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Le référendum d'indépendance en Catalogne et l'image désastreuse donnée par Madrid

Des policiers qui arrachent des urnes des mains des citoyens, qui tirent à balles en caoutchouc sur des gens qui sont venus participer à un vote, l'image est calamiteuse.

Dès le matin, des heurts ont éclaté. Les observateurs ont raconté la prise d'assaut des bureaux de vote par les autorités espagnoles. Des policiers qui arrachent des urnes des mains de citoyens, qui tirent à balles en caoutchouc sur des gens qui sont venus participer à un vote, l'image est calamiteuse.

C'est exactement ce qu'espéraient les indépendantistes. L'image d'un État démocratique qui fait tirer sur des citoyens rassemblés pour un vote, c'est épouvantable.

Le résultat du référendum est impossible à déterminer parce que certaines municipalités avaient refusé de participer et certains citoyens ont été empêchés. Ce résultat compte moins que cette image qui disqualifie le gouvernement de Madrid et peut amener certains à soutenir les indépendantistes, malgré leur radicalité.

On a laissé l'Ecosse faire son référendum, le Québec aussi.

La Catalogne qui ne veut plus payer pour le Sud, on nous dit que ce n'est pas bien. C'est vrai.

Mais quand la Slovaquie ne voulait plus payer pour la République Tchèque, on n'a rien dit. Et la Croatie, qui s'est détachée de la Serbie ? On a même bombardé Belgrade pour l'indépendance du Kosovo, qui était le cœur historique de la Serbie et qui est devenu un État mafieux, qui a chassé tous les Serbes encore présents.

Là, comme c'est l'Espagne, on ne veut pas. Sauf qu'il est trop tard.

Un peuple est une prophétie auto-réalisatrice. Si les gens pensent qu'ils constituent un peuple, alors ce peuple se met à exister. Et s'il existe, il a droit à l'autodétermination.

Il aurait fallu empêcher ça avant, empêcher le parti populaire d'envenimer la situation, lâcher un peu de lest sur l'autonomie. Un Etat ne peut pas exister sans un minimum de solidarité qui fait que les territoires riches acceptent la redistribution pour aider les territoires pauvres. Si on n'y prête pas attention, les uns ne se sentent plus de destin commun avec les autres et la redistribution apparaît comme un abus, un assistanat. On ne peut pas avoir fragilisé les Etats-nations pendant des décennies, avec le libéralisme, et ne pas en accepter les conséquences.

Maintenant, il faut préparer la suite le plus pacifiquement possible.

Écoutez la chronique de Natacha Polony dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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