Gilles Brégant : "C’est interdit de posséder un brouilleur en France"

L'ANFR a dû intervenir pour un brouilleur utilisé par un particulier, ce qui est totalement interdit en France.

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Utiliser et acheter un brouilleur en France est interdit, mais c’est bien ce qu’a fait un habitant de Clermont-Ferrand. (Photo by Damien MEYER / POOL / AFP)

Un habitant de Clermont-Ferrand a installé un brouilleur d’ondes pour empêcher son voisin de se connecter à son réseau wifi. Le réseau mobile en a été perturbé.

"C’est interdit de posséder un brouilleur en France"

"Il avait surtout installé un gros brouilleur, un brouilleur puissant qui, du coup, a perturbé beaucoup de personnes dans l’agglomération", explique Gilles Brégant, directeur général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Il estime qu’environ "un quart" des habitants auraient été impactés avec des perturbations au niveau des communications mobiles.

Si cette personne a déclaré qu’il voulait empêcher son voisin d’utiliser son wifi, pour Gilles Brégant, "c’est un peu excessif". L’appareil "brouille à des kilomètres alors que son voisin habite à 10 mètres". Le directeur de l’ANFR explique qu’il "aurait été préférable qu’il change le code de sa box, c’était beaucoup plus simple". "Surtout, c’est interdit de posséder un brouilleur en France."

Les brouillages sont courants, en France et l’ANFR intervient "à peu près 2.000 fois par an", explique Gilles Brégant. Toutefois, "le brouilleur intentionnel c’est plus rare, parce que justement il faut acheter un brouilleur ce qui est interdit en France". Les brouilleurs sont généralement utilisés pour couvrir des trafics : "c’est quelque chose de pas anodin".

"C’est comme si vous allumiez un immense gyrophare dans votre salle de séjour"

Identifier la source de la perturbation du réseau n’a pas été compliqué pour l’ANFR : "pour nous, un brouilleur, c’est facile". Si pour l’utilisateur il semble que rien ne se passe "car les ondes sont invisibles", Gilles Brégant fait remarquer que pour l’ANFR, "c’est comme si vous allumiez un immense gyrophare dans votre salle de séjour". "Un brouilleur, ça fait un vacarme dans les ondes qui est énorme."

Détecter la présence d’un brouilleur est donc simple : "les premiers qui le voient, c’est évidemment les opérateurs mobiles" qui n’entendent plus rien sur les relais téléphoniques. L’ANFR ensuite a un appareil "qui donne la direction du brouillage et, en quelques instants, on trouve la source".

Utiliser un brouilleur peut entraîner une amende de 450 euros, précise Gilles Brégant, "la confiscation du brouilleurs puis, surtout, des peines pénales". "Le brouilleur peut conduire le juge à prononcer des peines qui vont jusqu’à 30.000 euros et six mois de prison." Lors de l’intervention à Clermont-Ferrand, l’ANFR a été épaulée par la BRI car il y avait "une suspicion de terrorisme ou de trafic". "Quand il y a des brouilleurs comme ceux-ci, il y a souvent des armes aussi."

Gilles Brégant, directeur général de l'Agence nationale des fréquences (ANFR), était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 19 novembre 2021. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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