François de Rugy est-il parti pour rien ?

François de Rugy est-il parti pour rien ? C’est la question du jour, avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 22 juillet. “Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15.

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François de Rugy va s'asseoir de nouveau sur les bancs de l’Assemblée.

Nous connaissons déjà en partie les conclusions des deux enquêtes, celle du gouvernement et celle de l’Assemblée nationale. Elles blanchissent l’ancien ministre… Alors, que faut-il en penser ?

 

"Circulez il n’y a rien à voir"

"Quand on lit les bribes de conclusion des deux enquêtes, il y a de quoi être déconcerté, confie Véronique Jacquier… La déontologue de l’Assemblée nationale estime que tous les dîners reprochés à François de Rugy étaient des dîners professionnels. Or, cette déontologue, madame Agnès Roblot-Troizier, a été nommée en août 2017 par François de Rugy. Est-elle franchement indépendante ?" François de Rugy, lui-même, reconnaît que trois de ces dîners étaient d’ordre privé. Et le journaliste Jean-Michel Apathie a admis avoir été invité parce que sa femme était une amie de l’épouse de l’ancien ministre.

"Pour l’enquête diligentée par Matignon, c’est aussi 'circulez il n’y a rien à voir', estime Véronique Jacquier. Les coûts des travaux dans l’appartement privé du ministère seraient justifiés. Que faut-il en conclure ? On ne voit rien de surprenant, finalement, dans les propos des deux enquêtes. La semaine dernière, Médiapart a obtenu une victoire en précipitant la démission de François de Rugy. Édouard Philippe répond : "Regardez, les accusations de Mediapart se dégonflent". Balle au centre, un partout…

Quid des indemnités de frais de mandat ?

Alors, le ministre de la Transition Écologique est-il parti trop vite, et pour rien ? "Non ! C’est le symbole qui compte, et non des agissements que l’on peut considérer comme mineurs. François de Rugy paie le prix de sa grande légèreté. Les travaux dans l’appartement privé ? Peu importe qu’ils coûtent 63.000 euros. Le péché de François de Rugy est d’avoir agi comme s’il était propriétaire des lieux. Il lui a manqué l’humilité de se dire qu’il n’était que de passage. Son comportement fait très ancien régime. Les politiques de l’ancien monde n’oubliaient pas le devoir d’exemplarité".

François de Rugy reste, par ailleurs, incapable de justifier l’utilisation de ses indemnités de frais de mandat pour régler la cotisation du parti Europe Écologie les Verts et s’en servir pour payer un peu moins d’impôts. L’ancien ministre n’a d’ailleurs attaqué Mediapart en diffamation que sur un point : l’affaire de son appartement à Nantes, qui s’est dégonflée après une enquête de Ouest France. "Pour le reste, il sait bien qu’il est dans une zone grise. Ni tout à fait illégal, ni tout à fait moral".

Une législative partielle

Faudrait-il demander aux élus encore plus de transparence pour éviter de tels agissements ? Non, pour Véronique Jacquier. Édouard Philippe réfléchit à revoir la circulaire relative au train de vie des ministres, en mettant noir sur blanc ce qui relève de la vie privée et ce qui relève de la sphère publique. "En principe, si l’on est correctement structuré, on n’a pas besoin d’une circulaire !" Par ailleurs, les élus n’ont jamais été aussi contrôlés : justification de leurs dépenses, réforme de leur système de retraite, interdiction des emplois familiaux, réserve parlementaire abolie… Une énième loi n’apporterait pas grand-chose de plus pour encadrer le train de vie de ministres et les agissements du quatrième personnage de l’État.

"En revanche, pense Véronique Jacquier, il faudrait mettre fin à l’automaticité, pour un ancien ministre, de retrouver son siège de député. Cette pratique instituée par Nicolas Sarkozy lors de la réforme constitutionnelle de 2008, fleure bon la quatrième République ! François de Rugy va s'asseoir de nouveau sur les bancs de l’Assemblée. On aurait aimé qu’il regagne, à travers une législative partielle dans sa circonscription de Loire-Atlantique, une vraie légitimité…"

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