Pagaille à Montparnasse : "Une panne inédite dans le système ferroviaire français"

Gare Montparnasse, à Paris

Alors que la gare de Montparnasse a de nouveau vu son trafic complètement interrompu pendant de longues heures ce week-end, après un précédent couac datant du mois d’août, Gilles Dansart, journaliste spécialiste des transports à Mobilettre.com, était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce lundi pour évoquer les circonstances de l’incident.

C’est un dimanche particulièrement pénible qu’ont vécu des milliers d’usagers de la SNCF ces dernières heures, avec un trafic ferroviaire totalement interrompu au départ et à l’arrivée de la gare Montparnasse. En cause, une immense panne informatique qui a paralysé toute la gare du sud parisien, qui dessert notamment l’ouest et le sud-ouest de la France. Journaliste spécialiste des transports à Mobilettre.com, Gilles Dansart était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce lundi pour en parler.

"Il y a encore un peu de flou sur la cause exacte"

"C’est à nouveau une panne inédite, qui ne ressemble pas du tout au cafouillage du mois d’août, qui était, lui, dû à une panne qu’on avait eu du mal à identifier (une gaine mal isolée). Ce coup-ci, c’est un bug, qui peut vous arriver à vous ou à moi sur nos ordinateurs. C’est d’autant moins compréhensible que normalement, la sécurité et les dispositifs ferroviaires sont censés être garantis 100% du temps", indique-t-il. Alors que l’incident serait dû à une perte de commande à distance des installations de sécurité de la gare, Gilles Dansart se veut encore prudent. "Ce n’est pas encore complètement établi, il y a un peu de flou sur la cause exacte. Ce qui est certain, c’est qu’il y a eu un défaut de maîtrise au moment de la relance d’un nouveau système conçu pour augmenter le nombre de TGV par heure. C’est assez paradoxal : on a insisté pour qu’il y ait plus de TGV par heure, et ça plante au moment de la mise en place du système de signalisation... Plus rien ne pouvait circuler parce que toutes les conditions de sécurité n’étaient pas remplies. Ce genre de panne est quand même assez inédit dans le système ferroviaire français", explique-t-il.

Selon lui, la SNCF a été prise de court par ce bug alors même qu’elle avait pris certaines précautions. "La SNCF avait cherché à sécuriser cette mise en place depuis la veille au soir. Les trains avaient été détournés justement pour mettre en place ce nouveau système. C’est au moment de le relancer en temps réel que ça a planté. Ils ont donc été eux-mêmes surpris de cette défaillance. Encore une fois, c’est assez inquiétant puisque que normalement les systèmes ferroviaires ne sont pas faits pour être aussi vulnérables que votre ordinateur ou le mien", martèle-t-il.

"Il n’y a pas eu la même pagaille qu’au mois d’août"

Face à cette situation d’urgence, les autorités ferroviaires ont pris la décision radicale de fermer temporairement toute la gare. Gilles Dansart y voit une forme de leçon retenue de la cacophonie du mois d’août dernier. "Ce n’est pas tant pour éviter les accidents, c’est juste qu’ils ont tenu compte de ce qu’il s’est passé en août avec une grande pagaille d’informations. Ils ont pris une mesure simple à comprendre pour les usagers : on ferme Montparnasse jusqu’au soir, et les trains arriveront et partiront d’Austerlitz. C’est une façon de tenir compte des avertissements de la ministre au mois d’août dernier, qui avait dit qu’on ne pouvait pas entretenir les gens dans une telle confusion d’informations. Là, au moins c’était clair. Ça a évidemment occasionné de grosses perturbations pour les gens, mais au moins il n’y a pas eu la pagaille du mois d’août, même s’il y a eu des lacunes en informations. Ça a été un peu mieux géré", assure-t-il.

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