Carole Delga : "Il existe un ancrage très fort de l’extrême-droite sur l’Occitanie"

Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie et candidate à sa réélection aux Régionales, était l’invitée de Patrick Roger le 17 mars dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10. 

Carole Delga, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, à 8h10, dans "C'est à la une". (© AFP)

"En 2015, au premier tour, l’extrême-droite était à plus de 36%"

Que pense la présidente de région de la fin du port du masque en extérieur et de l’annonce de la fin du couvre-feu ? "Je pense que les Français ont besoin de retrouver de la liberté. La situation sanitaire le permet, mais j’appelle tout le monde à se faire vacciner. Je rappelle qu’en Occitanie, les transports sont gratuits pour aller se faire vacciner. Ils sont pris en charge par la région. Soyons prudents, il faut que cet été soit réussi et qu’il n’y ait pas de reprise de l’épidémie."

Craint-elle une forte abstention pour le premier tour des élections régionales ? "Bien sûr. L’abstention, c’est l’adversaire de la démocratie, de la république, estime Carole Delga. Nous faisons tout pour motiver les personnes à aller voter. Nous sommes également sur le terrain pour rappeler que c’est important de donner son avis pour les élections régionales et départementales. Il y a beaucoup d’actions qui dépendent de la région et du département." Dans les derniers sondages, le RN vire en tête en région Occitanie. Mais quelles que soient les hypothèses, l’actuelle présidente l’emporterait au deuxième tour. Comment expliquer que sur des terres traditionnellement de gauche, le RN puisse arriver en tête au premier tour ? "Il faut rappeler qu’en 2015, au premier tour, l’extrême-droite était à plus de 36%, rappelle la candidate à sa réélection. Louis Alliot était à 32% et il y avait une liste Debout La France. Il existe un ancrage très fort de l’extrême-droite sur l’Occitanie. La dynamique est de mon côté, nous travaillons à être en tête au soir du premier tour."

"La sécurité est un droit pour nos concitoyens"

N’y a-t-il pas surtout une nationalisation du scrutin, Emmanuel Macron visant à affronter Marine Le Pen en 2022 ? "J’ai toujours dénoncé cette stratégie de vouloir expliquer qu’il n’y avait le choix qu’entre l’extrême-droite et le macronisme, rappelle la présidente de région. L’Occitanie, c’est 65.000 entreprises et 250.000 salariés qui ont été aidés, et nous allons continuer à mettre en œuvre des solutions : la gratuité du transport scolaire, la prise en charge de la garde d’enfant pour retrouver de l’emploi. Et puis une action très volontariste sur la question de la souveraineté industrielle et sanitaire : la région est actionnaire de plusieurs entreprises depuis maintenant 18 mois."

La sécurité n’est pas au cœur des compétences de la région, pourtant on en parle énormément dans cette campagne. Quelles sont ses propositions en la matière ? "J’ai surtout déjà fait. Quand j’ai été élue, 40% des places de train et de car étaient sous vidéo-surveillance. Aujourd’hui c’est 80%, avec 100% pour objectif d’ici deux ans. La région va soutenir la police municipale au travers de l’acquisition de camions et la réfection des locaux. Nous devons aussi soutenir la Police Nationale, la Gendarmerie et la sécurité civile avec une Zone de défense propre à l’Occitanie. C’est ce que je demande au gouvernement." Est-elle favorable au fait que les polices municipales soient armées ? "Oui, car la sécurité est un droit pour nos concitoyens. Nous devons démontrer que nous amenons des solutions sur la sécurité."

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