Nouveaux affrontements à Nantes : "J'ai eu la peur de ma vie"

Les affrontements continuent dans le quartier du Breil
Les affrontements continuent dans le quartier du Breil SEBASTIEN SALOM GOMIS / AFP

Reportage Sud Radio. C’est la deuxième nuit de violences qui a eu lieu hier à Nantes après la mort d’un jeune homme de 22 ans tué par la police. Les habitants se réveillent encore une fois choqués du paysage qui s’offre à eux.

Des véhicules sont brûlés et des bâtiments sont incendiés. À Nantes ce matin, dans le quartier du Breil, les habitants n’en reviennent toujours pas. La cause de ces dégradations ? Mardi soir, un jeune homme de 22 ans a été abattu par un policier lors d’un contrôle. Les gardiens de la paix arguent sur la légitime défense mais cette version est contestée par certains témoins. Depuis ce tragique événement, le quartier s’embrase à la nuit tombée.

Hier, plusieurs habitants se sont rassemblés devant le lieu où le jeune homme s’est fait tirer dessus et beaucoup sont en colère. C’est le cas de Maïmouna qui témoigne : "Tout le monde est en colère. Je comprends très bien cette rage. Ça aurait pu être nos enfants, nos frères… Pour moi c’est une exécution". Elle qui habite le quartier depuis 12 ans affirme n’avoir jamais rien vu de tel et soutenir pleinement la colère des jeunes. Josiane de son côté est plus mitigée, elle vit là-bas depuis 60 ans et connaît tout les jeunes du quartier. Pour elle, la colère est légitime mais elle ne soutient pas les dégradations commises : "Ils ont brûlé le centre médical et ce n’est pas bien. Je suis allée leur dire que ce n’était pas une bonne chose. Il ne faut pas que ça continue comme ça".

En fin d’après-midi toujours dans la même journée, de nouveaux affrontements ont eu lieu. Cette fois, c’est une réunion à la maison de quartier qui a mal tourné. La situation s’est brusquement tendue entre les jeunes et la police. Yasmina, présidente d’une association qui a pour but de créer du lien social et améliorer les conditions de vie de la cité, se confie : "J’ai eu la peur de ma vie. Des voitures ont commencé à s’embraser, un journaliste a pris un coup… On nous a demandé de rester confinés à l’intérieur de la maison de quartier. On était une cinquantaine et certains ont fait des malaises, d’autres pleuraient… On entendait des détonations et on voyait tout ce qu’il se passait dehors". La devanture de la maison de quartier a été caillassée et Yasmina a été contrainte de fermer le lieu par sécurité. Elle, qui souhaitait se battre pour son quartier, avoue aujourd’hui ne plus savoir si elle aura le courage de continuer à le faire.

Une marche blanche aura lieu ce soir dans le quartier du Breil pour que les habitants puissent manifester leur indignation mais cette fois, dans le calme.

Propos recueillis par Martin Juret

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio