Boris Vallaud : "Cette crise est un ultimatum social", la réponse est "tardive" et "insuffisante"

Boris Vallaud, député des Landes et porte-parole du Parti socialiste, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 26 octobre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Boris Vallaud interviewé par Benjamin Glaise sur Sud Radio le 26 octobre 2020 à 7h40.

Le Premier ministre réunit syndicats et patronat pour une conférence sociale à Matignon, lundi 26 octobre. Parmi les sujets qui y seront abordés, la réforme de l’assurance-chômage, déjà reportée une première fois et qui pourrait potentiellement l'être à nouveau. "Je crois que la demande est très majoritaire parmi les organisations syndicales", rapporte Boris Vallaud, "c’est qu’il faut renégocier complètement le fonctionnement de l’Assurance-chômage"ajoute-t-il.

 

Repousser ou abandonner les réformes ?

"Nous avons une réforme qui a été décidée par le gouvernement en dehors des partenaires sociaux, qui leur a été imposée", rappelle le porte-parole du Parti socialiste. Cette réforme "fait 40% de perdants en période normale", dénonce-t-il, "parce qu’il est plus dur de se recréer des droits, plus dur de réussir à être couvert par une allocation". Avec la crise annoncée qui devrait "durer", le député estime que "ce n’est pas un report, qu’il faut, c’est l’abandon pur et simple de cette réforme pour confier aux partenaires sociaux le soin de renégocier les termes de cette part du contrat social".

Boris Vallaud souhaite l’abandon de la réforme des retraites. "C’est une position, là aussi, qui est ancienne, puisque nous avons combattu à l’Assemblée nationale cette réforme qui fera beaucoup de perdants", rappelle le parlementaire pour qui les perdants seront "ceux qui ont des carrières pénibles, ceux qu’on a applaudi à 20 heures". L’âge pivot, notamment, signifiera que "vous aurez à choisir entre gagner moins ou travailler plus", regrette-t-il. "Il est temps, là aussi, de renoncer à cette réforme", appelle de ses vœux le socialiste.

Un plan "tardif" contre la pauvreté

Samedi 24 octobre 2020, le Premier ministre Jean Castex a présenté un plan de lutte contre la pauvreté doté de 700 millions d’euros. "C’est toujours un peu tard", réagit le porte-parole du PS. "Il faut réagir parce que cette crise, c’est un ultimatum social. Et la réponse du gouvernement, elle est tardive, et à dire vrai elle est insuffisante."

Boris Vallaud appelle à "des réponses structurelles" notamment "l’augmentation des minimas sociaux et leur ouverture aux jeunes". "On réclame un minimum jeunesse", explique-t-il, soulignant que le RSA, lancé à 50% du SMIC, n’est aujourd’hui "plus qu’à 39% du SMIC". "On ne vit pas avec le RSA ; et quand on n’y a même pas droit, ce qui est le cas des jeunes avant 26 ans, on se retrouve dans des difficultés desquelles on peut ne jamais ressortir", confie le député des Landes qui craint "des réponses à courte vue".

"Est-ce que vous croyez vraiment que le patron d’une grande enseigne vaut 300 fois le salaire de sa caissière ? Il va falloir se poser sérieusement la question du partage de la valeur ajoutée", insiste Boris Vallaud qui pointe un "besoin de plus de justice".
"Il va y avoir des centaines de milliers de chômeurs en plus", prévient le député qui souligne que "l’insertion par l’économie est une des réponses mais nous savons qu’elle ne suffira pas à absorber la pauvreté". "Nous ne pouvons pas, en cette période, abandonner ceux qui sont en général les premiers touchés par la crise, et qui sont les derniers à profiter d’une reprise", ajoute l'élu.

Pour des mesures "proportionnées" contre la Covid

La crise sanitaire de la Covid-19 s'accentue de jour en jour en France, les records de nombre de cas identifiés en 24 heures tombant les uns après les autres. sur les risques d'un potentiel reconfinement, Boris Vallaud ne s’avance pas : "comme chacun, j’espère que ce ne sera pas le cas, qu’on n’en aura pas la nécessité". Toutefois, il estime que "si on en a la nécessité, il faudra probablement s’y soumettre".

L’état d’urgence sanitaire a été prolongé par l’Assemblée nationale jusqu’au 16 février 2021. Boris Vallaud s'y est opposé, estimant que si vivre avec la Covid-19 est aujourd’hui "la situation normale", alors "c’est la loi ordinaire qui doit s’appliquer", ou bien "des mesures qui sont proportionnées". "Il n’y a pas de nécessité de prendre des décisions par ordonnance", estime le député socialiste.

Des responsables politiques "qui perdent les pédales"

Emmanuel Macron et le Président turc, Erdogan, s’affrontent par discours interposés sur la question des caricatures de Mahomet. "C’est inquiétant", juge Boris Vallaud. "Quand des responsables politiques, perdent les pédales au point d’en venir à invectiver d’autres chefs d’État, on se dit que c’est quand même une drôle de façon d’exercer le pouvoir", défend Bruno Vallaud qui estime, toutefois, que "Erdogan est coutumier de ce genre de turpitudes". Mais le député refuse de "résumer la Turquie et le peuple turc à Erdogan."

 

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