États Généraux de la justice : "De plus en plus, le greffier n’a plus sa place au sein de l’institution judiciaire"

Les États Généraux de la justice viennent de s’ouvrir. Quel faut-il en attendre ? Jean-Jacques Pieron, délégué régional pour la Bretagne du Syndicat des greffes de France – FO justice, était l’invité de Patrick Roger le 19 octobre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

Que faut-il attendre des États Généraux de la justice ?
Que faut-il attendre des États Généraux de la justice ? (Photo : Pixabay).

Emmanuel Macron a évoqué les lenteurs de la justice lors de l’ouverture des États Généraux de la Justice. Pour autant, on parle peu de la profession de greffier, au cœur des procédures.

États Généraux de la justice : "Depuis des années, on a tendance à oublier le greffier"

"C’est une cheville ouvrière, un garant de la procédure, un personnage important dans les rouages de l’institution judiciaire. Sans lui rien n’est possible, résume Jean-Jacques Pieron, délégué régional pour la Bretagne du Syndicat des greffes de France – FO justice.

Qu’attendent les greffiers de ces États Généraux de la justice ? "Je crois que, depuis un certain nombre d’années, au-delà des annonces budgétaires qui sont faites, on a tendance à oublier le greffier et à diluer sa fonction dans le cadre de recrutements de contractuels, estime-t-il. De plus en plus, le greffe n’a plus sa place au sein de l’institution judiciaire. Sa fonction est diluée. Je ne sais pas si c’est une volonté politique". "Nous attendons de ces États Généraux de la justice que chacun puisse être recentré sur sa mission. Que les greffiers puissent devenir un corps de catégorie A. Au-delà du fait qu’il soit garant de la procédure, le greffier est recruté à bac +2 et diplômé à bac +4. Un certain nombre de greffiers recrutés catégorie B pourraient exercer d’autres missions."

États Généraux de la justice : "Après une quinzaine d’années, nous sommes entre 1.500 et 1.700 euros"

"En amont du tribunal, le greffier a aussi toute une mission préparation, détaille Jean-Jacques Pieron. Une fois le dossier enrôlé juridiquement, comme on dit chez nous, il a une bonne connaissance du fond, même si ce n’est pas son métier. Il est d’une aide très importante, il apporte des éléments au magistrat pour sa prise de décision." S’il fallait revaloriser la fonction de greffier, combien sont-ils payés à l’heure actuelle ? "Après une quinzaine d’années, nous sommes entre 1.500 et 1.700 euros".

"Cela fait des années que les fonctionnaires, et notamment les greffiers, ne disposent pas d’outils pérennes pour travailler correctement et rendre un service public de qualité, précise par ailleurs Jean-Jacques Pieron, délégué régional pour la Bretagne du Syndicat des greffes de France – FO justice. Je ne vous parle même pas de Cassiopée, qui est un logiciel au niveau du pénal qui dysfonctionne à longueur d’année. Cela ralentit un certain nombre de choses, dont les procédures. Nous ne sommes pas à l’âge de pierre, mais nous avons des années de retard."

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