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Artémis II : pourquoi cette mission vers la Lune ?

Par Elliott Léonard

C’est un événement historique qui nous attend la nuit prochaine. Quatre astronautes vont décoller des États-Unis pour prendre la direction de la Lune dans le cadre de la mission Artemis II. Cela fait 54 ans que l’Homme ne s’est plus aventuré aussi loin dans l’espace, depuis la mission Apollo 17.

Photo by Jim WATSON / AFP

« C'est un petit pas pour l'homme, un pas de géant pour l'humanité ». Près de soixante ans après la mission Apollo 11 au cours de laquelle Neil Armstrong a marché pour la première fois sur la Lune et prononcé cette phrase entrée à postérité, la NASA effectue ce soir un retour vers le futur à travers la mission Artemis II. Le départ est prévu à 00 h 24, heure française, depuis la Floride. Ce vol lunaire est historique puisque, à son bord, se trouveront une femme, un Canadien et une personne issue de la diversité.

Mais pourquoi la Lune, maintenant, alors que des prélèvements y ont déjà été réalisés et que les objectifs sont désormais orientés vers Mars ? Quel est l’objectif de la mission ? Explications.

La face cachée de la Lune

Première question que l’on peut se poser : pourquoi Artemis II ?

Une première mission avait été lancée en 2022, sans équipage. Le but était de tester la capsule Orion et de vérifier si elle pouvait résister à la traversée de l’atmosphère terrestre. La mission s’était parfaitement déroulée, laissant beaucoup d’espoir pour une deuxième phase. Celle-ci aura donc lieu cette nuit, cette fois-ci avec un équipage de quatre personnes.

À la différence d’Apollo 11, les quatre astronautes ne se poseront pas sur le satellite. Ils vont l’observer différemment de ce qui avait déjà été réalisé et survoler sa face cachée, invisible depuis la Terre. « C’est une perspective inédite et unique que les humains n’avaient jamais pu envisager auparavant », explique Mary Henderson, responsable scientifique de la mission.

Mars en toile de fond

L’objectif d’Artemis II est bien plus large qu’une simple observation de la face cachée de la Lune. Le projet vise à préparer l’installation d’une base lunaire permettant de simuler des missions plus longues et plus complexes vers Mars. L’idée est également d’exploiter les ressources présentes sur le satellite. La planète reste donc l’objectif final.

Ce projet est également motivé par la volonté des États-Unis de redevenir leaders dans l’exploration spatiale. Dès 2017, Donald Trump exprimait son souhait de relancer un programme lunaire : une ambition aujourd’hui plus que jamais en voie de concrétisation, à travers cette mission.

10 jours à 4 dans 9 m³

Les quatre membres de l’équipage partiront à bord du vaisseau spatial Orion, propulsé dans l’espace par la fusée Space Launch System, haute de 98 mètres. Cette fusée ultra-moderne est, pour la NASA, l’une des seules capables de réaliser un tel lancement. Un élément rassurant pour Jeremy Hansen, le Canadien de l’équipage, qui s’apprête à partir pour la première fois dans l’espace.

Ils partageront tous ensemble un habitacle de 9 m³. Loin de l’ISS, Christina Koch, première femme à participer à une mission lunaire, et ses coéquipiers devront composer avec un isolement plus important, notamment en raison des communications limitées avec leurs proches pendant plus de dix jours.

C’est donc un vol historique à tous les niveaux, qui pourrait également inspirer l’Europe, notamment avec le développement de nouveaux rovers, comme ceux présentés à la Cité de l’espace.

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