André Santini : "j'étais très heureux avec Jacques Chirac"

Pour évoquer quelques épisodes peu connus de la vie politique des années Chirac, nous nous sommes entretenus avec André Santini, proche de Jacques Chirac, maire UDI d’Issy-les-Moulineaux, ancien secrétaire d’État et ministre.

André Santini, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, à 8h10, dans "C'est à la une".

André Santini était l’invité de Patrick Roger le 27 septembre 2019 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Il fallait ramener les sympathisants de Le Pen dans la communauté nationale"

André Santini a tout d’abord raconté la période de sa vie en tant que secrétaire d'État aux Rapatriés (mars 1986 - septembre 1987). Il avoue avoir été surpris par cette nomination. "Je n’ai jamais été en Algérie, sauf que j’ai pas mal d’amis pieds-noirs et, plus tard, harkis. Jacques Chirac m’avait dit : ‘tu connais beaucoup d’Arméniens, tu feras l’affaire avec eux’".

"Moi, j’avais surtout comme cible les gens qui votaient Le Pen. La présidentielle approchait, et il fallait trouver un moyen de les ramener dans la communauté nationale. Beaucoup de rapatriés étaient concernés, Le Pen les flattait. Et j’ai dû me balader tous les week-ends dans les villages de harkis. Au bout de quelque temps passé à manger des méchouis et du couscous, je me suis dit : 'ça y est, j’ai fait mon boulot, j’ai envie de changer'. Et ils étaient étonnés de me voir partir, ils étaient contents de moi".

"Jacques Chirac aimait bien le travail de terrain"

"Puis c’était le moment des arbitrages. Édouard Balladur présidait ce comité et, avec tout mon respect pour lui, il faut bien le dire, il verrouillait tout. La presse, Libération entre autres, avait dit : ‘Santini va manger son chapeau’. Je suis arrivé dans la salle, toute la presse était là, les journalistes demandaient : 'Pourquoi il n’y a pas d’argent pour indemniser les rapatriés ?'. Et à un moment, Édouard Balladur m’a adressé la parole: 'Et si nous donnons tout l’argent pour les rapatriés, ils voteront pour nous ?' Et là, je réponds : 'Monsieur le Premier ministre, je ne peux pas vous le garantir. Vous êtes sorti de votre rôle, vous faites de la politique maintenant'. Et Jacques Chirac a éclaté de rire.

André Santini assure avoir gardé des liens avec Jacques Chirac même après avoir quitté son gouvernement. "Jacques Chirac est venu à Issy-les-Moulineaux en 1990 pour la rentrée du Conseil communal des jeunes. Il voulait franchir le périphérique, il avait senti ce problème-là. Et puis il aimait bien le travail de terrain." Et puis, un jour André Santini est allé représenter Jacques Chirac à la cérémonie d’investiture d’un président coréen, car sa ville est jumelée avec le district de Guro, en Corée. "J’étais assis à côté de Colin Powell. Un petit maire de banlieue, fils de berger, j’étais très heureux avec lui".

 

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