Affaire Sarah Halimi : "c’est un déni de justice"

Dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, la Cour de cassation a confirmé l’irresponsabilité pénale du tueur, Kobili Traoré. Muriel Ouaknine-Melki, avocat pénaliste, avocate du frère de Sarah Halimi, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 15 avril. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

"Quasiment aucun acte d’enquête"

Dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, le meurtrier ne sera pas jugé, mais interné d’office, car il aurait été pris d’une bouffée délirante aigüe au moment des faits. Une prise excessive de cannabis aurait amplifié son délire. Les familles sont en colère. Peut-on parler de justice, d’application de la loi ? "Selon moi et les avocats qui travaillent à mes côtés, nous considérons que c’est un déni de justice", estime Muriel Ouaknine-Melki, avocat pénaliste, avocate du frère de Sarah Halimi.

"Depuis maintenant quatre ans, nous nous sommes battus pour ce dossier. Les juges d’instruction ne se sont polarisés que sur la responsabilité pénale pour troubles psychiques. Finalement, ils n’ont réalisé quasiment aucun acte d’enquête, aucune investigation. La seule question importante à trancher de cette affaire était de savoir si l’accusé était sous le coup d’une bouffée délirante aigüe ou pas, et quelles en étaient les causes."

"Rien à faire dans un hôpital psychiatrique"

"Tous les actes d’investigations ont été refusés, il n’y a finalement pas eu d’enquête dans cette affaire, estime Muriel Ouaknine-Melki. Aujourd’hui nous considérons que la famille de Sarah n’a pas pu avoir d’accès à la vérité, que cette décision est un déni de justice. Comme nous le rencontrons hélas régulièrement dans les affaires liées à l’antisémitisme."

"La reconstitution criminelle a été refusée, les investigations sur son téléphone portable, ses messages, les sites Internet consultés… Cette fameuse bouffée délirante est apparue au moment des faits. Avant, il était totalement lucide, après aussi, juge l’avocate. Il n’a rien à faire dans un hôpital psychiatrique. Aucun ne le gardera. C’est une question de quelques mois, quelques semaines peut-être, avant qu’il ne soit remis en liberté." Envisage-t-elle de porter l’affaire devant la CEDH ? "Ce fameux droit au procès, prévu par notre pacte social, n’a pas été respecté. La Convention européenne des droits de l’homme donne ce droit à tous les citoyens européens. Il faut voir si ce droit a été respecté par la justice en France."

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