Oppositions et gilets jaunes font cause commune pour Aéroports de Paris

Des parlementaires d'opposition de tous bords, unis pour empêcher la privatisation des Aéroports de Paris. Ils sont socialistes, communistes ou encore chez Les Républicains, et annoncent avoir recueilli les signatures nécessaires pour enclencher Référendum d'initiative partagée (RIP). Déjà 215 signatures de députés et sénateurs récoltées ce mercredi-soir contre la mesure du projet de loi Pacte, en cours d'examen au Parlement. L'initiative doit maintenant être validée par le Conseil constitutionnel et signée par 10 % du corps électoral, soit tout de même 4,5 millions d'électeurs !

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Si ce référendum d'initiative partagée aboutissait pour empêcher la privatisation des aéroports de Paris, l'Etat en sortirait largement gagnant selon Boris Vallaud, le député PS des Landes à l'origine de cette fronde.

"Les dividendes ne seraient pas perçus par des actionnaires privés, mais continueraient d'être perçus par l'Etat. Des dividendes qui pourraient financer les services publics et la recherche. Cela permettrait à l'Etat, mais aussi aux citoyens d'être partie-prenante d'un certain nombre de projets d'aménagement de la région Ile-de-France, puisque Aéroport de Paris est propriétaire de 6600 hectares de foncier, ce qui est sans équivalent dans toute l'Europe. Cela permettrait dé défendre un outil de souveraineté, car un aéroport est aussi une frontière, un outil de puissance et d'affirmation de nos intérêts. C'est aussi le hub d'Air-France, ce qui permet de défendre la compagnie nationale"

Une initiative saluée par les leaders des gilets jaunes

Ces parlementaires ont plus agi en une demi-journée que pendant tout le grand débat, à en croire Eric Drouet, l'une des figures des gilets jaunes.

"On a réussi à enclencher un référendum qui se rapproche un peu de celui demandé par les gilets jaunes. Il y a déjà les signatures requises pour les parlementaires, il ne manque plus que celles des citoyens. Il faut que les choses soient bien expliquées par rapport à cette privatisation. Le gouvernement va chercher à nous expliquer que ça serait bénéfique pour le budget, mais on n'a pas besoin de beaucoup de compétences pour constater l'échec de la privatisation des autoroutes: on y a perdu beaucoup d'argent, et on veut recommencer avec les aéroports, alors qu'on y perdrait beaucoup d'argent !"

Une procédure assez lourde avant les 4,5 millions de signatures

S'il le cache pas sa bienveillance à l'égard de cette démarche, Jérôme Rodrigues, autre figure des gilets jaunes, reste plus prudent.

"Quand je demandais s'il y avait des leviers institutionnels pour un contre-pouvoir à M. Macron afin de le faire descendre de son nuage, on me répondait: non, on ne peut rien faire ! Pourtant il existe quelque-chose, cette arme institutionnelle qui nous permet de remettre en cause des décisions de l'exécutif. Maintenant reste sur la réserve: c'est une procédure assez lourde, pour pouvoir aller chercher ensuite le nombre requis de signatures, 4,5 millions de personnes.

Propos recueillis Marine Vanthournout et Mathilde Choin