Affaire Monguillot : pas d’assises pour les deux accusés

Dans l'affaire Monguillot, les deux accusés sont renvoyés devant une cour criminelle et non devant les assises. Sa veuve exprime sa colère.

La veuve de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus mortellement agressé à Bayonne en 2020, est en colère.

Une cour criminelle et non les assises

Comment a-t-elle pris cette décision des juges de ne pas avoir un procès d'assises ? "Comme un coup de tonnerre, une gifle monumentale, confie Véronique Monguillot, veuve de Philippe Monguillot. On ne s’attendait pas du tout à cela. En fait, on nous a achevé un peu plus. On l’a appris mardi soir, nous n'avons pas trop réalisé sur le moment. Nous en avons vraiment pris conscience hier matin en voyant les journaux. Franchement, on ne comprend pas. Je n’ai pas de mots. C’est une injustice."

Les deux accusés sont renvoyés devant une cour criminelle et non devant les assises. Leur peine maximale sera donc moins importante. "Nous étions confiants par rapport à tout ce qui s’est passé durant l’instruction. Une cour criminelle, ce n’est pas la même chose. On sort du jury populaire, de personnes comme vous et moi choquées par ce qui s’est passé. On ne peut pas juger ce drame comme cela."

 

Affaire Monguillot : "Une violence extrême"

La requalification des faits ne parle plus des violences volontaires avec intention de donner la mort. "Je réponds que c’est faux, affirme Véronique Monguillot, veuve de Philippe Monguillot. Le 6 juillet 2020, le procureur de Bayonne a donné une conférence de presse. Il a prononcé les mots "violence extrême". Extrême, c’est un mot très fort. Les témoignages ont démontré que c’était des bêtes féroces qui se sont acharnés sur mon époux, et je le maintiens."

Comment perçoit-elle la justice dans ce pays ? "Il y a un malaise dans la justice. Il n'y a pas de moyens, beaucoup de choses ne sont pas normales. Automatiquement, des peines ne sont pas à la hauteur des faits. Il faudrait que la justice soit exemplaire." Avec le parquet, Véronique Monguillot va faire appel de cette requalification. "C’est notre dernière carte. Ce que l’on demande avec nos filles, c’est que l’appel se fasse le mieux possible, que le dossier soit bien étudié. J’ai peu d’espoir, mais je veux m'accrocher à cela."

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