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Amélie de Montchalin : La réforme de la fonction publique "est gaullienne"

Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques et candidate LREM aux régionales en Île-de-France, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 14 juin 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Amélie De Montchalin, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 14 juin 2021 à 7h40.

Amélie de Montchalin - suppression du couvre-feu : "Valérie Pécresse fait de l'électoralisme"

Le week-end du 12 juin 2021 a été marqué par de nombreuses fêtes clandestines malgré un couvre-feu à 23 heures. Pour Amélie de Montchalin, "on a tous extrêmement envie de profiter des soirées". Mais elle rappelle que les citoyens doivent "continuer à réussir cette sortie progressive du confinement". Si elle concède que "c’est un effort", elle souligne que le couvre-feu va disparaître le 30 juin 2021.

"Je vois beaucoup de Français qui sont dans le civisme, et puis je vois des hommes et des femmes politiques, Valérie Pécresse et d’autres, qui nous parlent, au fond, d’électoralisme." La ministre de la Transformation et de la Fonction publiques rappelle qu’on a "15 jours encore d’efforts, à tenir" afin que "le virus puisse partir" et que les Français aient "de belles soirées d’été".


La demi-finale entre Nadal et Tsitsipras, à Roland Garros, a reçu une dérogation pour le couvre-feu pour que le public puisse continuer de regarder le match qui s’est prolongé, ce qui n’a pas manqué de faire polémique car les fêtes clandestines étaient dans le même temps dispersées à coups de gaz lacrymogène. "Dans un protocole très strict, des gens assis, qui ont tous fait un Pass sanitaire", tient à préciser la ministre. "Je ne ferai pas aujourd’hui, à nouveau, de l’électoralisme. Maintenant, je tiens à remercier ceux qui font des efforts."

 

"On doit redonner du sens aux métiers de la fonction publique"

Le Général Lecointre, chef d’État Major des Armées, a annoncé son intention de quitter ses fonctions après le 14 juillet 2021. Il a déclaré que "la neutralité des Armées doit être préservée à tout prix". Amélie de Montchalin rappelle que ce départ est celui d’un "homme d’État qui a servi la nation, mené des Armées dans un contexte extrêmement difficile et qui fait honneur aux valeurs du service public". Pour elle, le départ au bout de quatre années du Général Lecointre est une simple "respiration" dans l’Armée.

Le Général regrette que les jeunes ne s’intéressent pas à l’Armée. Mais pour Amélie de Montchalin, ce sont "tous les métiers du service de l’intérêt général qu’il nous faut faire connaître, qu’il nous faut valoriser". Elle souligne qu’une campagne de communication du Service public est lancée en France justement pour faire connaître ces métiers. "Servir les autres, s’engager pour les autres, c’est la plus belle manière de donner sens à sa vie", estime la ministre. "On doit redonner du sens à ces métiers."

"L’Armée aujourd’hui recrute tous les ans et beaucoup ; et recrute très bien." Mais la ministre souligne que "pour la fonction publique en général, on a 100.000 postes offerts à des jeunes de tous niveaux". Toutefois, pour attirer la jeune génération, le gouvernement est contraint de "faire connaître les métiers" ou encore "de sortir des clichés". La fonction publique, "c’est surtout un métier où on a une utilité", souligne Amélie de Montchalin.

 

Réforme de la fonction publique : "Évidemment qu’on ne va pas supprimer les préfets"

Emmanuel Macron a annoncé la suppression du corps préfectoral, ce qui n’a pas manqué de soulever questions et critiques. Le gouvernement a été accusé de vouloir libéraliser la fonction publique, ce que renie totalement Amélie de Montchalin : "ce n’est pas un système libéral". "Les libéraux, ce sont ceux qui, de Jean-François Copé à Éric Woerth à Guillaume Pelletier, nous expliquent matin midi et soir que leur solution à tous les problèmes de la France, c’est de supprimer tout bonnement le statut de la fonction publique, de passer à la contractualisation."

Au contraire, explique la ministre, "la réforme que je porte, c’est de croire aux valeurs du service public". Toutefois, "dans ce statut", il y a des changements à opérer, notamment concernant la manière dont sont gérées les carrières. "Aujourd’hui, c’est trois quarts des Français et c’est aussi trois quarts des agents du service public, qui soutiennent cette réforme" qui doit permettre de "valoriser les postes opérationnels", de faire en sorte que les promotions se fassent "avec de l’évaluation" et que les fonctions prestigieuses ne "sont pas des fonctions que l’on fait quand on commence sa carrière et qu’on fait toute sa vie".

Cette réforme est faite "dans l’intérêt des Français" car le système n’a pas changé "depuis 75 ans". "On ne supprime évidemment aucun métier ; évidemment qu’on ne va pas supprimer les préfets." La réforme vise à ce que les compétences puissent "circuler d'un ministère à un autre", explique Amélie de Montchalin : "cette réforme, à ce titre, elle est gaullienne. S'assurer que les meilleurs vont travailler pour ce qui est le plus compliqué dans notre pays, c'est-à-dire s'intéresser à notre pays, à son avenir, au numérique, à l'écologie, qu'on le fasse avec un esprit collectif et pas un esprit de corps". "Cette réforme entrera en vigueur le 1er janvier 2022, on est en train de mettre sur pied la mise en œuvre concrète, on le fait avec les hauts fonctionnaires, ce qui est inédit !", souligne-t-elle.

 

"Le télétravail va rester dans la fonction publique"

Pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron souhaitait supprimer 120.000 fonctionnaires. "Aujourd'hui, on a une crise très dure, rappelle Amélie de Montchalin, on a des enjeux de sécurité, de justice. L'enjeu aujourd'hui est de stabiliser les effectifs, ce qui est un effort, pas plus au total d'agents publics de l'État, en revanche, on réalloue nos compétences et nos besoins. On doit être à quelques milliers de moins qu'en début de quinquennat, estime-t-elle. L'approche comptable affaiblit l'État, les Français aujourd'hui comprennent très bien que c'est un effort collectif, pour leur intérêt".

Concernant le télétravail dans la fonction publique, "on a aujourd'hui 3 jours de télétravail par semaine et 2 jours en présentiel et à partir du 1er juillet, on passera à 2 jours par semaine de télétravail, explique la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. Notre enjeu est de négocier avec les syndicats et l'ensemble des ministères parce que le télétravail va rester dans la fonction publique".

À un an des élections, plusieurs mesures importantes vont être prises, assure Amélie de Montchalin : "les agents publics auront une contribution de leur employeur public pour payer leur mutuelle santé, annonce-t-elle. C'était une inégalité énorme, je suis celle qui a tenu l'engagement que la mutuelle santé des agents publics, comme tous les autres Français, dans les prochaines années, soit bien payée à 50% par leur employeur. J'ai un enjeu, c'est qu'on doit regarder en face ce que ce système, qui parfois a une approche totalement générale, la même augmentation pour tout le monde, génère comme inégalités. Mon engagement est qu'on regarde précisément les situations et qu'on les corrige".

 

 

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