Jacques Cardoze : Les élections sénatoriales confirment la poussée du Rassemblement national, en mesure de former un groupe avec au moins 10 sénateurs. Quelle est votre réaction ?
Ian Brossat : « D'abord, c'est le reflet du résultat des élections municipales puisque ce sont les élus qui votent aux élections sénatoriales. Il y a une logique que les résultats des élections sénatoriales reflètent ceux des élections municipales.
Pour le reste, moi je me satisfais en tout cas que les communistes soient confortés au sein du Sénat puisque nous sommes le deuxième groupe de gauche au Sénat et que nos quatre sénateurs ont été brillamment réélus, tant mieux pour eux. Pour le reste, évidemment, la création d'un groupe du Rassemblement national, c'est quelque chose qui est nouveau puisqu'il n'y en avait pas avant. »
🔵 Sénatoriales : le RN fait une percée, un "résultat logique" selon @IanBrossat
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🗣️ "L'extrême droite était déjà présente au Sénat. Les propositions de @BrunoRetailleau et ses amis ressemblaient comme deux gouttes d'eau" #GrandMatin
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"L'extrême droite était déjà présente au Sénat"
Cette poussée du Rassemblement national va-t-elle modifier le rapport de force et les débats au Sénat ?
« Moi, je préfère le dire honnêtement. Ça fait longtemps qu'un certain nombre d'élus de droite, dits élus républicains, avaient épousé les thèses de l'extrême droite. Donc d'une certaine manière, l'extrême droite par les idées était déjà présente au Sénat. Vous savez, moi je suis membre de la commission des lois, on avait déjà des propositions qui émanaient de Bruno Retailleau et de ses amis qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau aux propositions de l'extrême droite.
Donc tout ça ne change pas fondamentalement la donne. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que pour ce qui nous concerne, nous le groupe communiste, nous nous battrons évidemment contre ces idées et nous ferons preuve d'une grande détermination comme toujours. »
Sénat : "Le rapport de force est très défavorable à la gauche"
Deux nouveaux sénateurs La France insoumise font leur entrée au Sénat. Allez-vous travailler avec eux ou les intégrer dans votre groupe ?
« C'est trop tôt pour le dire. Moi ce que je souhaite globalement, c'est que les sénateurs de gauche puissent travailler ensemble. Il faut dire la vérité : le rapport de force est très défavorable à la gauche au sein du Sénat et nous ne serons pas de trop pour défendre le service public, la justice sociale, la justice fiscale.
Il va bientôt y avoir un débat budgétaire. Ce que je souhaite, c'est que l'ensemble des sénateurs de gauche puisse de concert refuser les régressions proposées par le gouvernement. Un gouvernement qui veut taper sur les retraités, qui veut taper sur les fonctionnaires.
Moi, je souhaite qu'on travaille avec l'ensemble des sénateurs de gauche, notamment eux. Pour intégrer notre groupe, je crois que pour l'instant ce n'est pas une demande qu'ils ont faite. Aucune demande ne nous a été adressée. Je les félicite pour leur élection. Je prends les échéances les unes après les autres. La constitution des groupes, c'est lundi prochain. On étudiera la demande, mais pour l'instant elle n'a pas été faite. »
Messes papales : "Le président de la République fait ce qu'il veut"
Emmanuel Macron a finalement décidé d'assister à la messe lors de la visite du Pape en France. Que vous inspire ce revirement ?
« Le président de la République fait ce qu'il veut. Moi, je n'étais pas à la messe. J'étais la veille devant le parvis de Notre-Dame avec la maire de Paris pour accueillir le Pape. En l'occurrence, la ville de Paris a contribué aux travaux qui ont eu lieu à cet endroit et il était important que nous soyons là. Moi, j'ai surtout été sensible au message du Pape.
J'étais d'ailleurs frappé par le décalage entre le contenu de ce que dit le Pape sur la paix, sur l'accueil des réfugiés, et les personnes qui étaient devant lui et qui pour une part, comme Marine Le Pen ou Jordan Bardella, sont très éloignées de ces thèses-là. Moi, je suis heureux qu'une grande voix comme celle du Pape puisse dire qu'on a besoin d'un monde qui soit plus pacifique et d'un monde dans lequel on tende la main aux réfugiés.
J'étais notamment très sensible au fait que le Pape est venu dans le 18e arrondissement de Paris, qui est mon arrondissement, et il a visité la maison Bakhita, qui est un lieu d'accueil des réfugiés que la ville de Paris a d'ailleurs soutenu au moment de sa fondation. Tout ça, c'est un propos qui m'intéresse, qui me touche et que je trouve rafraîchissant dans une période où on entend trop peu ça. »
✝️Discours du Pape
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🗣️@IanBrossat : "J'ai été sensible à son message. J'ai été frappé du décalage entre ses thèses et ceux qui étaient devant lui : @MLP_officiel et @J_Bardella (...) Je n'aime pas beaucoup la récupération politique" #GrandMatin
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"On n'a jamais eu autant de déplacés et de morts à cause des guerres"
Fabien Roussel a préféré la marche pour le climat à la messe du Pape. N'était-ce pas une erreur de tourner le dos à cette ferveur populaire ?
« Non, il n'y a pas tourné le dos. J'ai vu d'ailleurs qu'il a partagé sur ses réseaux sociaux un certain nombre de propos tenus par le Pape, notamment sur cette question de la paix dans un monde où on n'a jamais eu autant de guerres, autant de déplacés, autant de morts à cause des guerres. Donc nous avons été sensibles à ce discours.
Après, je n'aime pas beaucoup la récupération politique à laquelle on a assisté de la part d'un certain nombre de responsables politiques d'extrême droite qui, une fois de plus, défendent des thèses qui sont aux antipodes de ce que dit le Pape. Tout ça a quelque chose d'un peu ridicule, a fortiori à quelques mois d'une élection présidentielle, et il ne s'en dégage pas une grande sincérité.
"Je pense qu'on a besoin de cette concorde en ce moment"
Lorsque le Pape dit qu'il faut accueillir dignement les réfugiés et que vous avez des responsables du Rassemblement national là devant lui à la messe qui en dressent les louanges, il y a quelque chose d'un peu contradictoire ou d'un peu paradoxal.
Il n'y a rien dans le discours du Pape qui parle négativement ou en des termes défavorables des autres religions, pas du tout. Et en l'occurrence, ce que j'ai trouvé positif dans la visite du Pape, c'est précisément qu'il n'y a aucune haine contre les autres religions et notamment contre la religion musulmane. Tant mieux, et je pense qu'on a besoin de cette concorde-là en ce moment. »
Ukraine-Russie : "La France doit dialoguer avec tout le monde"
Que pensez-vous du message de paix porté par le Pape face aux bruits de bottes ? La France doit-elle dialoguer avec la Russie ?
« En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on nous prépare depuis maintenant des mois à coup de discours bellicistes à la guerre partout. Je pense que oui, ce discours qui consiste à dire qu'il faut travailler à une perspective de paix est un discours positif, qui rejoint d'ailleurs ce que nous disons nous, ce que Fabien Roussel dit. Aujourd'hui, vous prononcez le mot paix et vous êtes directement au banc des accusés. Aujourd'hui, lorsque vous dites qu'il faut travailler à une solution diplomatique...
Évidemment qu'il faut soutenir l'Ukraine et pour ce qui nous concerne, ça ne nous a jamais posé de souci. Moi je le dis, il y a évidemment un agresseur, un agressé, les choses sont très claires. Simplement, au bout de cinq ans de guerre et de morts qui s'accumulent, travailler à une perspective diplomatique, à une perspective de paix, ça devrait s'imposer comme une évidence. C'est ce que Fabien Roussel a dit. Certains l'ont d'ailleurs beaucoup critiqué pour ça. De mon point de vue, il a raison.
La France doit dialoguer avec tout le monde, et la force de la France, c'est d'être capable de dialoguer avec tout le monde. Ce que je trouve absurde, c'est que l'Ukraine c'est en Europe et aujourd'hui les Européens sont complètement absents du paysage diplomatique. Il n'y a que les États-Unis pour discuter avec les deux camps, alors même que cette guerre se déroule sous nos yeux sur notre continent. Donc oui, la question diplomatique doit être posée, et tant mieux si le Pape y contribue. »
"Cette guerre est un désastre pour les Russes et les Ukrainiens"
Prônez-vous la diplomatie par stratégie ou parce que la France n'a plus les moyens d'aider l'Ukraine ?
« Ce n'est pas une question de moyens. C'est simplement que la guerre, c'est un désastre pour tout le monde. C'est un désastre pour les Russes, c'est un désastre pour les Ukrainiens, et à un moment donné, travailler à une perspective de paix devrait s'imposer parce qu'il n'y a pas de solution militaire, il y a une solution diplomatique. Encore faut-il qu'on y travaille et qu'on souhaite y travailler.
Et par ailleurs, puisque vous posez la question des moyens, oui, il y a quand même une question à se poser. On a un budget qui est voté année après année, et au sein de ce budget, le seul qui augmente, c'est le budget militaire. Et on nous explique en permanence qu'il faut tout sacrifier, l'hôpital public, l'école, parce qu'on a la perspective d'augmenter sans cesse le budget militaire. À un moment donné, il y a des choix politiques : est-ce que le seul budget qu'on souhaite augmenter dans ce pays, c'est le budget des armées, ou est-ce qu'on considère que l'hôpital, que l'école, ça doit aussi être des priorités ? Ça fait partie des débats dont on doit parler.
"L'agresseur, c'est la Russie ; l'agressé, c'est l'Ukraine"
Donc vous rejoignez les positions de Marine Le Pen, qui estiment qu'on n'a plus les mêmes moyens et qu'on doit cesser d'aider les Ukrainiens, et parler à Poutine.
Moi, je ne pose pas les termes de cette manière-là. Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours été clairs : l'agresseur, en l'occurrence, c'est la Russie ; l'agressé, c'est l'Ukraine. Il faut être capable de soutenir l'Ukraine et il faudra, à un moment donné, prendre des initiatives diplomatiques qui nous permettent de sortir de cette crise. Ça, oui, bien sûr. »
"Un quart des bénéfices de Total sont localisés à Singapour et en Suisse !"
Fabien Roussel a comparé TotalEnergies à Renault sous l'Occupation et qualifié son PDG de collabo. N'est-ce pas exagéré ?
« En tout cas, il y a une réalité que les Français constatent : c'est que Total, contrairement à ses allégations, voit ses marges, notamment sur le raffinage, littéralement exploser depuis le début de la crise. Quand on se pose deux secondes, ils font des bénéfices records depuis six mois, puisque les bénéfices de Total sur le premier semestre 2026, c'est 11 milliards d'euros.
Ces gens ne paient pas d'impôt sur les sociétés en France. Pourquoi ? Pas parce qu'ils ne font pas de thune en France, mais parce qu'ils se débrouillent pour faire de l'optimisation fiscale. Vous vous rendez compte qu'un quart des bénéfices de Total sont localisés à Singapour et en Suisse !
C'est une honte. Quand on est un groupe français, on doit faire preuve de solidarité à l'égard du pays dans lequel on se trouve. Total est d'ailleurs un groupe qui a été créé par l'État français dans les années 20 pour assurer sa souveraineté, et on a aujourd'hui une entreprise qui touche plus de 400 millions d'euros d'aides publiques chaque année, fait des bénéfices records sur le dos de la guerre et ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France. C'est quand même scandaleux, et à un moment donné, c'est une forme de trahison.
⛽️ Taxer les superprofits de @Total ?
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🗣️@IanBrossat : " @PPouyanne c'est Judas qui veut se faire passer pour le bon samaritain ! Quand on touche des aides publiques et qu'on ne verse pas d'impôt c'est une honte absolue" #GrandMatin
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Total : "La solution, c'est une nationalisation"
Vous savez, quand j'écoute Monsieur Pouyanné, j'ai l'impression que c'est Judas qui veut se faire passer pour le bon samaritain. C'est-à-dire que vous avez quelqu'un qui vous fait croire qu'il rend service aux Français en bloquant les prix à 1,99 €, ce qui représente pour lui un effort de 4 % sur ses bénéfices. Ça ne le met pas tout à fait sur la paille ! Quand on touche des aides publiques et qu'on ne verse pas d'impôts dans le pays où l'on se trouve, c'est une honte absolue.
La solution, c'est une nationalisation : faire en sorte que ce groupe redevienne public, qu'au lieu d'être dans une logique de pure cupidité au service des actionnaires, ce soit un groupe au service de l'intérêt général. Ça nous changerait, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est qu'aujourd'hui ce n'est pas le cas.
La nationalisation représente un effort qui peut être lissé sur plusieurs années, ça ne veut pas dire qu'on verse l'ensemble de la somme d'un seul coup. Mais en tout cas, ça me paraît indispensable si on souhaite sortir de cette logique qui, une fois de plus, prend les Français à la gorge. Je pense évidemment à ceux qui nous écoutent et sont aujourd'hui étranglés par l'évolution du prix des carburants. »
Carburants : "Il faut une mobilisation"
Emmanuel Macron entrouvre la porte à une taxation des superprofits pétroliers. Souhaitez-vous plutôt une baisse des taxes sur l'essence ?
« Il est président de la République depuis dix ans et il aurait la possibilité, là, tout de suite, immédiatement, de baisser les taxes sur les carburants. C'est ce que nous demandons : il faut baisser la TVA, il faut supprimer le certificat d'économie d'énergie. Il faudrait revenir à un prix qui soit de 1,60 € ou 1,70 €, pour qu'on ne soit pas dans cette situation-là.
Vous vous rendez compte qu'au moment du mouvement des Gilets jaunes, on était à 1,50 € et qu'on a vu depuis le prix des carburants exploser. La moitié du prix, ce sont des taxes, et donc la première possibilité que l'État a, c'est de baisser les taxes.
Il faut une mobilisation, parce que beaucoup de Français, notamment des travailleurs qui utilisent leur voiture pour aller au boulot, n'ont pas la possibilité d'attendre les élections présidentielles. Les élections présidentielles, c'est dans longtemps, c'est dans huit mois. On a besoin de solutions tout de suite, et tout ce qui permet de faire pression sur le gouvernement pour baisser les taxes est le bienvenu. »
🗣️@IanBrossat : "@Fabien_Roussel n'est pas un candidat pour faire trébucher un autre candidat de gauche" #GrandMatin #Presidentielle2027
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"Fabien Roussel n'est pas candidat pour faire trébucher un autre candidat de gauche"
Après les 2,28 % de 2022, la candidature de Fabien Roussel ne risque-t-elle pas de diviser la gauche pour 2027 ?
« D'abord, quand on est candidat, c'est pour aller au bout. Pour le reste, j'ai entendu d'autres propos de Jean-Luc Mélenchon qui a manifestement changé d'avis, puisque lors de son université d'été à Valence, il disait : 'Le problème, ce n'est pas le nombre de candidats, c'est le nombre d'électeurs pour la gauche.' La réalité, c'est qu'on a une gauche qui ces dernières années était trop faible globalement, puisque tous candidats confondus, elle était à 30 ou 35 % des voix.
On ne gagne pas une élection présidentielle quand on est à 30 ou 35 % des voix. La question, c'est comment la gauche devient plus forte. Fabien Roussel n'est pas candidat pour faire trébucher un autre candidat de gauche ou pour fragiliser la gauche : il est candidat pour faire en sorte que le socle électoral de la gauche augmente, qu'on ait plus de gens qui votent à gauche. Aujourd'hui, vous avez des tas de gens désespérés, et je les comprends, qui ne voient pas d'espoir du côté de la gauche. Notre rôle, c'est de les faire revenir aux urnes et de les faire voter pour la gauche.
Présidentielle : "Nous n'avons qu'un seul objectif : que la gauche gagne"
Votre travail avec Fabien Roussel c'est d'élargir l'assiette d'électeurs de gauche ?
Exactement, élargir l'assiette des électeurs pour que la gauche puisse être victorieuse. Demain, nous n'avons qu'un seul objectif : que la gauche gagne. Aujourd'hui on n'y est pas, et donc on a besoin de faire ce travail pour que ceux qui travaillent, ceux qui produisent des richesses et qui se sont éloignés de la gauche ces dernières années puissent se dire : 'Il y a au moins quelqu'un qui nous comprend et qui fait des propositions qui vont dans notre sens.'
Nous visons le résultat le plus élevé possible. Chaque pourcentage de plus, chaque voix de plus pour le Parti communiste sera utile pour faire grandir des idées de progrès social et utile pour faire gagner la gauche. Nous ferons toujours le choix de la gauche au second tour, avec le candidat de gauche qui y sera parce que les électeurs de gauche l'auront choisi.
Je suis sénateur. Au Sénat, les communistes sont minoritaires, mais même minoritaires, nous réussissons à faire évoluer des choses. C'est nous qui sommes à l'initiative de la commission d'enquête sur les aides publiques aux entreprises, menée par Fabien Gay. C'est comme ça qu'on a appris que Total touche 400 millions d'euros d'aides publiques chaque année. Donc vous voyez, même minoritaires, les communistes arrivent à obtenir un certain nombre de choses. Chaque voix de plus pour le candidat communiste sera une voix utile pour faire progresser des idées qui vont dans le sens de l'intérêt général. »
Racisme : "Vous n'avez pas plus de difficulté à avoir un logement si vous êtes blanc"
Suite au drame de Crépol, considérez-vous que le racisme anti-blanc existe réellement en France ?
« En réalité, il y a deux choses qui sont différentes. Vous avez des propos racistes qui peuvent être tenus, des actes qui peuvent cibler des Blancs. Évidemment, ça doit nécessiter condamnation. Ce qu'il n'y a pas en revanche, c'est dans notre pays une discrimination systémique liée au fait d'être blanc. Vous n'avez pas plus de difficulté à avoir un logement si vous êtes blanc. Vous n'avez pas plus de difficulté à avoir un emploi si vous êtes blanc.
En revanche, quand on est Noir ou qu'on est Maghrébin, ça a été prouvé, on a plus de difficultés à accéder à un logement ou à un emploi. Donc, il y a deux choses différentes et tout dépend de ce qu'on met derrière le terme de racisme anti-blanc. »
Primaire socialiste : "Je suis communiste, je ne me mêle pas des affaires des autres"
Avez-vous été surpris par la décision judiciaire de renvoi pour meurtre aggravé par des propos portant atteinte à la race blanche ?
« Il y a un principe fondamental dans notre République, c'est la séparation des pouvoirs. En l'occurrence, ça relève du pouvoir judiciaire et il ne me revient pas à moi de contester. Je vous dis, il y a deux choses différentes. Ce qui est vrai, c'est qu'en France, on n'est pas discriminé à l'emploi ou au logement parce qu'on est blanc. En revanche, qu'il y ait des insultes ou qu'il y ait des actes qui puissent cibler des Blancs — en l'occurrence, les juges en ont statué ainsi —, ça oui, ça peut exister et ça mérite condamnation.»
Pour la primaire socialiste, François-Xavier Bellamy a déclaré qu'il voterait Raphaël Glucksmann pour son refus de se soumettre à l'extrême gauche. Pour qui voteriez-vous si vous deviez choisir ?
« D'abord, c'est vraiment le baiser de la mort, je ne suis pas persuadé que ça rende vraiment service à Raphaël Glucksmann, et j'ai le sentiment que quand François-Xavier Bellamy répond, il en est conscient. Je ne répondrai pas la même chose que lui, ça ne vous étonnera pas. Pour le reste, je suis communiste, je ne me mêle pas des affaires des autres. »
"Je ne crois pas aux gauches irréconciliables"
Quel type de Parti socialiste souhaitez-vous voir émerger de cette primaire ?
« En tout cas, moi ce que je souhaite, c'est que le Parti socialiste puisse être un partenaire pour nous les communistes, et ça suppose qu'il soit ancré à gauche. Je ne dirai pas de nom, mais en tout cas je ne souhaite pas que le Parti socialiste retombe dans ses vieux travers et regarde du côté de la Macronie. Ce que je ne voudrais pas, c'est que le Parti socialiste regarde sur sa droite plutôt que de regarder sur sa gauche.
Moi, je ne crois pas aux gauches irréconciliables. Je ne crois pas qu'à gauche il y ait des frontières infranchissables entre nous. À un moment donné, il va bien falloir qu'on travaille tous ensemble. Ça suppose d'avoir y compris au Parti socialiste des gens qui sont prêts à travailler avec tout le monde et pas des gens qui créent des frontières artificielles tous les jours. »
"Fabien Roussel sera candidat jusqu'au bout"
Faut-il recréer une nouvelle union de type NUPES ?
« Non, parce que je ne pense pas qu'à l'époque la recette était bonne, et de fait nous n'avons pas gagné avec la NUPES. Ce qu'il faut surtout, une fois de plus, c'est qu'il y ait plus de gens qui votent à gauche. Et donc en l'occurrence, que le monde du travail revoie dans la gauche des gens qui les défendent. C'est ce que nous essayons de faire avec Fabien Roussel lors de cette élection présidentielle. »
Si Raphaël Glucksmann l'emporte, que ferez-vous ?
« Je soutiendrai Fabien Roussel, mais de toute façon, c'est ce qui se passera quoi qu'il arrive à la primaire socialiste. »
Fabien Roussel ira-t-il jusqu'au bout de sa candidature ?
« Il sera candidat jusqu'au bout. Il est candidat à l'élection présidentielle, il aura les 500 parrainages qui permettent d'être candidat, nous sommes en campagne et c'est mon candidat. »