François Kalfon : "Je crains que le pronostic vital du quinquennat soit engagé"

François Kalfon
François Kalfon ©Sud Radio

François Kalfon, conseiller régional d'Ile de France et membre du bureau national du PS était l'invité politique du Grand matin Sud Radio. 

"Le président a clairement dit qu’il choisissait l’affrontement social contre les gilets jaunes en parlant de foule haineuse lors de son allocution du 31 décembre", les mots sont lâchés par François Kalfon. L’arrestation d’Éric Drouet mercredi soir illustre selon lui parfaitement la position du gouvernement bien que le membre du PS tienne à clarifier : "Je n’ai pas de fascination pour cet homme. Mais il a été désigné par le pouvoir comme son principal opposant, on en a fait une star. De cela, l’exécutif n’en sort pas grandit".

Pour lui, cette mobilisation des gilets jaunes s’explique en partie par un profond sentiment d’injustice, autrement dit la notion du "deux poids, deux mesures" : "Alexandre Benalla et Éric Drouet sont l’incarnation précise de cela. L’un utilise des passeports diplomatiques alors qu’il est censé les avoir rendus et n’a rien tandis que l’autre participe à un rassemblement et se fait arrêter. Et puis, dois-je rappeler les mises en cause d’Alexis Kohler ? Celles de Muriel Pénicaud ? De Richard Ferrand ? Et après cela, il y a quand même des parlementaires qui viennent plastronner sur l’application du droit ! Mais de qui se moque-t-on dans ce pays ?".

Le conseiller d’Île de France est également très critique envers la stratégie du gouvernement, selon lui, aucun conflit social n’a pu se régler avec une approche policière : "Je crains que si Emmanuel Macron continue sur cette voie, le pronostic vital de sa présidence soit engagé".

"Le décret contre les chômeurs est une agression"

Et il n y a pas que les gilets jaunes qui défraient l’actualité en ce moment. Le décret qui renfonce le contrôle des chômeurs fait polémique en ce début d’année. En cause ? La radiation d’un mois en cas de manquement à un rendez-vous, impossibilité de refuser une offre d’emploi car elle engendre une baisse de salaire, un journal de bord numérique devra être tenu par les demandeurs d’emplois… Un texte qui ne passe pas et que François Kalfon juge comme « une agression ». «L’exécutif n’est pas en état de faire des réformes lourdes. Mais en catimini, il a pris des dispositions qui sont une agression lourde pour les chômeurs. On continue à les stigmatiser, à les faire passer pour des fraudeurs alors qu’il n y en a que 8 % ! Ce décret montre le mépris du pouvoir. » estime-t-il.

"Il faudra des gilets jaunes dans notre liste aux européennes"

À quelques mois des élections européennes, le membre du PS a déjà en tête la future tête de liste de son parti. "Je souhaite que ce soit Ségolène Royal. Elle prône une écologie d’adhésion, c’est l’incarnation de la fusion entre socialisme et écologie. Elle a encore quelque chose en elle, elle fait passer le combat écologique avant elle-même". François Kalfon n’est pas le seul à souhaiter son retour : celui qu’il décrit comme "le rassembleur" ou "le passeur" Olivier Faure, le patron du parti socialiste, la courtise également. Et pour être sur de toucher un maximum d’électeurs, Kalfon ambitionne de créer la liste la plus large possible "avec des gilets jaunes car il en faudra".

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