Retranscription des premières minutes :
- La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
- Il est 13h30 sur Sud Radio, bienvenue dans Parlons Femmes, l'émission qui célèbre les femmes qui osent tout simplement, très heureuse de vous retrouver.
- Nathalie Sonnac est professeure en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris-Panthéon-Assas, spécialiste de l'économie des médias et ancienne membre du CSA, quel pédigré ! Bienvenue Nathalie ! Merci beaucoup, avec plaisir.
- Alors vous nous venez avec votre dernier ouvrage, Qui veut la peau de l'audiovisuel public, c'est tout juste publié aux éditions de l'Observatoire et ça va y aller hein ? Ça y va.
- Ça y va, c'est parti, Parlons Femmes.
- Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
- Alors Parlons Femmes vous pose des questions, Nathalie, la première, quelle femme vous inspire une force radicale ? Je crois vraiment Gisèle Halimi.
- Ah oui ? Ah oui.
- Son combat, la liberté, la défense des droits des femmes évidemment, une très grande avancée sur le plan de la justice.
- Oui, c'est une grande avancée.
- Une grande, grande femme.
- Et puis dans l'époque où elle était, où c'était vraiment pas simple quoi.
- Non, c'était pas simple, elle s'est vraiment battue et les résultats sont assez extraordinaires et on continue en fait de s'appuyer, d'avancer grâce à elle.
- Bien sûr.
- C'est vrai qu'on a tendance à plutôt citer Simone Veil d'habitude.
- Oui, c'est évidemment celle à laquelle je pensais naturellement.
- Mais le moteur dans tout ça, ne serait-ce pas un peu Madame Halimi ? En tout cas, tout compte et les deux comptent vraiment.
- Trop ambitieuse, trop visible, trop directe, vous l'avez entendu ça Nathalie ? Peut-être trop directe.
- Dans mon jeune temps.
- Pourquoi vous avez changé depuis ? Peut-être maintenant.
- Non, pas vraiment.
- Est-ce que c'est pas ce trop qu'on dit aux femmes toujours en général ? Vous êtes trop dès qu'on est un peu autrement ? Oui, oui, moi on m'avait déjà dit mais qu'est-ce que tu veux de plus ? Et je crois avoir répondu tout plus.
- Si vous pouviez offrir un super pouvoir à toutes les femmes de la planète, qu'est-ce que vous leur offririez ? Certainement la confiance.
- C'est peut-être...
- Ce dont, en tout cas moi, j'ai le plus manqué et qui continue toujours de me manquer ou en tout cas sur lequel vraiment j'essaye de m'appuyer.
- Je cache bien mon jeu.
- Est-ce que finalement, c'est pas quand on est un peu timide et tout ça qu'on doit forcer le trait et qu'on va peut-être plus loin parfois aussi ? Oui, mais c'est aussi, je pense, culturel, dépend aussi de là où on a été élevé, le milieu dans lequel on a été élevé et puis ensuite dans le milieu dans lequel on grandit ou on essaye d'évoluer.
- Et ça prend du temps.
- En tout cas, moi, ça m'a pris beaucoup de temps.
- Bien sûr.
- Alors, votre livre, que je rappelle, qui veut la peau de l'audiovisuel public, c'est sorti à l'Observatoire.
- Vous y décryptez les attaques politiques, économiques, idéologiques qui visent le service public audiovisuel français.
- À partir de cette récente polémique médiatique avec les journalistes Thomas Legrand, Patrick Cohen, qui est devenu aussi une affaire d'État.
- Et puis, vous poussez un peu le trait en disant que c'est vraiment le symptôme d'une fragilisation plus profonde du service public audiovisuel.
- Et du coup, une polarisation.
- Une polarisation du débat public, en fait.
- Donc, en fait, grosso modo, si on vous écoute, les journalistes peuvent plus difficilement faire leur travail aussi.
- En tout cas, nous sommes depuis plusieurs années dans un espace public au sens général du terme qui est totalement déstabilisé.
- Déstabilisé parce qu'on a de nouveaux usages, parce qu'aujourd'hui, on s'informe majoritairement sur les réseaux sociaux, via notre téléphone portable.
- On passe d'une information à une autre.
- Il y a une très grande déstabilisation de cet espace public.
- On est quand même dans une crise internationale.
- C'est un peu bateau de le dire comme ça.
- Mais néanmoins, ça participe d'un contexte de grande déstabilisation, de mise en risque aussi de la part des journalistes, une crise institutionnelle, des médias, des politiques en général.
- Tout ça, tout de même, aggloméré, conduit...
Transcription générée par IA