Le service public est-il vraiment prêt à télétravailler ?

Face à l'épidémie de Covid-19, le télétravail prend son essor. Peut-on parler d’une révolution inachevée à ce sujet dans le secteur public ?

télétravail secteur public
Le télétravail peut-il se généraliser dans le secteur public ? (AFP)

Face à la dernière vague de Covid-19, le gouvernement a appelé à revenir massivement au télétravail. La fonction publique aurait-elle un peu de mal à montrer l’exemple en la matière ?

Un dispositif de télétravail encore mal connu des agents

"Nous avons voulu faire avec l’aide d’IPSOS une enquête approfondie afin de mesurer comment le télétravail était engagé dans le secteur public, explique Antoine Duboscq, président-fondateur de WIMI, éditeur de logiciel français et leader d’outils collaboratifs. Nous avons observé qu’il existait des différences importantes entre privé et public. Des retards en termes d’équipements, mais aussi en termes de taux d’accès au télétravail."

"C’est très paradoxal, estime-t-il, car le gouvernement a mis en place un dispositif très favorable l’été dernier. Mais il est encore mal connu d’une majorité des agents." Pourtant, "ils y sont très favorables. 42% sont déjà engagés dans le télétravail à des degrés divers. 70% souhaiteraient être impliqués dans ce nouveau mode de travail."

Le secteur public en avance sur la protection des données

Quels sont les principaux freins à la généralisation du télétravail dans le secteur public ? "Le premier frein est culturel, juge Antoine Duboscq, président-fondateur de WIMI. À cela s’ajoutent des freins d’équipement. Ainsi, dans la fonction publique hospitalière, 70% pensent ne pas disposer des équipements adéquats. Enfin, 20% pointent des moyens financiers. Un sujet que l’on retrouve moins dans le secteur privé. Paradoxalement, le système hospitalier a été très sollicité depuis bientôt deux ans, et c’est lui qui indique souffrir le plus de ces questions."

Autre enjeu important : la protection des données. En termes de prise de conscience,"le secteur public est en avance, estime Antoine Duboscq. Les deux tiers se disent conscients d’être concernés par les risques de cyber criminalité. À l’inverse, le secteur privé est en retard sur ce sujet.  Il y existe une certaine naïveté quant aux menaces pouvant peser sur les données. Les personnels du secteur public sont plus sensibles à ces risques."

Antoine Duboscq, président-fondateur de WIMI, éditeur de logiciel français et leader d’outils collaboratifs, était interviewé dans "Sud Radio vous explique" sur Sud Radio le 14 décembre 2021. "Sud Radio vous explique" est diffusée tous les jours à 7h45 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Benjamin Glaise.

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