Présidentielle : les droits de succession au cœur de la campagne

Faut-il réduire les impôts sur les successions ? Le décryptage dans "Sud Radio vous explique" d'Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’IFRAP.

La question des droits de succession s’invite dans la campagne présidentielle. Ce sujet est-il vraiment important dans l'esprit des Français, et les programmes des candidats ?

"Un des pays qui taxe le plus les successions"

"Oui, c’est un sujet fondamental et qui va monter parce que la France est l’un des pays qui taxe le plus les successions, estime Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’IFRAP, fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques. Si l’on voulait être au même niveau que nos voisins européens, on devrait baisser de 7 milliards d’euros par an l’imposition des donations et successions. C’est énorme. Taxer moins donations et successions va dans le sens de ce que veulent les Français, et reste un sujet majeur de la campagne."

Pour autant, tous les candidats proposent-ils de baisser les droits de succession ? "Effectivement, Jean-Luc Mélenchon propose de les augmenter. Il entend supprimer tous les dispositifs appréciés par les Français. Par exemple, la nue propriété permettant de transmette en payant moins cher. Ou l’exonération sur l’assurance-vie et les dispositifs permettant de transmettre plus facilement les entreprises. Jean-Luc Mélenchon propose même de spolier tous les héritages au-dessus de 12 millions d’euros. On serait sur un quasi doublement, avec une augmentation de 14 milliards d’euros."

Succession : "Une baisse de 4,4 milliards d’euros par an"

Huit Français sur dix sont favorables à une baisse des droits de succession. "Valérie Pécresse propose d’augmenter les donations de grands-parents à petits-enfants, de faire en sorte que ce ne soit pas tous les 15 ans mais tous les six ans, détaille notamment Agnès Verdier-Molinié. Elle propose aussi de doubler les 100.000 euros d’abattement. L’autre candidat qui propose une baisse est Éric Zemmour, avec une possibilité de donation tous les dix ans de 200.000 euros par enfant aux petits-enfants, et de mettre à zéro la taxation sur la transmission d’entreprise. Cela ferait une baisse de 4,4 milliards d’euros par an."

"Marine Le Pen aussi propose un élargissement du dispositif actuel, des abattements de 100.000 euros pour les transmissions aux petits-enfants, explique l’auteure de l’ouvrage Le vrai état de la France, aux éditions de l’Observatoire. Elle propose aussi de passer à 300.000 euros par succession sans impôts. C’est 1,4 milliard d’euros par an. On ne connaît pas encore les propositions d’Emmanuel Macron en la matière. Mais on a déjà entendu qu’il en ferait afin de faire baisser la pression fiscale."

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