Dominique Vidal : "Il y aura une résistance très forte parmi les Palestiniens"

Gaza ©JACK GUEZ - AFP

Dominique Vidal, journaliste et historien spécialiste du Moyen-Orient, était l'invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio.

Alors que les États-Unis inauguraient leur nouvelle ambassade à Jérusalem, 52 palestiniens ont été tués par des tirs israéliens à Gaza, selon un dernier bilan.

Une journée sanglante qui marque l'escalade du conflit israélo-palestinien, que la décision américaine de déplacer à Jérusalem son ambassade a participé à envenimer.

Pour Dominique Vidal, journaliste et historien, spécialiste du Moyen-Orient et invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio, il s'agit "d'une des journées les plus meurtrières de l'histoire du conflit. Il est clair qu'il y a eu des ordres visant à tuer le plus grand nombre de manifestants."

"Donald Trump a des volontés intérieures et extérieures" qui permettent d'expliquer cette décision diplomatique, a ajouté Dominique Vidal : "Il a un électorat pro-israélien, ainsi qu'une stratégie, au Moyen-Orient, d'alliance contre l'Iran. Ça consiste, notamment, à appuyer une direction israélienne très radicalisée, avec un gouvernement de droite et d'extrême-droite, qui profite du soutien de Donald Trump pour imposer un véritable tournant dans l'histoire du conflit, à savoir le passage de la colonisation à l'annexion. Une loi votée en 2017 permet en effet à Israël d'annexer, s'il le souhaite, et il semble qu'il le souhaite, tout le reste de la Palestine."

Une orientation politique qui ne peut qu'entraîner de fortes résistances de la part des Palestiniens : "De toute évidence, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans l'ensemble de cette politique, américaine ou israélienne, parce qu'elle ne tient pas compte de la volonté des peuples. Les Palestiniens n'entendent pas abdiquer sur leurs droits, d'autant qu'ils sont soutenus par l'immense majorité du conseil des Nations Unies. On a l'impression d'une direction israélienne qui est prise de vertiges devant sa propre radicalisation. Il peut y avoir, dans les semaines qui viennent, quelque chose qui ressemble à l'Intifada. Il y aura une résistance très forte parmi les Palestiniens. Ça fait 70 ans qu'ils ont été chassés de leur pays, qu'ils ont vu leurs terres confisquées. Ceux qui sont morts aujourd'hui étaient désespérés, prêts à mourir pour défendre leurs droits."

Écoutez l'interview de Dominique Vidal, invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio

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