"Thomas Barnouin n’est pas un type qui balance et raconte sa vie en interrogatoire"

Un soldat des Unités de protection du peuple kurde photographié dans la ville d'Ain Issi, au nord de Raqqa (©Delil Souleiman - AFP)

Journaliste à Libération et auteur du livre Djihad, c’est arrivé près de chez vous, Jean-Manuel Escarnot était l’invité du 10h-12h de Sud Radio ce vendredi pour revenir sur l’arrestation toute récente du jihadiste français Thomas Barnouin par les forces kurdes.

C’est assurément une belle prise réalisée par les Kurdes syriens des YPG, les Unités de protection du peuple. Une prise qui intéresse au plus haut point les services de renseignement français puisqu’elle concerne Thomas Barnouin, arrêté mi-décembre en Syrie dans un contexte de déconfiture territoriale pour l’organisation État Islamique. Journaliste à Libération et auteur du livre Djihad, c’est arrivé près de chez vous, Jean-Manuel Escarnot connaît bien cet Albigeois de 36 ans, proche des frères Fabien et Jean-Michel Clain et de la filière toulousaine des jihadistes français.

"Une très bonne nouvelle d’avoir pu l’attraper vivant"

"C’est une très bonne nouvelle pour les services de renseignement français d’avoir pu l’attraper vivant. Il navigue dans la mouvance jihadiste depuis plus d’une dizaine d’années, il connaît beaucoup de monde. Il a retrouvé au sein de l’État Islamique des amis de longue date qu’il a croisés en Europe, en France, à Bruxelles, en prison… Il a certainement pris un rôle de cadre dans l’organisation et aux dernières nouvelles, à ses débuts en Syrie il était près de la frontière et participait activement au passage des nombreux jihadistes étrangers qui venaient se battre en Syrie", explique-t-il au micro de Sud Radio avant de se montrer très prudent quant aux informations qui pourraient émaner de ce nouveau prisonnier.

"Je ne suis pas dans la tête de Thomas Barnouin, qui reste, selon ceux qui l’ont croisé et notamment les policiers toulousains qui l’ont filé pendant plusieurs années, quelqu’un d’extrêmement déterminé et qui ne parle absolument pas en interrogatoire. La seule raison pour laquelle un gars avec ce passé et ce parcours parlerait, c’est s’il avait fait son autocritique et avait envie de revenir sur ce qu’il a fait. Mais jusqu’à maintenant, ce n’est pas un type qui balance et qui raconte sa vie dans les interrogatoires. (…) Visiblement, il s’est rendu sans incident aux Kurdes des YPG. Pourquoi ça ? Peut-être sont-ils vraiment acculés sur le terrain. De là à imaginer qu’il va ensuite raconter sa vie aux services de renseignement qui ne devraient pas trop tarder à aller l’interroger – car on sait que les forces spéciales françaises et la DGSE sont dans le coin –, on n’en sait encore rien…", tempère-t-il.

"Un énorme à travail à faire sur les centaines de jihadistes en prison"

Une chose est sûre, cette arrestation reste un coup porté à la mouvance jihadiste du sud de la France selon Jean-Manuel Escarnot. "À Toulouse, le départ de ce groupe qui gravitait autour des frères Clain et de Thomas Barnouin a certainement beaucoup réduit le pouvoir de recrutement de l’organisation sur place et le pouvoir de diffusion de ses idées. Après avoir été sans doute surpris au début par l’ampleur du phénomène, je pense que les services de renseignement ont réagi et su se rapprocher du terrain pour surveiller ça d’une manière bien plus efficace", assure-t-il. "On progresse dans la lutte, mais il reste encore un énorme à travail à faire sur les centaines de jihadistes aujourd’hui en prison. Qu’en fait-on ? Comment accompagne-t-on leur sortie ? Comment gérer toutes ces familles qui essayent de rentrer en France ?", ajoute-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Jean-Manuel Escarnot dans Le 10h-12h de Sud Radio

 

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Michel Ange
- Vendredi 29 décembre 2017 à 16:11
Ne serais-ce que de poser la question que ces gens là doivent être jugés en France est une insulte et un manque de savoir vivre à l'endroit du pays où ils ont été arrêtés. La Nation du lieu, est un Etat souverain. Respectons donc ce pays. Si l'on veut des précisions envoyons un émissaire pour recueillir toutes informations.
Ce pseudo français de papier ne doit jamais revenir dans son pays d'origine qu'il a trahi. Il est vrai qu'en France dans 15 ans il est dehors après son procès, sans compter tous les frais engendrés par sa venu et son existence.
jenace
- Mercredi 3 janvier 2018 à 20:12
laissez le aux Kurdes il va leur dire même ce qu'il ne sait pas!

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