Air France : début du procès en appel pour l'affaire de la "chemise arrachée"

Procès en appel de l'affaire de la "chemise arrachée" lors d'un comité central d'entreprise Air France ©KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Ce lundi débute le procès en appel de douze salariés d'Air France, poursuivis pour des faits de violence et de dégradations, après l'affaire de la "chemise arrachée" de deux cadres de la compagnie aérienne lors d'un comité central d'entreprise à l'automne 2015.

L'affaire de la "chemise arrachée" de nouveau devant la justice. Les images de ces deux cadres d'Air France, fuyant avec des chemises arrachées, avaient fait le tour du monde à l'automne 2015. Depuis lundi, douze salariés et ex-salariés de la compagnie aérienne sont jugés en appel, et ce jusqu'au 20 mars. Ils sont poursuivis pour des faits de violence et de dégradations.

En première instance, trois d'entre eux avaient été condamnés à 3 et 4 mois de prison avec sursis. Un quatrième avait été relaxé, mais le parquet avait fait appel. Les autres avaient écopé d'amendes de 500 euros pour dégradations. Tous sont donc de retour devant les juges.

Pour l'avocat d'Air France, Me Baudouin de Moucheron, la compagnie est toujours aussi ferme et maintient sa volonté de sanctionner ses salariés et ex-salariés : "Le jugement de première instance était un jugement mesuré. Les prévenus qui ont été condamnés n'ont pas eu ce jugement n'ont pas eu cette vision et ont choisi de faire appel. Nous irons donc devant la cour pour redire, au nom de la compagnie, combien nous condamnons le type de violences qui s'est manifesté lors de cette fameuse réunion du comité central d'entreprise. Autant vous dire que notre discours sera le même, même si nous aurions préféré ne pas avoir à le tenir."

De leur côté, les avocats des salariés, comme Me Sofiane Hakiki, entendent dénoncer un dossier "totalement monté à charge" et espèrent obtenir l'acquittement de leurs clients : "Cette fois, nous espérons que la cour rendra une décision fondée en droit. Comme vous l'avez vu en première instance, il n'y a aucune preuve, il n'y a rien. On va regarder les vidéos pendant deux semaines et on verra en réalité une foule qui s'avance vers des personnes, mais il est impossible de déterminer qui a fait quoi à partir de ces vidéos. On a pris des personnes au hasard. Ce dossier, c'est vraiment le dossier du vide."

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, aurait préféré une discussion au sein de l'entreprise plutôt qu'un procès au tribunal et dénonce un acharnement contre les syndiqués CGT : "Avant, les conflits du travail se réglaient dans le bureau du DRH. Maintenant, on commence à essayer de régler les conflits d'abord chez le juge et après chez le DRH. Forcément, c'est volonté de présenter les militants syndicaux comme des militants, c'est proprement scandaleux."

Propos recueillis par Juliette de Noyelle pour Sud Radio

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