éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Pessimisme dans l'air chez les marchés financiers

À la veille de cette année 2019, on entend beaucoup de propos alarmistes sur les marchés financiers. Que faut-il croire ?

C’est vrai, il y a beaucoup de pessimisme dans l’air chez les investisseurs. Il y en a aussi chez les responsables de la planète. Je pense à Christine Lagarde, la Présidente du FMI qui a récemment alerté sur les risques. Il y en aussi chez les économistes qui constatent deux mauvais signes : un ralentissement de la croissance mondiale et des hausses de taux d’intérêt. Or ces deux symptômes, les marchés boursiers les ont en horreur. Et à cela s’ajoutent beaucoup d’autres facteurs de risque : la hausse de l’endettement mondial qui atteint maintenant les 300.000 milliards de dollars, la multiplication des crypto-monnaies comme le bitcoin qui vont bientôt pouvoir être achetées par n’importe qui, la trop forte valorisation des sociétés technologiques comme des start-up... Et puis il y a toujours ce que l’on ne prévoit pas. Et avec Donald Trump on risque d’être servi en matière de surprises. 

Y aura t-il un krach boursier en 2019 ? Si je savais précisément ce qui allait se passer en Bourse, je serais très riche. Mon sentiment, c’est que le krach a déjà commencé depuis la fin de l’été. Les marchés américains ont reculé de 15 % à l’automne, la bourse de Paris a perdu 14 % depuis le 1er septembre. et la baisse a été bien plus forte du côté des valeurs technologiques. Il faut donc s’attendre à ce que ce mouvement se poursuive. D’abord parce que la croissance ralentit très fortement et que ca va peser sur les bénéfices des sociétés. Et puis comme les taux remontent, les investisseurs préfèrent mettre leur argent sur des produits de taux plutôt que sur des actions devenues risquées. La seule chose à laquelle je ne crois pas, c’est un scénario comme en 2008 avec la faillite d’une banque qui plonge les bourse dans le chaos. Car depuis 2008 beaucoup de garde-fous ont été mis en place, et je crois sincèrement que les banques sont devenues plus sages.

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