Pourquoi Donald Trump refuse-t-il toujours de reconnaître sa défaite ?

Gérald Olivier, journaliste franco-américain et chercheur associé à l’IPS, était l’invité de Patrick Roger le 5 janvier dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

En vérité, Donald Trump estime avoir gagné l’élection.

Le compte-à-rebours se poursuit jusqu’au 20 janvier. Le 6 janvier, doit avoir lieu la certification des résultats de l’élection présidentielle américaine.

Le début de la fin du mandat de Donald Trump

"En vérité, Donald Trump estime avoir gagné l’élection, juge Gérald Olivier, journaliste franco-américain et chercheur associé à l’IPS. En termes d’image, il n’aurait jamais dû appeler le représentant de la Georgie, ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux. Sur le fond, il estime qu’il y a eu suffisamment d’irrégularités, de manipulations voire de fraudes dans cette élection pour en être le vainqueur réel."

"Le temps passe, précise l’auteur du livre Sur la route de la Maison Blanche : le dictionnaire des élections présidentielles américaines (éditions Jean Picollec, 2020). À partir du 6 janvier, il y aura la certification, Biden sera élu, et à partir de là, ce sera le début de la fin du mandat de Donald Trump. Il est un peu désespéré et frustré qu’on ait constaté un certain nombre de changements des règles, et qu’il perde alors qu’il pense avoir gagné."

"La réalité de fraudes est avéré, pas leur quantification"

Mais pourquoi ne pas être parvenu à le prouver ? "Parce que c’est difficile à faire, décrypte Gérard Olivier. Certaines des plaintes ont été reconnues, mais les fraudes n’étaient pas suffisantes pour inverser le résultat. À partir de là, pourquoi déconsidérer le vote de tous les électeurs au prétexte que quelques-uns ont triché ? Seulement quand vous les additionnez toutes, on arrive à quelque chose de plus conséquent. Il était difficile pour les avocats de Donald Trump d’arriver avec la preuve de 150.000 votes injustifiés au Michigan ou de 80.000 en Pennsylvanie. Ils ont donc déposé des plaintes une par une, par exemple pour 8.000 personnes décédées ayant néanmoins voté en Pennsylvanie. Mais elles ne suffisent pas pour inverser le résultat."

"Donald a essuyé échec après échec. Il n’empêche que la réalité de fraudes est avéré, estime en toute objectivité Gérald Olivier. Ce qui n’est pas avéré, c’est leur quantification. Est-ce qu’il y a réellement eu suffisamment de fraudes pour qu’en Pennsylvanie, dans le Michigan, le Wisconsin, en Georgie ou même en Arizona, le résultat n’ait a pas été celui que nous avons eu ?"

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