Anticor remet en cause la déclaration de patrimoine de Macron

L'association Anticor a saisi, lundi, la Haute autorité pour la transparence pour lui demander "de vérifier le caractère exhaustif, exact et sincère" de la déclaration de patrimoine du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron.

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L'association a souligné "un manque de cohérence entre les revenus et le patrimoine déclaré" par le candidat à l'élection présidentielle. En 2014, dans sa déclaration d'intérêts, Emmanuel Macron a indiqué avoir perçu "3,3 millions d'euros de revenus avant impôts" de 2009 à son entrée au gouvernement, dont 2,8 millions d'euros pour ses activités de banquier d'affaires. 

Anticor s'interroge sur la différence avec sa déclaration de patrimoine. Deux ans plus tard, dans ce document, le candidat d'En Marche ! a fait état d'un patrimoine de "1,2 million d'euros et d'un endettement de 1 million d'euros", "soit un patrimoine net de seulement 200.000 euros".

"Il peut l'avoir dépensé. Il peut l'avoir consacré à solder des créances mais sans doute pas à une telle hauteur", a affirmé Éric Alt, vice président d'Anticor, qui a souhaité voir le candidat donner des précisions sur cette différence. "Notre souhait serait que ce sujet soit éclairci avant les présidentielles".

Dans un entretien au journal La Croix, publié lundi, l'ancien ministre de l'Économie avait commencé à désamorcer le sujet en se voulant transparent. "Comme banquier d'affaires, j'avais le statut d'indépendant. J'ai donc payé, sur le montant brut de ma rémunération, des cotisations sociales patronales, salariales, puis l'impôt sur le revenu. Ces cotisations ont augmenté et frappé mon dernier revenu de référence, au point que je ne gagnais plus assez pour payer mes impôts !", a-t-il affirmé.

"Tout cela est connu de la Haute Autorité de la vie publique, qui aurait transmis au parquet depuis longtemps si elle avait relevé un problème", a ajouté le candidat. Selon une source proche du dossier, sa déclaration "a été contrôlée à deux reprises en 2014, puis en 2016" sans que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ne fasse de commentaires.