Jean-Luc Hees : "les États-Unis, on en dépend très profondément, cela nous concerne au premier chef"

Quiconque sera le prochain président des États-Unis aura devant lui un chantier titanesque, à savoir réunir deux Amérique divisées, estime Jean-Luc Hees, auteur du livre "L'Amérique : la facture - le monde peut-il encore faire confiance à l'Amérique ?".

Jean-Luc Hees, invité de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Jean-Luc Hees était l'invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 4 novembre 2020 dans "Le 10h - midi".

 

"S’il se passe quelque chose de très troublant aux États-Unis, cela peut être grave pour le monde entier"

"Avec Donald Trump on n’est jamais déçus. Il vient de clamer victoire. Il mentait comme un arracheur de dents dans cette déclaration. Il faut connaître le tacticien chez lui : il y a deux mois environ, il avait déclaré qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats des élections si cela ne l’arrangeait pas totalement. C’étaient les mêmes mots qu’il avait employés pendant sa campagne électorale, dans les meetings : il y a une fraude, on veut lui voler la victoire, on ne se laissera pas faire, on a gagné… Cela contribue fortement à augmenter la tension qu’il y a aux États-Unis. Et franchement, ce pays n’en a pas besoin."

Alors, pourquoi la présidentielle américaine nous intéresse autant ? "On ne peut pas nier que les États-Unis sont la première puissance au sens économique et aussi au sens militaire d’ailleurs. Cela fait qu’on n’est pas indifférent à l’égard de l’Amérique. S’il se passe une crise politique chez nos amis belges, cela ne nous empêche pas de dormir, cela ne va pas modifier notre vie quotidienne… Tandis que s’il se passe quelque chose de très troublant aux États-Unis, cela peut être grave pour le monde entier. Les États-Unis, on en dépend très profondément, cela nous concerne au premier chef", a expliqué Jean-Luc Hees.

"S’il n’y avait pas eu Donald Trump, il n’y aurait pas eu Bolsonaro au Brésil"

"Je plains le prochain président, quel qu’il soit, car réunir deux Amérique autant divisées et radicalisées, ça va être un travail titanesque", a poursuivi Jean-Luc Hees.

Pour Jean-Luc Hees, c’est à Donald Trump que l’on doit la montée du populisme à travers le monde. "Je me méfie du terme populiste car il y a différents degrés dans le populisme. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cette marchandise se vend plutôt bien en ce moment. Et si cette marchandise se vend bien, c’est grâce à Donald Trump. S’il n’y avait pas eu Donald Trump, il n’y aurait pas eu Bolsonaro au Brésil. Depuis l’élection de Trump cela fait des petits à travers le monde : il est possible d’être populiste, de mentir la moitié du temps et se faire réélire démocratiquement. En 2016 Donald Trump avait été élu démocratiquement. Et s’il est réélu, cela confirmera que cette façon de faire reste acceptable."

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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