Véronique Prudhomme : "46% des bénéficiaires de l'AME sont en France depuis moins d'un an."

Véronique Prudhomme, chargée pendant onze ans de la facturation des soins à la direction financière d’un hôpital public, auteure de « La Vérité sur l’AME » (aux éditions Viasocial) était l’invitée d’André Bercoff, vendredi 25 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Véronique Prudhomme, invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

L'Aide médicale d'État est très régulièrement critiquée par les élus, tant sur son principe que sur les coûts qu'elle entraîne. Mais que se cache-t-il réellement derrière ce dispositif censé permettre aux irréguliers de pouvoir se soigner en France ?

Trois critères pour obtenir la PMA

En 2019, l'État a consacré 943,9 millions d'euros dans le dispositif de l'Aide médicale d'État (AME). Une dépense non-maîtrisée et inflationniste par essence qui permet de soigner les patients en situation irrégulière. Pour bénéficier de l'AME, le patient doit justifier d'au moins trois mois de présence sur le territoire français en tant qu'irrégulier. Soit à travers un visa touristique pour un court séjour, ou alors pour un clandestin.

Pour bénéficier de l'AME, trois conditions sont requises : "être illégal sur le territoire, avoir une adresse d'hébergement et une attestation de ressource sur les douze derniers mois", énumère Véronique Prudhomme. Mais un simple papier déclaratif pour chaque critère suffit à justifier une demande de l'aide. Et même si le passeport est déclaré "perdu", une simple attestation suffit pour le remplacer dans le formulaire de demande.

Un réseau organisé

Peut-on dire que des étrangers viennent en France dans le seul but de se faire soigner ? Pas seulement. "On pense que le patient vient en ayant conscience de l'AME, ce n'est pas toujours le cas", rectifie l'auteur. "Ils n'arrivent pas forcément sur le territoire avec l'envie de se faire soigner", précise-t-elle. Certains peuvent se retrouver malade durant un séjour de court durée, "d'autres ne se préoccupent même pas de savoir s'ils sont pris en charge par l'AME, la sécurité sociale, etc."

Et le circuit est classique. Le patient rentre aux urgences, ce qui permet d'avoir la gratuité des soins et est ensuite guidé par des "interprètes", souvent constitués en "petits réseaux organisés individuellement". Le patient le contacte et il s'occupe de toutes les démarches, jusqu'à louer des résidences. Aujourd'hui, on estime que 46% des bénéficiaires sont en France depuis moins d'un an.  

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