ARCOM - Égalité de temps de parole : "15 jours une fois tous les 5 ans, la démocratie a un prix !"

Roch-Olivier Maistre, président depuis 2019 de l’ARCOM, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 4 avril dans "Le 10h - midi".

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Roch-Olivier Maistre, président de l’ARCOM, invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

À moins d’une semaine du premier tour de la présidentielle, Roch-Olivier Maistre évoque le rôle et les missions de l'ARCOM, nouvelle autorité de régulation qui réunit désormais l’ancien CSA et l’Hadopi.

Roch-Olivier Maistre : "L'ARCOM est une institution réellement indépendante"

L'ARCOM est garante de la liberté de communication et veille au financement de la création audiovisuelle et à la protection des droits. Sa régulation s’étend aux plateformes en ligne – réseaux sociaux, moteurs de recherche. Indépendante à l’égard du gouvernement, elle agit sous le contrôle du juge et rend compte de son action au Parlement et prend ses décisions de façon collégiale. Composée de 9 membres, son président est nommé par le président de la République. "C'est une institution réellement indépendante, insiste Roch-Olivier Maistre. Avec des personnalités qui ont des profils très différents. Des techniciens, des juristes, des journalistes, des producteurs".

"Il y a bien évidemment une dimension coercitive dans notre action, reconnaît Roch-Olivier Maistre. On peut nous interpeler sur un programme qui soulève une difficulté au regard de la loi. Mais c'est une activité très petite au regard de ce que nous faisons. La régulation est beaucoup plus large, avec une dimension technique, culturelle et sociétale. Comme la place des femmes, la juste représentation de la société, l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap ou encore le pluralisme politique". "On peut intervenir sur des mises en demeure ou éventuellement des procédures de sanctions, mais on prononce assez peu de sanctions", tient à souligner Roch-Olivier Maistre. "On intervient toujours a posteriori, l'ARCOM n'est pas une autorité de censure !"

 

Égalité de temps de parole : "C'est 15 jours une fois tous les 5 ans, la démocratie a un prix !"

Sur le temps de parole en période de campagne électorale, l'égalité parfaite est un casse-tête. "Elle a été imposée par la loi de 1962 relative à l'élection du président de la République au suffrage universel, rappelle Roch-Olivier Maistre. On a la chance d'être dans une démocratie. Est-ce que c'est choquant qu'une fois tous les 5 ans, pour une élection majeure, pendant 15 jours, les candidats soient traités de façon égale ?", interroge-t-il. Pour lui, "c'est surtout une chance de pouvoir avoir accès à cette offre politique dans des conditions d'égalité. Ce n'est que 15 jours dans la vie de la démocratie ! 15 jours une fois tous les 5 ans, la démocratie a un prix !" "Autrefois la période d'égalité était bcp plus longue, 5 semaines de temps d'égalité".

"Sans ces règles, que se passerait-il pour les 'petits candidats' ?", interroge encore le président de l'ARCOM. "On a conscience de la contrainte que ça représente pour les rédactions, on est en dialogue quotidien avec elles". Cette règle peut avoir un effet pervers, qui fait qu'on n'entend plus personne, souligne Valérie Expert. "Le point le plus délicat n'est pas tant le temps d'expression mais plus le temps d'antenne, explique Roch-Olivier Maistre. Les commentaires consacrés à tel ou tel candidat. Cette partie est peut-être la plus contraignante. Une fois les élections présidentielles et législatives passées, nous ferons un bilan avec tous les médias et les formations politiques pour tirer les enseignements. Pour voir s'il faut adapter la législation pour l'avenir", annonce-t-il.

 

 

Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans le 10h - midi Sud Radio avec Valérie Expert.

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