Dans l'Aude, un double meurtre soulève le problème du trafic de drogue dans les petits villages

Tués avec un fusil de chasse pour une dette liée à la drogue. C’est la thèse qui se dessine dans l’enquête sur la mort de Gabriel et Julien, ces deux Audois de 25 et 26 ans dont les corps ont été retrouvés enterrés sous le terrain de deux frères dans les Alpes de Haute-Provence, à Revest-du-Bion. Julien Boulmil aurait voulu récupérer de l’argent que les deux hommes lui devaient en lien avec de la drogue. Dans le village, ces larrons étaient connus pour ne pas être des enfants de choeur.

Un reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

Le ballet incessant des voitures de gendarmes est enfin terminé. Le petit village de Revest-du-Bion a retrouvé son calme. Dans des rues quasi désertes, un mistral vient rappeler aux 570 habitants une nouvelle glaciale, celle du double meurtre de jeunes Audois de 25 et 26 ans. Au-delà du drame, les questions. Celles de ce petit village du Luberon qui a beau être isolé, à côté du Mont Ventoux, mais qui n’échapperait pas aux petits trafics de drogue.

Une des habitantes n'en revient pas. "C'est sûr que tout le monde a été surpris". "Il n'arrive jamais rien ici d'aussi spécial" prolonge une voisine de la première citée.

Dans un tel microcosme, les nouvelles vont bon train, en attestent les propos de cet homme de 70 ans : "je crois qu'ils se sont disputés pour une histoire d'argent et de drogue".

"La drogue est partout, dans les moindres recoins, dans les petits villages. J'ai fait les vendanges l'an dernier, on était 40 dans les vignes et quand on rentrait, il y en avait 30 qui fumaient." témoigne ce villageois qui connaissait les agissements de certains.

Les deux frères suspectés d'avoir tués les victimes, vivaient avec leur mère dans une villa un peu à l’écart. Le maire de Revest-du-Bion, Raymond le Moign, n'est pas surpris de voir qu'ils étaient dans le collimateur de la police

Le maire est clair, ils semblent être sur la bonne piste. "Les suspicions sont là, les gendarmes ont surtout enquêté autour de cette maison. Disons que les suspects cultivaient des "herbes de Provence" interdites... Ils étaient réputés pour faire ce genre de trafics".

Des parents avaient d’ailleurs signalé ces problèmes de drogue à la gendarmerie, bien avant que les deux jeunes ne soient tués. Ce qui pose une nouvelle fois la question des témoignages laissés dans le vent.