Albi : 3 mois avec sursis requis contre la buraliste ayant refusé de servir des femmes voilées

Trois mois de prison avec sursis et 3 000 € d'amende ont été requis ce jeudi par le tribunal d'Albi (Tarn) contre la buraliste ayant refusé de servir des femmes voilées.

Albi : 3 mois de prison avec sursis et 3 000 € d'amende requis contre la buraliste ayant refusé de servir des femmes voilées

C'est aujourd'hui que s'est ouvert à Albi (Tarn) le procès d'une buraliste, poursuivie pour avoir refusé de servir 4 femmes voilées

Les faits remontent au 13 avril dernier. Ce jour-là, une jeune mère de famille vêtue d'un jilbab - longue robe dissimulant l'ensemble du corps à l'exception des mains et du visage - se rend dans un bureau de tabac d'Albi (Tarn) afin d'y retirer un colis. C'est alors que la buraliste - aujourd'hui dans le box des accusés - refuse de lui remettre le paquet, au prétexte que la jeune femme doit se découvrir pour des raisons de sécurité. Dans l'établissement se trouve en effet un panneau indiquant que "le port du casque ou d'une capuche, ainsi que toute tenue pouvant dissimuler l'identité" est strictement interdit.

Après plusieurs minutes de discussion où elle lui explique tant bien que mal que son jilbab n'est pas un voile intégral et que son visage est visible, la cliente repart sans son colis et décide de porter plainte dans la foulée pour "discrimination en raison de la religion et refus d'un bien ou d'un service dans un lieu accueillant du public ou pour en interdire l'accès". Elle reçoit très vite le soutien du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).

Arrêtée puis placée en garde à vue une semaine après les faits, la buraliste est donc jugée à compter d'aujourdhui pour cette affaire, mais aussi trois plaintes antérieures pour le même motif qui ont été déposées en 2015, 2016 et 2017 par 3 autres plaignantes de confession musulmane. À l'issue du réquisitoire, le procureur a réclamé 3 mois de prison avec sursis contre cette buraliste, assortie d'une peine de 3 000 euros d'amende pour discrimination. Notons que la Licra et le Mrap se sont constitués parties civiles.