Chèque énergie : "1,7 million d'étudiants seront concernés" d'après Frédérique Vidal

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 22 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

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Frédérique Vidal, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 22 octobre, dans "le petit déjeuner politique".

Chèque énergie, rentrée universitaire, santé des étudiants : Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, répond aux questions de Patrick Roger.

 

Chèque énergie : "1,7 million d'étudiants seront concernés"

Le chèque énergie, annoncé jeudi 21 octobre, par Jean Castex devrait également concerner les étudiants, confirme Frédérique Vidal. "L'objectif est de pouvoir lutter contre l'inflation qu'on voit revenir, qui se voit particulièrement sur les prix de l'essence. Les étudiants vont déjà bénéficier du bouclier énergie, pas d'augmentation et gel du prix du gaz et de l'électricité, et aussi l'indemnité inflation", explique la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. "Tous les étudiants boursiers et ceux qui ont un foyer fiscal indépendant : on estime à 1,7 million d'étudiants qui pourront en bénéficier", précise-t-elle.

"Beaucoup d'étudiants ont un petit job à côté", rappelle la ministre de l'Enseignement supérieur. "Avec Élisabeth Borne, dans le cadre du plan '1 jeune, 1 solution', c'est plus de 55.000 emplois étudiants spécifiquement calibrés pour les étudiants qui ont été mis sur le marché et utilisés par les étudiants", souligne-t-elle. Pour toucher cette indemnité inflation, "le principe est celui de la simplicité, pas de démarche particulière à faire. Pour les étudiants boursiers, nous avons les dossiers. Ce sera automatique et versé en décembre", indique-t-elle. "Pour les autres, ce sera les mécanismes classiques prévus pour l'ensemble des concitoyens. Les étudiants sont des jeunes autonomes, on doit les accompagner dans cette autonomie", estime Frédérique Vidal.

 

Étudiants : "Les repas à 1 euro ont été maintenus pour tous les étudiants boursiers et ceux qui bénéficient des aides spécifiques"

Ce chèque énergie serait-il une préparation des esprits des Français à une reprise de l'inflation ? "On constate mondialement qu'après une période de très fort arrêt, l'économie redémarre", rassure Frédérique Vidal. "Il faut remettre en place tous les systèmes d'approvisionnement. L'offre ne peut plus répondre à la demande, les experts disent que c'est ponctuel", rapporte la ministre.

Les étudiants ont été très touchés pendant la crise du Covid. Les repas à 1 euro "ont été maintenus pour tous les étudiants boursiers et ceux qui bénéficient des aides spécifiques", assure Frédérique Vidal. "Sur le site du Crous, vous avez la possibilité en quelques clics de vous déclarer en précarité et pouvoir bénéficier de financement, jusqu'à 500 euros par mois. Ça s'accompagne automatiquement de la possibilité d'avoir des repas à un euro. Pour les autres, les repas restent subventionnés à 3,30 euros", souligne-t-elle.

Mini-réacteurs : "2030 paraît aux chercheurs réaliste"

Concernant l'énergie, Emmanuel Macron a privilégié, dans son plan d'investissement, le nucléaire, avec de nouveaux réacteurs. La France est-elle bien engagée dans la recherche pour aller vers les mini-réacteurs, qui ne sont pas encore complètement au point ? "L'intérêt des mini-réacteurs est de permettre de fermer le cycle du nucléaire", explique la ministre de la Recherche. Des mini-réacteurs "capables de réutiliser les déchets et qui permettent plus de sûreté, car ils sont plus faciles à contrôler en cas de problème". L'objectif annoncé est 2030, "certains sont déjà en cours de' prototypage'. 2030 paraît aux chercheurs réaliste, il faudra accélérer, les financements vont permettre de le faire".

 

"Si l'épidémie repart, il est prévu qu'on repasse sur du partiellement à distance"

Frédérique Vidal revient sur la rentrée universitaire. "Tous les étudiants sont rentrés dans leurs établissements et en universités", se réjouit-elle. "Il peut y avoir des étudiants qui gardent une partie de leurs cours à distance, mais tous ont retrouvé les campus, avec pour le moment très peu de contaminations. Il y a eu un seul cluster ! 5 étudiants positifs, 27 cas contacts, qui ont pu être enrayés tout de suite", annonce la ministre qui met ces chiffres positifs sur le crédit de la vaccination, ajoute-t-elle. "85% de vaccination complète lors de la rentrée, on est aujourd'hui au-dessus des 90%, 100% dans certains établissements", note Frédérique Vidal.

Le pass sanitaire n'est pas demandé dans les universités où l'on garde le masque. "Malheureusement si l'épidémie s'est calmée, elle n'est pas complètement terminée, le taux d'incidence commence à remonter", souligne la ministre. "Si l'épidémie repart, il est prévu qu'on repasse sur du partiellement à distance, avec autant que possible le maintien de la vie étudiante", assure-t-elle.

 

"Ce que l'on voit dans la société, on le retrouve malheureusement dans l'université"

Une affaire d'agression sexuelle à l'école d'ingénieurs de Supélec a fait scandale à la rentrée. "L'université n'est pas un monde étanche, ce que l'on voit dans la société, on le retrouve malheureusement dans l'université", déplore Frédérique Vidal qui rappelle que Supélec avait mis en place des cellules d'écoute. Après enquête de la part d'une association, demandée par l'école, "les chiffres ont été terribles, ça nous a permis de terminer le plan contre les violences sexistes et sexuelles".

Selon la ministre, les élèves témoignaient de difficultés pour se confier à l'institution. "Ça montre que la honte n'a pas encore changé de camp, dans ce plan, il y a de la formation mais aussi la possibilité de financer des associations qui pourront recueillir la parole", explique Frédérique Vidal qui appelle à une aide "psychologique et pour aller vers la justice, porter plainte".

Dans certaines facultés, comme de médecine, de nombreux scandales ont été cachés ou étouffés. "Le début du travail a été fait avec les étudiants en médecine qui avaient un mal-être qui s'exprimait", raconte la ministre qui avait mis en place un centre national d'appui, avec l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn. "C'est important de faire en sorte que les gens qui vont nous soigner demain soient eux-mêmes traités avec bienveillance, si on veut qu'ils aient de la bienveillance envers leurs patients".

 

"Il y a toujours des difficultés sur certains sujets dans les universités"

Frédérique Vidal avait lancé une enquête sur l'islamo-gauchisme dans l'université. "Ce qui me paraît important, c'est de vérifier que dans les universités, les empêchements que l'on voit, n'existent plus", estime-t-elle. "Nommer le problème est important", affirme la ministre. "Il y a toujours des difficultés sur certains sujets dans les universités", admet-elle, sans vouloir rouvrir la polémique qu'avait suscité ses propos. Mais Frédérique Vidal tient à affirmer "qu'il ne peut pas avoir de tabou dans la recherche, et que l'on peut faire de la recherche sur tous les sujets".

 

 

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