Didier Maïsto : "J’accuse Médiamétrie d’utiliser une méthodologie bidon"

Didier Maïsto, PDG de Fiducial Médias et propriétaire de Sud Radio, attaque Médiamétrie en justice
Didier Maïsto, PDG de Fiducial Médias et propriétaire de Sud Radio, attaque Médiamétrie en justice

PDG de Fiducial Médias et propriétaire de Sud Radio, Didier Maïsto remet en question les méthodes de calcul des audiences radios de Médiamétrie. Invité sur le plateau de CNews ce mardi, il s’explique sur les nombreuses raisons qui l’ont conduit à porter plainte contre l’institut et à réclamer des dommages et intérêts.

"Je ne suis pas en colère, ou alors c’est une colère froide, car je suis quelqu’un de calme et mesuré. Mais j’ai décidé que cela suffisait, et je dis donc tout haut ce que tout le monde sait dans le milieu mais que le grand public ne sait pas". Sur le plateau de l’émission Morandini Live, sur CNews, Didier Maïsto, PDG de Fiducial Médias et propriétaire de Sud Radio, a confirmé son intention de porter plainte contre Médiamétrie, "un institut privé qui a à son capital toutes les télés, les radios, les annonceurs et les gens chargés de les commercialiser", selon lui.

Dans le viseur du dirigeant, les méthodes de calcul des audiences radios, autour desquelles tourne une grande partie du marché de l’audiovisuel français. "Je les accuse d’une méthodologie bidon tout à fait sujette à caution. Ils ne magouillent pas les chiffres a posteriori, mais il faut bien savoir comment ça se passe. Partons du début. Il y a des appels téléphoniques. On appelle 126 000 personnes, ce qui signifie qu’il faut appelle 10 080 000 personnes – j’ai fait le calcul – parce que sept fois sur dix les gens ne répondent pas. (…) Sud Radio n’est pas citée dans les propositions de réponses. Quand on l’a rachetée, elle avait un certain chiffre. Elle était tombée en désuétude donc on a changé la grille, on commence à faire de la com’, on a des appels qui fleurissent… Les audiences sont exponentielles sur Internet : +58%, +50% sur le digital. Et – miracle absolu ! – ça ne bouge pas sur Médiamétrie ! J’ai donc commencé à m’inquiéter et j’ai eu parallèlement à ça des appels d’auditeurs et d’auditrices de Salon-de-Provence, de Marseille, etc., et qui nous disent que Sud Radio n’est pas proposée dans les réponses !", s’insurge-t-il.

Questionnaires biaisés et panels discutables

Pour Didier Maïsto, alors qu’il y a plus de 1000 radios présentes sur le territoire français, la très grande majorité d'entre elles sont lésées par rapport à la poignée de grands groupes qui sont actionnaires de Médiamétrie. "Tous les chiffres radio sont faux, car c’est du déclaratif. Je fais partie d’un groupement qui s’appelle les Indés et qui regroupe 130 radios locales et régionales (nous sommes la seule radio nationale). Que dit Médiamétrie aux Indés ? Ils disent qu’ils ont un problème sur les villes de moins de 55 000 habitants, qu’ils ne peuvent pas mesurer dans ces villes. Donc en réalité, ils ont toujours le même panel depuis des années ! Des panels infinitésimaux, de 400 personnes. Je fais des sondages depuis 20 ans avec l’Ifop. Je peux vous dire que si je faisais des sondages comme ça, je serais déjà en prison ! (…) Si on vous demande ce que vous écoutez de 16h à 18h lorsque vous prenez l’autoroute pour aller dans le Sud, dans l’inconscient collectif vous allez dire Les Grosses Têtes. En vérité, on n’en sait rien. Vous répondez les radios qu’on vous propose depuis toujours, vous répondez toujours les mêmes noms", déplore-t-il.

Face à cette situation, Fiducial Médias a décidé de porter l’affaire en justice. "Nous réclamons 23 millions d’euros de dommages et intérêts à Médiamétrie, une somme qui a été calculée par nos conseils et qui correspond au manque à gagner depuis qu’on a racheté la radio", indique Didier Maïsto, qui assure par ailleurs ne pas être démenti par ses concurrents. "J’ai été appelé par le président-fondateur de NRJ, Jean-Paul Baudecroux, qui a réuni toutes les radios et les télés chez lui, à son siège. Personne ne m’a dit que j’étais dans le faux. En aparté, les gens me disent même que j’ai raison, mais que je vais déstabiliser le marché. Médiamétrie ne dit pas qu’on n’a pas le droit de tenter d’autres instruments de mesure avec d’autres instituts. On a le droit de faire ce qu’on veut, sauf que le marché s’est organisé autour de ça, avec des barrières à l’entrée. Il s’est organisé de telle manière que seul Médiamétrie fait office de référence", dénonce-t-il.

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