Prix de l'électricité : pour Bernard Accoyer, les Français payent l'abandon du nucléaire

Depuis une dizaine d'années, la France a sabordé sa propre énergie nucléaire. Bernard Accoyer, ancien président de l'Assemblé nationale, était l'invité de "Bercoff dans tous ses états".

Bernard Accoyer
Bernard Accoyer, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Les prix de l’électricité ne cessent de flamber en France. Dans un tel contexte, où en est le nucléaire français ? Qu’en a fait l’État ? Pour en parler, Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale, était l’invité de "Bercoff dans tous ses états" pour son livre Une affaire d’État – Le sabordage du nucléaire français (éd. Hugo Doc), co-écrit avec Chantal Didier.

La hausse des prix de l'électricité

Les Français l’ont bien remarqué. Cela fait des mois que les prix de l’électricité flambent. Et les consommateurs voient leur pouvoir d’achat s’envoler. De son côté, le gouvernement tente, comme il le peut, de contenir la hausse des tarifs en prenant à son compte une partie de l’inflation. Comment en est-on arrivé là ? La situation du nucléaire français y est-elle pour quelque chose ?

Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, co-auteur du livre Une affaire d’État – Le sabordage du nucléaire français, le nucléaire garantissait pourtant, au départ, une électricité bon marché pour tous les Français. Mais au fil des ans, la mouvance anti-nucléaire a mis à mal une filière énergétique synonyme de bien-être, de compétitivité économique, mais aussi d’indépendance nationale.

Comment la France en est arrivée là

"J’ai essayé de comprendre comment la France, qui était un pays exemplaire pour son système électrique, en était arrivée là. Nous avons été informés qu’il pouvait y avoir cet hiver des coupures de courant. Et il n’a échappé à personne que l’explosion du prix de l’électricité était devenue un problème majeur pour les ménages et l’activité économique", explique-t-il au micro de Sud Radio.

Fort de plusieurs années d’observation, il livre aujourd’hui une analyse implacable. "L’ouverture du marché de l’électricité fait que le prix payé par les Français, relève de ce qui se passe en Europe. Par ailleurs, nous manquons d’électricité en France car nous n’avons pas prévu l’avenir avec l’attention, la rigueur et l’objectivité qu’il aura fallu, mais plutôt avec des préjugés et un comportement dogmatique qui souhaitaient surtout s’opposer au nucléaire en développant de manière systématique les énergies renouvelables", ajoute-t-il.

La responsabilité de la mouvance anti-nucléaire dans la situation actuelle

La situation actuelle s’est instaurée progressivement, en expliquant depuis "une dizaine d’années", lance Bernard Accoyer. "La place du nucléaire a été contestée dans le système de production électrique nationale. La mouvance anti-nucléaire a fait prévaloir son point de vue. Les accords politiques ont abouti à suivre la volonté de sortir du nucléaire poussé par les mouvements écologistes politiques. Ceux qui auraient dû préparer l’avenir n’ont pas mesuré les conséquences des investissements massifs dans les énergies renouvelables", rappelle-t-il.

Aujourd'hui, pour tenter de contenir le problème, la France importe son électricité, auprès de centrales et d'États qui ne prônent pas l'énergie propre, et cela à des prix monstrueux. Une situation bien loin de celle qui a prévalu pendant des années. À savoir un Hexagone capable d'autosuffisance en matière électrique. Un pays produisant une énergie décarbonnée, et mettant en avant son avance technologique en la matière. Et cela grâce au nucléaire.

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.