Thierry Moreau : "Éric Zemmour est acteur de la vie politique"

Le journaliste Thierry Moreau, également chroniqueur chez "Estelle Midi" du Lundi au Vendredi de 12h à 15h sur RMC découverte, était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 17 septembre dans "Le 10h - midi". Il revient notamment sur la décision du CSA de comptabiliser le temps de parole d'Éric Zemmour dans les médias.

Le journaliste Thierry Moreau, invité de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Thierry Moreau : "Éric Zemmour a bien dépassé son rôle de polémiste en proposant des choses de façon très programmatique"

Le CSA a décidé de décompter le temps de parole d'Éric Zemmour dans les médias comme un acteur de la vie politique, alors qu'il n'est pas encore candidat déclaré pour l'élection présidentielle. Le CSA a précisé que le temps de parole était décompté pour tous ceux qui prennent un rôle actif dans la vie politique nationale, ce qui peut être le cas lorsqu'un journaliste, un éditorialiste sort de la catégorie de simple commentateur de la vie politique nationale et rentre dans une logique de campagne électorale. Pour le journaliste Thierry Moreau, "Éric Zemmour a une posture avec des propositions beaucoup plus politiques aujourd'hui. Légalement, il est acteur de la vie politique française estime-t-il. Je ne pense pas un instant que les affiches 'Zemmour président' placardées partout l'aient été sans qu'il n'ait donné son accord. Il ne s'est jamais démarqué des associations, il y a eu des démarches pour aller chercher des parrainages souligne-t-il et ça, c'est une démarche politique !"

Par ailleurs, Thierry Moreau considère qu'Éric Zemmour a bien dépassé son rôle de polémiste en proposant des choses de façon très programmatique. Il est comme Manuel Valls, qui est décompté, Nicolas Hulot, Ségolène Royal ou encore Arnaud Montebourg, qui était décompté en avril alors qu'il était à l'époque sur ses ruches et pas du tout en campagne".

Cependant, pour Thierry Moreau, "le fonctionnement du CSA devrait être revu. On arrivera toujours à contourner cette espèce d'obligation d'équité. Le but du jeu est que les Français aient un échantillon d'opinions suffisamment varié rappelle le journaliste. Mais est-ce que cet échantillon varié doit être sur chacun des médias ou peut-on avoir en France, et on n'avait pas l'habitude jusque là, des médias audiovisuels qui représentent l'ensemble de l'échiquier politique ?" s'interroge-t-il.

 

"Le fait que tout le monde parle des propositions d'Éric Zemmour, c'est parce qu'il n'a pas de filtre !"

"Le fait que tout le monde parle des propositions d'Éric Zemmour, c'est parce qu'il n'a pas de filtre ! estime par ailleurs Thierry Moreau, ce qui est selon lui une posture politique très originale par rapport à beaucoup d'hommes politiques. Marine Le Pen a policé son discours sur la peine de mort et aujourd'hui, vous n'entendrez pas un cadre du Rassemblement national dire 'je suis pour la peine de mort' souligne-t-il. Et lui va franco dans une émission de télé dire qu'il est à titre philosophique pour la peine de mort". 

Éric Zemmour pourra-t-il continuer à être sans filtre ?

Thierry Moreau affirme toutefois que si on en fait un objet de discussion, "méfions-nous des phénomènes ! Twitter n'est pas la France, les chaînes tout info se calquent aussi beaucoup sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Peut-être que tout ça se calmera un peu quand on rentrera dans la campagne". Pour lui, "il y a très clairement un effet de mode. Il sera intéressant de voir dans les semaines qui viennent si cette dynamique se poursuit".

 

Thierry Moreau : "Éric Zemmour profitait d'une hypocrisie en continuant à pouvoir avancer ses pions"

Pour Thierry Moreau, "la décision du CSA n'a pas été dictée par le gouvernement et a été un formidable coup de pub pour CNews". Il semble que la nouvelle version de l'émission n'ait pas perdu tellement d'audience et le discours tenu par les autres chroniqueurs peut paraître pour certains pas si différent. "Lorsqu'Éric Zemmour était à la tête de l'émission, c'était beaucoup lui qui parlait rappelle le journaliste. Il donnait beaucoup son avis mais pas seulement son avis, il participait au débat soutient-il. C'est peut-être la défense des mêmes idées, mais d'un côté il y a du commentaire et de l'autre, quelqu'un qui profitait d'une hypocrisie en continuant à pouvoir avancer ses pions, alors qu'il avait des associations de soutien dont il ne s'est pas démarqué, une campagne d'affichage, des recherches de parrainage, ça va !"

 

 

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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