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Alain Oudot de Dainville : "Le blocus des Etats-Unis est un acte de guerre"

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - Alors que les Etats-Unis bloquent le détroit d'Ormuz et les ports iraniens, Alain Oudot de Dainville, ancien chef d’état-major de la Marine, livre son éclairage au micro de Sud Radio.

Les Etats-Unis ont pris le contrôle de cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Iran, USA : Alain Oudot de Dainville, ancien chef d’état-major de la Marine évoque la navigation dans le Détroit d'Ormuz

Le blocus du Détroit d'Ormuz est entré en vigueur hier à 16h. Les Etats-Unis ont pris le contrôle de cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Hier, Emmanuel Macron a annoncé une conférence entre la France et le Royaume-Uni en vue d'une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la navigation dans le Détroit.

Ancien chef d’état-major de la Marine, Alain Oudot de Dainville a livré son avis éclairé sur ce blocus, les enjeux et les conséquences possibles, au micro de Sud Radio et Périco Légasse dans ''La France dans tous ses états''.

"Toute action militaire ne peut être que soumise à l'appréciation et à l'accord d'Oman"

Périco Légasse :"Quelle est votre vision de ce blocus américain ?"

Alain Oudot de Dainville :"D'abord, il y a d'un côté le blocus américain qui est tout récent, et de l'autre côté, ce n'est pas un blocus, c'est un blocage. C'est-à-dire un contrôle très serré sur ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz. Le détroit d'Ormuz, c'est un endroit assez resserré, qui est formé d'eaux territoriales. D'un côté, au nord, ce sont les eaux territoriales de l'Iran, et au sud, les eaux territoriales d'Oman. Donc toute action que l'on peut entreprendre doit être avec l'accord juridiquement parlant d'un des deux pays. L'Iran, l'accord semble un peu difficile dans le cas actuel, et de l'autre côté, Oman. Donc toute action militaire ne peut être que soumise à l'appréciation et à l'accord d'Oman"

"La menace iranienne, c'est une menace présumée de mines"

"Il n'est pas question de couler des bateaux dans le détroit. Le remède serait pire que le mal. D'abord, la menace iranienne, c'est une menace présumée de mines. Et de mines qui ont été posées dans le dispositif de séparation de trafic, c'est-à-dire dans l'endroit, la route que doivent prendre les bateaux pour entrer et sortir, agréée par les Nations Unies et qui se trouve dans les eaux territoriales omanaises. Et c'est là-dedans que l'Iran a proclamé avoir mis des mines. Ils ont proclamé avoir miné, il y a une différence qui est notable. C'est vérifiable avec des drones sous-marins, normalement amenés par des bâtiments de chasse aux mines, mais qu'on peut peut-être utiliser à partir de terre"

 "Trump a intérêt à laisser passer les pétroliers chargés de pétrole saoudien"

"Si les Etats-Unis vont vers un port iranien, selon les termes de son blocus, mais un blocus qui est illégal, parce que c'est un acte de guerre qui doit être sous résolution des Nations Unies. Cette procédure-là doit répondre à une autorisation du Conseil des Nations Unies. Trump a intérêt à laisser passer les pétroliers chargés de pétrole saoudien, qui viennent de ports d'Arabie Saoudite ou des Émirats ou d'ailleurs"

"Il a tout intérêt à les laisser passer, sinon il se met à dos tous ses alliés, tous les pays qui sont plutôt dans son camp et qui forment le sud du golfe arabo-persique. Le blocus américain est en vigueur depuis hier 16h, heure française, et pour le moment, il n'y a pas eu d'action militaire, il y a eu un ou deux pétroliers qui ont fait demi-tour quand même. Ils ne veulent pas prendre le risque"

"Ni l'Iran, ni les États-Unis n'ont signé la Convention sur le droit de la mer"

Périco Légasse :"Serait-il légitime que la France s'implique dans ce conflit ?"

Alain Oudot de Dainville :"Un Etat de droit peut difficilement s'associer à un blocus qui est unilatéral. Le blocage est tout aussi illégal. Le blocage fait référence au droit de la mer, parce que le droit de la mer impose la libre circulation dans les détroits. Or, ni l'Iran ni les États-Unis n'ont signé la Convention sur le droit de la mer. Donc ces deux pays sont dans l'illégalité"

"Je pense que les bâtiments des flottes seront nécessaires quand il y aura un accord qui aura été trouvé. Ils seront nécessaires pour rassurer les équipages des bateaux, parce que j'ai connu ça, je peux vous dire, les équipages ont la trouille. Et surtout rassurer les assureurs pour qu'ils puissent baisser leur taux de risque. Il y a pour des raisons propres à chacun des belligérants, la volonté quand même de calmer le jeu. La situation en Iran n'est sûrement pas très bonne. Les Etats-Unis sont menacés, enfin menacés ce n'est pas le terme, mais ont les élections de Mid-term (mi-mandat) qui vont arriver. Donc ni l'un ni l'autre n'ont intérêt à faire monter les enchères"

Périco Légasse :"Faut-il faut renforcer les armées françaises et la marine en particulier ?

Alain Oudot de Dainville :"Mais les armées françaises sont quand même à un très haut niveau d'opération. Et les hommes sont de très grande qualité. Et les trois armées, que ce soit la terre, l'air et la mer qui met cher, sont des armées performantes"

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