Affaire Sarkozy : "Ziad Takieddine laisse toujours des traces"

Maître Olivier Morice, avocat pénaliste, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 12 novembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Ziad Takieddine à Paris le 7 octobre 2019 (Bertrand GUAY - AFP/Archives)

Dans l’affaire des financements lybiens de la campagne présidentielle de 2007, Ziad Takieddine, témoin-clé dans cette affaire, dédouane Nicolas Sarkozy et accuse désormais les juges.

 

Un personnage sulfureux

"Les familles des victimes assassinées à Karachi que je représente sont furieuses, déclare Maître Olivier Morice, avocat pénaliste. Elles ne comprennent pas que la justice française n’ait pas pris toutes les précautions pour empêcher Ziad Takieddine de s’enfuir." En effet, il n’y a pas d’extradition avec le Liban. Serait-il à bout, ce qui expliquerait ses revirements ? "D'abord il s'est enfui car, dans l’affaire Karachi, il y aurait un mandat de dépôt contre lui et il irait en prison. Il essaie de renégocier sa stratégie de défense avec tel ou tel homme politique. La justice ne s’est pas laissée tromper par ce diffamateur public, quand elle l’a condamné à cinq ans de prison ferme."

"C’est un personnage sulfureux, un intermédiaire qui a servi un certain nombre de politiques français de 1995 à 2015. C’est un homme qui invitait chez lui ou sur son yacht tout le Gotha parisien. On y apercevait messieurs Hortefeux et Copé. Il a fait en sorte de tromper un certains nombre d’hommes politiques tout en les compromettant. Dans l’affaire de Karachi, même s’il est encore revenu sur ses déclarations, Thierry Gaubert et Renaud Donnedieu de Vabres ont été condamnés à de fortes peines et messieurs Léotard et Balladur ont été renvoyés devant la Cour de Justice de la République."

 

Les familles demanderont des comptes

"À la place de Nicolas Sarkozy, je ne me réjouirais pas trop vite, car Ziad Takieddine laisse toujours des traces de financement corrompus et de retours illicites de ce financement. Nos mœurs politiques à cette époque et pendant longtemps étaient extrêmement critiquables. Comment a-t-on pu laisser un homme de cette nature, un diffamateur terrible, avoir portes ouvertes à l’Elysée ou au ministère de La Défense ?"

Le procès en appel de l’affaire de Karachi aura lieu l’année prochaine. "Je ne serais pas rassuré si j’étais Nicolas Sarkozy, estime maître Olivier Morice. Monsieur Balladur est envoyé devant la Cour de Justice de la République alors que Ziad Takieddine a tenté de le dédouaner." Comment la justice peut-elle s’appuyer sur un tel personnage, que l’on le surnomme même "zig zag "? "La justice se fait une opinion car il y a d’autres éléments pour se forger une opinion sur la corruption d’un certain nombre d’hommes politiques français. Je vous rappelle que Nicolas Bazire, le n°2 de LVMH, a été condamné à une peine de prison extrêmement lourde, même si Monsieur Takieddine l’a mis hors de cause devant le tribunal correctionnel. Les familles n’en resteront pas là et engageront des procédures pour demander des comptes sur le fait de l’avoir laissé s ‘enfuir."

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