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Attentat de Manchester : le Royaume-Uni agacé par les fuites de l’enquête

Par Benjamin Jeanjean

Alors que l’enquête sur l’attentat de Manchester se poursuit, les fuites de son avancée, notamment aux États-Unis ou même en France, agacent les autorités britanniques qui espéraient plus de discrétion.

Les autorités britanniques aimeraient plus de discrétion pour cette enquête (©PAUL ELLIS - AFP)

Salman Abedi a-t-il agi seul dans son attentat-suicide à Manchester cette semaine, ou avait-il des complices ? C’est ce que les autorités britanniques tentent de savoir en enquêtant actuellement, une enquête qui a d’ailleurs abouti à l’arrestation en Libye de son père. Mais dans un monde où le grand public est abreuvé d’informations en continu sur tout type de canaux, difficile de rester discret sur l’avancée d’une enquête antiterroriste. C’est ce que le Royaume-Uni réalise actuellement, suite aux fuites médiatiques qui ont jalonné les premières heures de l’enquête.

Amber Rudd agacée par les fuites américaines

Ainsi, les chaînes de télévision américaines, se basant sur des sources aux États-Unis, ont révélé mardi que le suspect de l'attentat se nommait Salman Abedi plusieurs heures avant que la police de Manchester ne rende son nom public. De quoi inciter la ministre de l’Intérieur britannique, Amber Rudd, à revoir son mode de partage d’informations avec d’autres pays ? C’est bien possible. "Oui, assez franchement. Je veux dire que la police britannique a été très claire sur le fait qu'elle veut contrôler le flux d'informations afin de préserver l'intégrité des opérations, l'élément de surprise. De ce fait, il est irritant de voir que cela sort d'autres sources. (…) J'ai très clairement dit à nos amis que cela ne devait plus se produire", a-t-elle déclaré à la BBC avant de préciser que ces fuites n’avaient pas forcément compromis l'enquête. "Je n'irais pas jusque là mais je peux dire qu'ils sont parfaitement au courant de la situation et du fait que cela ne devrait pas se reproduire", a-t-elle ajouté.

Gérard Collomb trop bavard à la télévision française

De l’autre côté de la Manche, les autorités françaises elles-mêmes ont peut-être commis une petite boulette par le biais de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur. Ce dernier a en effet évoqué sur BFMTV le parcours de l'auteur présumé de l’attentat, qui "tout d'un coup, après un voyage en Libye puis sans doute en Syrie, se radicalise et décide de commettre cet attentat". Des informations transmises par les services britanniques qui espéraient un peu plus de discrétion. Rapidement, ces déclarations ont été qualifiées de "bourde" outre-Manche. "La police et les services de sécurité ont généralement de bonnes raisons de ne pas divulguer immédiatement ces informations aux médias", a regretté le Guardian.

L’entourage de Collomb dément toute bourde

De son côté, l’entourage du ministre assure qu'aucune bourde n'a été commise, d'autant que les autorités britanniques ne se sont pas exprimées sur ce sujet. Dans un communiqué publié par L'Express, le ministère explique que Gérard Collomb "a fait état du passage en Libye du terroriste, déjà connu, en évoquant l'hypothèse syrienne, parcours souvent vu chez d'autres terroristes, qui n'est pas établi à cette heure. Enfin, il a évoqué ses liens avec le groupe État islamique, qui a revendiqué cet attentat".

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