Homme de télévision avant d’être un personnage politique, Trump utilisait déjà le pouvoir de la communication télévisuel pour se mettre en avant quand il participait à de nombreux programmes, notamment de téléréalité avec l’émission The Apprentice diffusée sur la BBC, ou en encore lors de ses apparitions dans des galas de catch. Le businessman incarne également son propre rôle dans plusieurs films, comme Maman, j’ai raté l’avion. Mais l'objectif visé est toujours le même : communiquer, se faire voir et faire briller la marque Trump.
Mais depuis son arrivée sur Twitter en 2009 jusqu’à la création de son propre réseau social en 2021, le 45e puis 47e président des Etats-Unis a totalement bousculé les codes et révolutionné la communication politique. Et d'ores et déjà, cette stratégie et sa manière de communiquer laisseront une trace notable dans son héritage.
Très peu de retenue et beaucoup de frénésie
Né en 1946, le président des États-Unis aurait pu être totalement dépassé par la révolution numérique. Mais Trump s’est aisément adapté et largement emparé des réseaux sociaux dès 2009, durant le second mandat de Barack Obama; A l'époque, il n'est encore "que" magnat de l’immobilier et son utilisation est purement promotionnelle. Mais rapidement, le milliardaire s’en sert comme d’un instrument pour promouvoir ses opinions politiques. Sa candidature à l’élection de 2016 est marquée par cette nouvelle communication politique où le champion républicain, à coups de tweets multiples voire compulsifs, diffuse ses idées et n’hésite pas à s’en prendre à ses concurrents. Avec très peu de retenue et beaucoup de frénésie.
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30.573 fake news lors de son premier mandat
Élu en 2017, son premier mandat sera celui de la « présidence Twitter ». En rythmant la vie politique américaine et internationale à coups de frappes sur les touches de son smartphone, Donald Trump révolutionne la communication politique. Avec cet outil, le numéro un américain ne fait pas dans la demi-mesure ni dans la dentelle.
Dans de nombreux posts, il n’hésite pas à pratiquer la désinformation en diffusant des fake news : accusations envers la Chine d’avoir créé le réchauffement climatique pour miner l’économie américaine, annonces de plus d’un million de personnes présentes à la cérémonie d’investiture contre 700 000 en réalité, accusations envers les démocrates d’exécuter des bébés… Des charges rarement fondées qui n’ont qu’un seul but : aller dans le sens de Trump et de ses partisans. Selon le Washington Post, Trump aurait posté 30 573 déclarations fausses ou trompeuses durant ces quatre premières années de mandat.

Banni de Twitter, il invente Truth Social
Mais son idylle avec Twitter va prendre fin après les événements du 6 janvier 2021 et l’assaut du Capitole. Là encore, Donald Trump use de ses réseaux sociaux pour influencer et chauffer à blanc ses sympathisants, en les incitant à « marcher sur le Capitole », comme il va littéralement. Il multiplie également les messages, rejetant sa défaite dans les urnes. Mais cette exaltation sur Twitter va le mener au bannissement de la plateforme. Exclu de son outil de communication favori, Donald Trump perd alors ses 89 millions d’abonnés. Mais là où l’on jette l’homme d’affaires par la porte, il revient par la fenêtre. Quelques jours après son éviction de Twitter, il annonce lancer son propre réseau nommé Truth Social, où il déclare vouloir résister à la « tyrannie des géants de la technologie qui utilisent leur pouvoir pour faire taire les voix dissidentes en Amérique ».
Si peu de gens ont téléchargé la plateforme du « guerrier du clavier », l’application reste un espace d’expression pour Trump, qui compte tout de même 6,5 millions d’abonnés. Un "boulevard social" sans radar qui lui permet de poster sans être contraint de se plier aux règles des autres plateformes.
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Jusqu'à 158 posts en une journée !
Dès 2022, Twitter change de propriétaire et avec le rachat par Elon Musk, tout change. Proche de Donald Trump, les portes de X ne lui seront plus fermées. Son compte est rétabli en novembre 2022. Quelques mois plus tard, en août 2023, le New-Yorkais fait son come-back sur X. Il alterne alors entre Truth Social et l’application d’Elon Musk. Le détenteur de la Trump Tower peut désormais communiquer partout, en toute liberté. La fièvre de X peut repartir.
Une journée illustre particulièrement cette pulsion du président américain. Le 1er décembre 2025, le locataire de la Maison-Blanche est allé jusqu’à poster 158 fois sur sa plateforme Truth Social, en raison d'attaques répétées contre ses adversaires politiques et de ses démêlés judiciaires. Cette frénésie a débuté à 19h pour se terminer à minuit, ce qui équivaut à un post toutes les deux minutes. Une journée à part car habituellement, Donald Trump s’exprime en moyenne sur ses réseaux sociaux entre six et sept fois par jour. À titre de comparaison, Emmanuel Macron partage du contenu environ deux à cinq fois par jour sur son compte X.
"Un fonctionnement psychologique centré sur l’impulsivité"
Mais comment expliquer une telle frénésie qui frôle l'addiction ? « Donald Trump utilise la surabondance de messages comme une stratégie de domination de l’espace médiatique, explique le Dr. Mark Feldstein, spécialiste des médias et professeur de communication politique. En multipliant les posts, il impose son récit, noie les critiques et maintient ses partisans dans un flux constant d’émotions fortes. Ce n’est pas un hasard : c’est une technique de communication saturante, typique des leaders qui cherchent à contrôler l’agenda public. »
« Chez Donald Trump, la publication compulsive répond à un double besoin : capter l’attention et obtenir une validation immédiate, poursuit Dr. John Gartner, psychologue spécialisé en personnalité politique. Les réseaux sociaux lui offrent un espace où il peut affirmer son identité, réagir à la moindre frustration et maintenir un sentiment de contrôle. Ce mode de communication est cohérent avec un fonctionnement psychologique centré sur l’impulsivité et la recherche permanente de reconnaissance. »
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