Jacques Cardoze : Aujourd'hui, le gouvernement devrait annoncer des aides ciblées pour les gros rouleurs. Faut-il élargir le nombre de bénéficiaires ?
Manon Aubry : « On voit que le gouvernement fait encore du saupoudrage, donner quelques aides par-ci par-là. Les précédentes aides étaient ouvertes à un peu plus de 3 millions de personnes et à peine 600 000 personnes en ont bénéficié en pratique.
Aujourd'hui, les gens qui nous écoutent en voiture le savent très bien : on ne parle pas de 3 millions de personnes, on parle de l'ensemble de la population française qui est frappée par l'augmentation des prix de l'essence, qui doit choisir entre se déplacer, parfois se nourrir, se loger, travailler. Des infirmières libérales renoncent notamment à des tournées parce qu'elles n'ont plus les moyens et que ça leur coûte plus cher. »
⛽️Flambée du carburant
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🗣️@ManonAubryFr : "Le Gouvernement fait encore du saupoudrage (...) et fait tout pour protéger les profits de Total. Il faut bloquer les prix. Les entreprises pétrolières sont des profiteurs de crise" #GrandMatin
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"Les entreprises pétrolières ont multiplié leurs marges par 7"
Faut-il simplement élargir les chèques carburant ou prendre une mesure plus globale ?
« Le gouvernement fait tout aujourd'hui pour protéger les profits de Total, les marges d'une entreprise comme Total, en refusant de faire la seule mesure qui permettrait de soulager les gens : bloquer les prix de l'essence au niveau auquel il était avant le début de la crise, soit 1,70 € maximum du litre.
C'est donc aujourd'hui la seule solution qui est viable, qui demandera l'effort à ceux qui se sont enrichis ces derniers mois, c'est-à-dire les entreprises pétrolières. J'insiste là-dessus, les entreprises pétrolières ont multiplié leurs marges par 7. Ce sont des profiteurs de crise qui profitent de cette situation pour maximiser leurs profits. »
⛽️Risque de pénurie si blocage des prix ?
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🗣️@ManonAubryFr : "À 1,70€ le litre, les entreprises comme Total feraient des profits et ne vendraient pas à perte !" #GrandMatin
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"Total bloque le prix mais fait des profits records"
Mais si on bloque les prix, est-ce que les distributeurs ne risquent pas de vendre à perte ?
« Et c'est intéressant de regarder dans le découpage exact de là où se font les profits dans la chaîne de production du pétrole. Ce n'est pas dans la distribution que se font les profits, mais dans l'étape du raffinage. C'est l'étape précédente. C'est pour ça que notre proposition vient avec un blocage des marges à l'étape du raffinage. Ça ne va pas toucher les distributeurs, notamment les distributeurs indépendants qui eux peinent à survivre, mais ça va toucher des entreprises comme Total.
Soit dit en passant, Total soi-disant bloque le prix à 1,99 €. Mais est-ce que vous avez remarqué qu'à 1,99 €, ils ont quand même fait des profits records, plus de 5 milliards d'euros sur le dernier trimestre, multipliés par deux en un trimestre ? S'ils font encore de tels profits à 1,99 € du litre, c'est donc qu'ils ont encore de la marge et que notre proposition à 1,70 € du litre maximum est réaliste. »
Plafonner les prix : "Il n'y a pas de raison de ne pas le faire"
Qui va payer le différentiel si les prix sont plafonnés ?
« Ce mécanisme est à la fois payé d'une part par l'État, puisque mécaniquement ça entraînera une baisse des taxes, et il est payé de l'autre partie par les entreprises pétrolières. Si on fait une baisse d'à peu près 60 centimes du litre, ça fait 30 centimes payés par l'État et 30 centimes payés par les raffineurs. »
Si la France insoumise était au gouvernement demain, à combien vous engageriez-vous à bloquer le litre d'essence ?
« Oui, à 1,70 € et je pense que ça doit être la priorité absolue. Il y a un article du code de commerce, l'article 410 pour être très exact, qui offre cette possibilité. Ça a déjà été fait dans l'histoire, dans les années 90 au moment de la guerre du Golfe. Emmanuel Macron lui-même a bloqué les prix du gel hydroalcoolique par exemple.
Ça se fait dans certains territoires d'outre-mer comme à l'île de la Réunion, où le prix du litre est bloqué et défini par arrêté préfectoral chaque mois. Ça se fait dans d'autres pays de l'Union européenne, donc il n'y a pas de raison de ne pas le faire. »
"On est le 5e pays d'Europe où le prix de l'essence est le plus élevé"
Quand Richard Nixon a bloqué les prix des carburants en 1973 aux États-Unis, cela a provoqué du marché noir et des pénuries. Ne craignez-vous pas le chaos ?
« Est-ce que ça a été le chaos quand ça a été fait dans les années 90 en France ? Est-ce que c'est le chaos sur l'île de la Réunion ? On pourra demander aux Réunionnaises et aux Réunionnais qui bénéficient aujourd'hui de ce blocage des prix : il n'y a pas de pénurie. Par ailleurs, je le dis d'autant plus que non seulement d'autres États européens l'envisagent, mais y compris des gouvernements de droite.
Je voyais que l'Allemagne, qui a un gouvernement emmené notamment par la droite, envisage non seulement un blocage des prix mais une taxation des superprofits des entreprises pétrolières. Je crois que tout le monde y arrive d'une manière ou d'une autre. Il n'y a pas de raison que la France soit la dernière alors qu'on est le 5e pays d'Europe où le prix de l'essence est le plus élevé. »
Pensez-vous avoir gagné la bataille des idées sur la hausse des carburants ?
« Je pense qu'on l'a gagnée par la force des choses. Malheureusement, tous ceux qui nous écoutent ce matin savent à quel point les entreprises pétrolières ont multiplié leurs marges ces derniers mois et ces dernières années, savent à quel point il est injuste qu'ils payent pour les profits des grandes entreprises et savent aussi que le gouvernement a refusé jusqu'à présent de faire la seule mesure qui permettrait de donner un peu d'air aux gens. »
"Les entreprises ne vendraient pas nécessairement à perte"
À 1,70 € le litre, ne risquez-vous pas de forcer les pétroliers à vendre à perte et donc de provoquer des pénuries ?
« Sauf qu'à 1,70 €, dans l'état actuel des choses — et évidemment on n'est pas maître de l'évolution des marchés — les entreprises pétrolières ne vendraient pas nécessairement à perte, et notamment une entreprise comme Total. Pour vous en convaincre, je montre l'évolution des marges des entreprises ces derniers mois : il y a une explosion des marges. Le problème, c'est votre hypothèse de départ : vous partez du principe que l'entreprise vend à perte.
En l'occurrence, en bloquant le prix à 1,70 € compte tenu du coût du raffinage et du prix sur les marchés mondiaux, les entreprises ne vendraient pas nécessairement à perte. Ensuite, si ce prix doit évoluer dans les prochains mois, on le fera évoluer en fonction des cours du marché. Mais l'idée, c'est d'interdire à des entreprises de multiplier leurs marges comme elles l'ont fait par 6, 7 ou 7 et demi.
Qu'allons-nous attendre ? Que le prix de l'essence soit à 3 € du litre et que les gens littéralement ne puissent plus se nourrir ? Combien de centaines de milliers de gens se sont privés cet été de partir en vacances ou se privent d'aller voir leur famille le week-end parce que faire 100 km en voiture fait réfléchir à deux fois ? Faute d'avoir des transports en commun abordables financièrement et accessibles partout, pour des millions de gens partout en France, il n'y a pas d'autre alternative que la voiture. »
Et si une entreprise devait malgré tout vendre à perte, faudrait-il l'obliger à l'assumer ?
« Non, je dis qu'à l'heure actuelle, dans la proposition qui est la nôtre, elles n'auront pas à vendre à perte. C'est tout. »
🗣️@ManonAubryFr : "@SebLecornu louvoie. Ce n'est pas un hasard si certains députés et @YaelBRAUNPIVET possèdent des actions chez Total. Ils ont un intérêt à ce que Total se porte mieux" #GrandMatin
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"Lecornu fait du maigre saupoudrage dont peu de Français bénéficieront"
Que demandez-vous à Sébastien Lecornu pour l'annonce de ce soir ?
« Je lui dis de le faire le plus rapidement possible. Nous serions évidemment les premiers à applaudir dès demain si c'était le cas. Mais j'observe que pour le moment, Sébastien Lecornu louvoie et fait tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de contourner la seule mesure qui ferait la différence, et qu'en attendant, il fait du maigre saupoudrage dont peu de Français bénéficieront, le tout pour préserver Total.
Ce n'est peut-être pas un hasard si un certain nombre de députés, y compris de la majorité, et la présidente de l'Assemblée nationale elle-même, Yaël Braun-Pivet, possèdent des actions dans l'entreprise Total. »
Sous-entendez-vous qu'elle aurait un intérêt financier personnel ?
« Bien sûr, un intérêt à ce que le cours de Total se porte mieux pour maximiser ses propres actions. Moi, j'assume de dire qu'on ne devrait pas posséder des actions dans une entreprise comme Total quand on est un décideur public. J'assume de le dire. »
Primaire socialiste : "Le cœur de leur débat va tourner autour de nous"
Allez-vous suivre le premier débat de la primaire socialiste demain soir ?
« Pour être honnête, j'ai entraînement de water-polo demain soir et je crois que j'irai jouer au water-polo. J'ai presque envie de dire 'j'ai piscine', mais ce serait approprié au sens premier du terme. »
🗣️@ManonAubryFr : "Le water-polo passe avant la primaire socialiste. Mais nos oreilles vont siffler. Laissez-nous tranquille et faites votre congrès à ciel ouvert" #GrandMatin
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Le Parti socialiste pourrait pourtant être amené à gouverner avec vous. N'est-il pas important de connaître leurs positions ?
« J'ai le sentiment que le cœur de leur débat va tourner autour de nous. Je ne vais pas le regarder demain, mais je pense que nos oreilles vont siffler, et ça dit quelque chose de la pauvreté du débat politique. J'observe que cette primaire porte essentiellement sur qui a le droit d'être candidat ou pas, sur quel débat ils vont participer ou non, leur relation à La France insoumise ou pas.
Moi, j'ai envie de dire : laissez-nous tranquilles, faites votre congrès à ciel ouvert pour savoir qui va être premier secrétaire du Parti socialiste. Moi, j'ai envie de faire campagne en m me adressant aux millions de Français, pas juste aux quelques Français qui vont payer 15 € pour voter à cette primaire, et de faire campagne pour faire gagner la gauche.
Il y a une personne qui est en situation de faire gagner la gauche en 2027, il s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Il est à la tête d'une campagne qui reprend l'essentiel du programme du Nouveau Front populaire et qui permet de soulager les gens, avec le blocage des prix de l'essence ou l'augmentation du SMIC à 1 700 € net. »
Présidentielle : "On démarre cette campagne dans de bien meilleures conditions"
Jean-Luc Mélenchon ne heurte-t-il pas un plafond de verre dans les sondages ?
« C'est assez intéressant parce qu'on nous dit ça à chaque campagne, et à chaque campagne ce plafond de verre est repoussé. Quand on a commencé la campagne en 2022, on était autour de 8 à 10 % dans les sondages, on a terminé autour de 22 %. Aujourd'hui, au début de cette campagne, on est à 14, 15, jusqu'à 18 % dans les sondages donnés au second tour dans beaucoup d'hypothèses. On nous posait la même question en 2022 : force est de constater qu'aujourd'hui, on démarre cette campagne dans de bien meilleures conditions.
La campagne est faite pour convaincre et mobiliser un maximum d'électeurs. J'observe par exemple la victoire de Die Linke aux élections municipales à Berlin comme un signe de la volonté de faire gagner la gauche de rupture à New York, à Berlin et dans plein de zones dans le monde. Ce qui s'est passé à Berlin, c'est une surmobilisation et une forte hausse de la participation, et c'est ça qui pourra faire la différence en 2026. »
🗣️@ManonAubryFr : "Nous pouvons réunir un front de la censure à gauche !" #GrandMatin
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"Je ne regrette pas du tout d'avoir fait le Nouveau Front populaire"
Pourquoi refusez-vous tout intérêt pour la primaire du PS ?
« Non, moi j'ai du respect pour eux. Je ne dis pas qu'ils vont venir quémander, c'est juste que je ne me sens pas concernée. La question est : pour quoi faire ? Quand on a eu des désaccords avec le Parti socialiste ces derniers mois après avoir fait le Nouveau Front populaire... Je ne regrette pas du tout d'avoir fait le Nouveau Front populaire, je pense qu'il fallait unir la gauche sur un programme de rupture, nous l'avons fait.
Mais je regrette qu'ensuite le Parti socialiste ait refusé de censurer à plusieurs reprises les différents gouvernements macronistes et ait laissé passer un budget qui faisait la poche des Français. Il y a une question de cohérence politique. Je pense qu'il peut y avoir un front de la censure et qu'on peut réunir ce front de la censure à gauche qui dépasse les rangs de La France insoumise. On ne gagnera pas tout seuls, mais ce qui compte avant tout, c'est le nombre d'électeurs pour remporter l'élection. »
"Je n'ai pas de leçons à donner aux dirigeants politiques, je les respecte tous"
Que dites-vous à Marine Tondelier qui maintient une candidature écologiste autonome ?
« Je n'ai pas de leçons à donner aux dirigeants politiques, je les respecte tous. À l'Assemblée nationale, on a 80 à 90 % de nos votes en commun et on a voté l'ensemble des censures ensemble. Marine Tondelier le disait elle-même : elle ne sera pas le bulletin de vote qui fera gagner la droite. Elle a raison sur la nécessité de se regrouper pour l'emporter. »
Ne redoutez-vous pas un bis repetita de 2002 où la dispersion de la gauche avait éliminé Lionel Jospin ?
« La même Christiane Taubira qui était notamment candidate en 2022 avait fini par se retirer et appeler dans la dernière ligne droite à voter pour Jean-Luc Mélenchon. J'observe que certains ont pu en tirer des leçons. Je n'ai pas de leçons à donner à Marine Tondelier. Moi, je m'adresse aux électeurs et aux militants écologistes : ils savent que pour faire advenir un programme qui prend à bras-le-corps la lutte contre le réchauffement climatique et la planification écologique, c'est le programme de La France insoumise. »
🔴@ManonAubryFr : "@NunezLaurent insulte, menace, des gens qui pourraient se mobiliser. Ça commence à faire beaucoup. Il doit démissionner, il n'est plus digne d'occuper ce poste" #GrandMatin
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"Lecornu insulte, réfrène et menace des gens qui pourraient se mobiliser en France"
Que répondez-vous à Laurent Nuñez qui qualifie d'irresponsables les appels aux blocages sur les carburants ?
« C'est extrêmement grave. On a un ministre de l'Intérieur qui insulte, réfrène et menace des gens qui pourraient se mobiliser en France. De la liberté de manifestation, il en est aussi le garant ! Et j'observe que ça commence à faire beaucoup pour ce même ministre de l'Intérieur qui a outrepassé son rôle en révélant des informations fausses sur ma collègue Rima Hassan, prétendant qu'elle possédait de la drogue.
Sauf que vos confrères de Complément d'enquête, qui ne sont pas connus pour être des partisans de La France insoumise, ont révélé précisément que Laurent Nuñez a violé le secret de l'enquête, révélé des informations confidentielles et utilisé les moyens du parquet antiterroriste pour traquer une opposante politique. »
"On a sali ma collègue Rima Hassan"
Êtes-vous certaine de l'implication personnelle du ministre ?
« J'observe comme vous. J'ai regardé ce Complément d'enquête, j'invite tout le monde à le regarder : il est très éloquent et révèle des témoignages de journalistes. Ce sont des informations révélées dans la presse qui ont ensuite été prouvées comme étant des fake news. On a sali ma collègue Rima Hassan en prétendant qu'elle possédait de la drogue, alors que les analyses ont confirmé que c'était du CBD, parfaitement légal en France, et qu'elle n'en possédait pas. »
Maintenez-vous votre demande de démission visant Laurent Nuñez ?
« Oui, plus que jamais. Un ministre de l'Intérieur ne devrait pas dire cela, ni faire cela. Je crois qu'aujourd'hui, il n'est plus digne d'occuper ce poste, au-delà des désaccords politiques que nous avons. Il est le gardien de la République et de son bon fonctionnement, et aujourd'hui il n'en est plus digne. »
"80 % des milliardaires sont des héritiers"
Vos 3 minutes pour convaincre : quelle est votre proposition concernant la contribution des milliardaires ?
« Ma proposition, qui a fait beaucoup parler ces dernières semaines, c'est d'interdire tout simplement le fait de pouvoir devenir milliardaire dans notre pays. On parlait un peu avant de la question budgétaire, de comment on trouve un équilibre budgétaire, et il se trouve aujourd'hui dans notre pays qu'on a un tout petit nombre de foyers, de milliardaires, qui ne payent pas par exemple d'impôt sur le revenu.
Quand vous en tant que journaliste, tous ceux qui nous écoutent payent de l'impôt sur le revenu et donc en proportion sont davantage taxés, ça c'est complètement injuste. Et pour bien comprendre ce dont on parle, pour un milliardaire, si on prend le salaire médian, donc un peu plus de 2 000 € par mois, il faut plus de 37 000 ans pour devenir milliardaire. 37 000 ans. Donc on est dans des sommes complètement indécentes. 80 % des milliardaires sont des héritiers.
"Les milliardaires se sont enrichis sur l'exploitation des travailleurs"
Donc tous les tenants de la méritocratie devraient aussi partager ma proposition de dire qu'au bout d'un moment, il y a une question de redistribution des richesses. Une des propositions que l'on fait, c'est de faire un héritage maximum à 12 millions d'euros, ce qui est déjà pas mal pour commencer dans la vie. Il y a la moitié des Français qui héritent de moins de 70 000 € dans leur vie, évidemment ça on n'y touche pas, la maison que vous allez hériter de votre père, de votre mère.
Là on parle des milliards qui sont transmis de génération en génération et qui font qu me aujourd'hui on ne part pas tous sur la même ligne de départ. Et cette proposition permet de financer une allocation d'autonomie pour tous les jeunes qui n'auraient pas à travailler en même temps pour leurs études, ce qui est une forme de redistribution intergénérationnelle. »
💰@ManonAubryFr et les milliardaires
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🗣️"Ma proposition est d'interdire tout simplement d'être milliardaire dans ce pays." #GrandMatin
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Préférez-vous une France sans milliardaires qu'une France sans pauvres ?
« Penser que la question des milliardaires n'est pas liée à la pauvreté est une terrible erreur. Victor Hugo disait : "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches." Aujourd'hui, les milliardaires se sont enrichis sur l'exploitation des travailleurs, je pense à des gens comme Bernard Arnault, se sont enrichis sur un système économique de prédation. C'est précisément parce qu'il y a 10 millions de pauvres aujourd'hui dans notre pays et que ça m'est insupportable que la question de la redistribution des richesses doit être posée. »
"La France insoumise est intolérante à l'intolérance"
Un auditeur vous demande si La France insoumise n'est pas intolérante au pluralisme après l'éviction de Charles Sapin de France Inter et le boycott de certains médias.
« Je répondrais que La France insoumise est intolérante à l'intolérance, intolérante aux violations des droits fondamentaux. Parce que Charles Sapin, en l'occurrence, travaillait pour un média qui n'est pas juste un média d'opinion. Vous savez, j'ai notamment l'habitude de débattre avec des journalistes du Figaro dont on sait très bien comment ils sont classés.
La différence fondamentale, c'est que Le Figaro n'a pas été condamné. Valeurs Actuelles a été condamné pour des caricatures racistes d'une de mes collègues, Danièle Obono, qui est une députée noire qui a été dépeinte en esclave. J'estime que ce n'est pas juste un média d'opinion, c'est un média qui a été condamné pour racisme et qui n'a pas sa place dans le service public ni ailleurs d'ailleurs. »
🔴LFI intolérante au pluralisme ?
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🗣️ @ManonAubryFr : "LFI est intolérante à l'intolérance et à la violation des droits fondamentaux (...) @Valeurs n'est pas un média d'opinion. Il n'a pas sa place sur le service public ou ailleurs" #GrandMatin pic.twitter.com/wvIR2h7RSK
Tout journaliste ayant travaillé pour ce média est-il marqué au fer rouge pour vous ?
« Je pense que c'est un choix de travailler pour ce média, je vous prends d'autres exemples : il doit y avoir un certain nombre de chroniques avec lesquelles je ne suis pas d'accord sur Sud Radio, sûrement des débats, et c'est le principe du débat. Je viens ici précisément pour faire vivre le débat. Mais ce n'est pas la même chose, et je pense que le débat médiatique doit avoir un certain nombre de bornes. Ces bornes-là, c'est le respect des droits fondamentaux, le respect de la dignité humaine, et j'estime que quand vous avez été condamné pour racisme, ces bornes-là sont franchies. »
"Éric Ciotti fait beaucoup de mal aux Niçois"
Que répondez-vous à Éric Ciotti qui affirme que LFI est une menace pour la démocratie et nous ferait rentrer dans une dictature ?
« Je ne veux pas rassurer Éric Ciotti. C'est juste que le programme que nous défendons est justement de redonner le pouvoir au peuple : quand on prend la 6e République, quand on prend le référendum d'initiative citoyenne, des référendums révocatoires des élus, c'est redonner le pouvoir au peuple. Si c'est ça sa dictature, on repassera.
En revanche, si Éric Ciotti veut parler de dictature, je pense qu'il s'y connaît bien parce que ses alliés au niveau européen, et les alliés de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, c'est Viktor Orbán, qui n'est pas connu pour la manière dont il traite l'état de droit, les médias et l'indépendance de la justice. Jean-Luc Mélenchon n'a absolument ni l'âme ni la vocation d'un dictateur.
Mais je sais qu'Éric Ciotti fait beaucoup de mal aux Niçois et aux Niçoises. Vous savez quelle a été sa première décision quand il est devenu maire ? Supprimer les allocations de rentrée scolaire et les fournitures scolaires aux Niçois et aux Niçoises. Voilà comment il prend soin des petits Niçois et des petites Niçoises qui vont à l'école, dont les familles vont se retrouver à être saignées encore plus. Moi, ce maire-là, je vais le combattre de toutes mes forces et c'est contre ces gens-là qu'on va se battre pour l'élection. »
Boycott de BFMTV : "Je vais débattre partout"
Quand LFI refuse d'aller débattre sur certains plateaux comme BFM, n'est-ce pas une vision restreinte du débat démocratique ?
« Je suis ici, c'est donc la démonstration que je ne me restreins pas et que je vais débattre partout. Pour le reste, il y a une question d'équilibre politique qui a été posée avec BFM, c'est l'objet de discussions. Vous savez par exemple, pendant la campagne des élections européennes où j'étais tête de liste, j'avais proposé à plusieurs reprises un débat face à Jordan Bardella et c'est lui qui l'avait refusé. On ne peut pas dire que je suis d'accord avec Jordan Bardella, et j'observe que c'est plutôt lui qui fuyait la confrontation. »
🔴LFI et les médias
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🗣️ @ManonAubryFr : "La liberté de la presse sera davantage garantie avec nous" #GrandMatin
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Choisirez-vous vos médias une fois au pouvoir ?
« S'il y en a un qui choisit ses médias à l'heure actuelle, c'est Emmanuel Macron. Vous avez peut-être entendu protester vos confrères journalistes de la presse présidentielle qui ont à plusieurs reprises dénoncé qu'il choisisse sur le volet les journalistes qui viennent en déplacement avec lui.
Ça ne se passera pas comme ça chez nous, donc soyez rassurés : la liberté de la presse sera davantage garantie avec nous. D'autant plus qu'il y a un vrai sujet médiatique aujourd'hui en France : 90 % des médias sont possédés par 9 milliardaires. Quand nous serons au pouvoir, nous démantèlerons notamment l'empire Bolloré pour garantir davantage de pluralité médiatique, et croyez-moi que ça fera du bien à la démocratie. »