Aurore Bergé : "On n'obligera jamais un médecin à pratiquer une IVG"

Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines et présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée Nationale, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 8 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines et présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée Nationale, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 8 octobre à 7h40.

Face au rebond de l’épidémie de Covid-19, Aurore Bergé prévient  qu'il "faudra prendre toutes les mesures nécessaires" afin d'éviter une seconde vague. "Pour l’instant, nous avons pris des mesures progressives dans les villes les plus touchées", détaille la députée des Yvelines qui explique "qu'en fonction des risques et de l'évolution des indicateurs, il faudra prendre les décisions nécessaires".

 

La présidente déléguée du groupe parlementaire LREM se réjouit de l'augmentation des capacités de réanimation à l'hôpital. "En période de crise, on est passé de 5.000 à 12.000 lits", souligne-t-elle, en insistant sur "une amélioration exceptionnelle de nos capacités de réanimation". Aurore Bergé annonce que "les opérations vont à nouveau être programmées quand on a eu un recul épidémique" et assure "que l'on peut continuer à augmenter le volume en réanimation". "Cela a déjà été le cas durant la première période. Nous avons un hôpital prêt à nouveau à cela", explique-t-elle.

 

"Nous voterons l'allongement du délai de l'IVG"

Une proposition de loi sur l'allongement du délai légal d'avortement de 12 à 14 semaines sera débattue à l'Assemblée nationale, jeudi 8 octobre. "J’y suis favorable. On a des difficultés d’accès des femmes au droit à l’IVG en fonction du territoire, du parcours, et aussi un défaut d’éducation des jeunes filles comme des jeunes hommes", explique la députée qui votera pour cette mesure.

Néanmoins, ne vaudrait-il pas mieux améliorer l’accès plutôt qu’allonger la durée ? Le collège national des gynécologues s'est prononcé contre cet allongement. Ce à quoi répond Aurore Bergé qui assure que "l’idée n’est pas d’allonger indéfiniment le délai. On a beaucoup d’autres pays ayant des délais plus long". Si la présidente déléguée de LREM confirme "voter pour l'allongement de ce délai", elle confie travailler également "sur l'accès, l'éducation, le suivi médical…". Mais face aux réticences de professionnels, la député des Yvelines rassure que "Personne n’imposera jamais quoi que ce soit à un médecin ou lui obligera à pratiquer une IVG", rappelant la "garantie de la clause de conscience qui existe pour tous les médecins".

Des frondeurs en marche ?

Alors que Barbara Pompili n’a pas défendu le dernier texte sur les néonicotinoïdes devant l’Assemblée nationale, certains observateurs de la vie politique soulignent une potentielle fronde au sein du groupe présidentiel contre le gouvernement. "En général, un ministre vient défendre le projet de loi de son ministère. Le ministre de l’agriculture est venu", répond Aurore Bergé qui justifie le vote qui a suscité une polémique parmi les écologistes. "Une filière était en danger de mort, la filière betteravière sucrière, avec 46.000 emplois en danger. Nous avons pris une décision courageuse pour sauver cette filière", se félicite-t-elle.

À moins de deux ans des élections présidentielles, prévues en 2022, François Baroin a finalement rejeté l'idée de représenter la droite. Un camp politique perdu ? "C’est à elle de trouver son propre candidat", estime Aurore Bergé, ancienne cadre Les Républicains. "De nombreuses personnes souhaiteraient être candidates à la présidentielle", souligne-t-elle. Du côté de La République en Marche, Aurore Bergé n'exprime pas d'inquiétudes vis-à-vis d’Edouard Philippe. "Il est avec nous dans la majorité", rappelle la députée qui confie qu'il "n’y a pas besoin de candidat de substitution, il y a un candidat naturel, qui est le Président de la République".

"Oui, la violence est de plus en plus grande"

Face à la multiplication des agressions contre les policiers, dont deux ont encore été blessés par balle dans le Val d'Oise, Aurore Bergé fait part "du soutien aux forces de l'ordre" et admet que "la violence est de plus en plus grande dans notre société". Elle valide le choix du ministre de l’Intérieur "d’utiliser le mot 'ensauvagement', que l’on utilise dans la vie quotidienne". La députée des Yvelines appelle à "continuer de recruter policiers et gendarmes et à augmenter le budget du ministère de l’Intérieur". Mais le ministère de la Justice aura également son rôle : "Il faut aussi que la réponse pénale soit adaptée", estime-t-elle. "Il n’y a rien de pire que d’interpeller un individu dangereux et de le voir en liberté ensuite dans la rue", témoigne la députée.

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