouffe. Il faut mettre des espaces verts et trouver de la place pour davantage de logements".

Les prix au mètre carré ont explosé à Paris. Anne Hidalgo propose d'augmenter de 25% la part de l'habitat social dans la ville. Pour Gaspard Gantzer, "il faut plutôt penser à rénover les logements sociaux, mais surtout, c'est une nouvelle proposition, il faut faire un plan d'urgence de lutte contre l'habitat insalubre, propose-t-il.  Il faut également un plan pour les logements étudiants. Tout cela coûte de l'argent, il faudra donc faire des économies par ailleurs, et j'ai proposé qu'on baisse les effectifs de la ville de Paris de 10%. Anne Hidalgo les a fait exploser. Le logement est la première des priorités. Si on veut que Paris reste une ville dynamique avec des enfants, et pas seulement des célibataires entre 30 et 40 ans, il faut pouvoir loger tout le monde", justifie-t-il.

 

"Je ne veux pas remettre la ville sens dessus dessous, ça serait difficile de faire pire qu'Anne Hidalgo" en matière de travaux

Le nombre d'accidents de vélos et trottinettes explose à Paris, surtout depuis les grèves du 5 décembre, soulève Cécile de Ménibus. "Il y a beaucoup d'efforts qui ont été faits pour développer le vélo à Paris, reconnaît Gaspard Gantzer, avec des nouveaux couloirs réservés, mais visiblement ils ne sont pas au bon gabarit, donc il faut en tenir compte pour aménager les choses.

Je ne veux pas remettre la ville sens dessus dessous, ça serait difficile de faire pire qu'Anne Hidalgo en la matière, regrette-t-il. En revanche, chercher ici ou là à mieux sécuriser certaines pistes, c'est nécessaire et ça ne nécessite pas forcément de gros travaux. Par ailleurs, il faut que les gens soient plus attentifs les uns aux autres, qu'il y ait plus de concorde et d’harmonie, je me méfie un peu des trottinettes électriques, je trouve que c'est un mode de transport parfois dangereux et individualiste. Je discutais récemment avec un médecin urgentiste qui me disait qu'il n'avait jamais vu autant de polytraumatisés. J'ai un ami qui s'est fait casser le fémur, percuté par une trottinette alors qu'il faisait de la course à pieds.

Anne Hidalgo, qui a toujours été candidate dans le 15e, a décidé de fuir cet arrondissement pour aller dans le 11e. Je ne sais pas de qui ou de quoi elle a eu peur. Elle a toujours perdu dans le 15e quand elle était candidate, peut-être que cette fois elle avait peur de ne pas faire 10% au premier tour, en tout cas c'est son problème : moi j'ai grandi dans le 15e, j'y ai toujours été fidèle, j'y serais candidat parce que je pense que c'est le plus bel arrondissement de Paris, c'est celui qui nous tient à cœur".

Le bilan d'Anne Hidalgo ? "mauvais, notamment sur la question de la vie quotidienne"

Pour Gaspard Gantzer, le bilan d'Anne Hidalgo est "mauvais, notamment sur la question de la vie quotidienne : le logement, les gens ont quitté la ville. La propreté, puisque les rues sont sales. La sécurité, puisque les rues sont de moins en moins sures".

 

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