À l’heure où les forces de l’ordre ont investi depuis ce matin le site de Notre-Dame-des-Landes pour une expulsion ciblée des zadistes, l’un d’entre eux témoigne de la situation au micro de Sud Radio.

Plus de 2 500 policiers et gendarmes sont mobilisés depuis cette nuit sur le site de Notre-Dame-des-Landes pour une "expulsion ciblée" selon les termes des services de l’État. Alors que des affrontements ont d’ores et déjà eu lieu ce matin entre forces de l’ordre et occupants de la ZAD, Sébastien*, l’un d’entre eux, témoigne au micro de Sud Radio.

"Il y a un énorme dispositif de police sur place, avec la gendarmerie militaire, des camions bâchés, des blindés… Il sont pris position tout le long de la route départementale D280, qui est remplie de fourgons de gendarmerie standard. Ils ont posé une grille anti-émeutes sur la route dite des "Fosses noires", ils gazent, ils tirent des grenades, ils essayent de disperser les gens qui les empêchent d’avancer. J’entends les sommations de loin, on est dans un nuage de gaz assez irrespirable depuis plusieurs heures", décrit-il.

"Une ambiance d’oppression et de violence policière"

"Ils ont commencé à expulser des gens, on sait qu’ils ont mis des tracto-pelles et que des huissiers sont là pour prononcer les expulsions, mais pour l’instant on ne sait pas s’ils sont déjà entrés en jeu. (…) Ils sont sur le terrain de plusieurs lieux de cabanes, plusieurs interpellations ont eu lieu et il y a eu des blessés avec les grenades de désencerclement et les grenades assourdissantes. Ils ont pris possession des lieux pour l’instant, et un incendie a été déclaré dans l’un des lieux de vie", ajoute-t-il.

Sébastien confie par ailleurs être dans une situation précaire actuellement. "Ils sont aux portes de chez moi. Du monde est là mais il y a besoin de renforts massifs et d’un soutien de tout type. Il pleut des grenades lacrymos au-dessus de ma tête, c’est une ambiance d’oppression et de violence policière, même si les gens sont plutôt calmes autour de moi", explique-t-il.

*Le prénom a été changé

Propos recueillis par Félix Mathieu

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