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Arlette Chabot : "Pendant un débat en France, chaque candidat interroge son adversaire"

La journaliste Arlette Chabot était l'invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 20 avril 2022 dans "Le 10h - midi".

Arlette Chabot
Le 2 mai 2007, Arlette Chabot avait coprésenté avec Patrick Poivre d'Arvor le débat télévisé du second tour de l’élection présidentielle entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. © AFP

Le débat du second tour de la présidentielle 2022 sera retransmis en direct sur France 2 et TF1 le 20 avril 2022 à 21 heures. En 2007, c'est Arlette Chabot qui avait animé, avec Patrick Poivre d'Arvor, le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

 

Arlette Chabot : "Aux États-Unis, les candidats sont interrogés, on leur pose des questions à chacun"

Arlette Chabot a tout d’abord expliqué la différence entre les débats présidentiels en France et aux États-Unis. "Aux États-Unis, les candidats sont interrogés, on leur pose des questions à chacun. Le système américain, c’est des journalistes qui interrogent sur un thème : 'Vous voulez des centrales nucléaires ? Combien en voulez-vous ? Comment allez-vous les construire ? En quelle année comptez-vous inaugurer la première ? Combien ça va coûter ?...'

"Le débat à la française, c’est les candidats qui s’emparent du débat, qui se parlent directement. Ce n’est pas le journaliste qui interroge, c’est chaque candidat qui interroge son adversaire et tente de l’obliger à répondre à ses questions. Si un journaliste avait l’air d’interroger ou d’essayer de pousser un peu plus loin un candidat et le faire répondre plus précisément sur un thème, il serait accusé de partialité. Donc, c’est impossible à faire en France."

"Entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, il n’y avait pas d’animosité"

Quel est donc le rôle des deux journalistes lors d’un débat en France ? "Pendant un débat, les journalistes sont là pour arbitrer. Ils veillent au respect de l’égalité de temps de parole, que chacun puisse répondre tranquillement sur le thème que vous avez posé sur la table. Si un arbitre était accusé de partialité, ce serait un cauchemar. Le journaliste doit faire preuve d’autorité seulement quand ça dérape un peu, quand les candidats parlent en même temps et que le débat devient incompréhensible."

 


Les deux journalistes, voient-ils les candidats avant le débat ? "Les journalistes disent bonjour parce qu’ils sont bien élevés. Chaque candidat est dans sa loge avec son entourage politique, avec sa famille, avec celles et ceux qu’il choisit pour l’accompagner dans ce moment, qui est quand même une épreuve. Ils arrivent en studio 5-7 minutes avant le débat. Entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, il n’y avait pas d’animosité. Les autres débats, on sentait vraiment une rancune ou en tout cas des relations qui n’étaient pas excellentes."

"En 2007, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient chacun leur climatisation"

Et les vêtements ? "J’avais demandé à l’entourage de Ségolène Royal quelle couleur elle porterait, pour éviter de mettre la même couleur qu’elle. Pour éviter que l’on dise que puisqu’on porte une veste de même couleur, ça signifie que je la soutiens. Elle avait une veste foncée, donc j’ai mis une veste claire."

 


Quid de l’anecdote de la climatisation lors du débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en 2007 ? "Nicolas Sarkozy avait tendance à avoir un peu chaud et ne voulait pas transpirer. Il voulait une clim’ assez basse, 19°C. Et Ségolène Royal avait peur d’avoir froid, elle avait demandé 22˚C. Donc, jusqu’au dernier moment, le technicien chargé de la clim’ se baladait dans le studio avec un thermomètre pour vérifier que tout était respecté."


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Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans le 10h - midi Sud Radio avec Valérie Expert

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