Olivier Dussopt : la campagne de tests et de vaccination coûtera "10 milliards d'euros en 2021"

Olivier Dussopt, ministre chargé des Comptes publics, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 1er juillet 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Olivier Dussopt, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 1er juillet 2021 à 7h40.

Olivier Dussopt : "Tout ce qui est un frein à la reprise, est une mauvaise idée"

Des appels à la grève ont été lancés à la SNCF ainsi qu’aux Aéroports de Paris (ADP) alors que commencent les vacances d’été. Olivier Dussopt rappelle que la grève est "un droit constitutionnel" mais se veut rassurant auprès des vacanciers : "jusqu’à preuve du contraire, je crois que l’ensemble des trains et des avions circule". Pour lui, c’est "essentiel" que ce soit pour les travailleurs ou pour ceux "qui sont d'ores et déjà en congé, pour rejoindre leur lieu de villégiature".

"Nous sommes dans une période très particulière, l’État s’est engagé comme jamais ; tous ceux qui appellent à la solidarité devraient acter le fait que pendant les mois de la crise, l’État était présent comme aucun État n’a été présent", se félicite Olivier Dussopt. S’il ne déclare pas que les grèves sont indécentes, "parce que c’est un droit", il souligne malgré tout que "tout ce qui est un frein à la reprise, est une mauvaise idée", la reprise étant le principal enjeu de cette période post-Covid. "Je considère que l’essentiel, c’est la reprise, et laisser les Français profiter de l’été, retourner travailler, et mettre la France sur les rails du redressement", déclare le ministre chargé des Comptes publics.

 

 

"La réforme du système des retraites est nécessaire"

Les syndicats annoncent un automne marqué par des conflits sociaux, notamment sur la question de la réforme des retraites relancée par le gouvernement en juin 2021. Ce dernier veut, avant la fin du quinquennat, décaler l’âge légal de départ à 64 ans, contre 62 ans actuellement. Olivier Dussopt rappelle que la France a "42 régimes de retraite, illisibles et injustes", notamment pour les personnes ayant des carrières public-privé ou encore "hachées par la précarité". "La lisibilité et la justice du système doivent être les objectifs de la réforme", explique le ministre.

De plus, le système actuel des retraites "n’est pas viable" : déjà en déficit, "la crise a aggravé les déficits". "La réforme du système des retraites est nécessaire", affirme Olivier Dussopt. C’est la question de "quand faire cette réforme" qui est posée ; "et à cette question-là, c’est le président de la République qui répondra".
Pour le ministre, "la réforme doit être faite" avec, comme axe principal, "de la justice et de la soutenabilité".

Alors que le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré son soutien à une réforme des retraites rapidement mise en place, Olivier Dussopt reste en retrait : "ma priorité, c’est d’une part de faire en sorte que le plan de relance soit bien mis en œuvre, et d’autre part, faire en sorte qu’avec la sortie de la crise nous revenions à des niveaux de dépenses publiques, à des trajectoires qui soient plus soutenables".

 

 

"La France a pratiqué la gratuité totale des tests"

La question du remboursement des tests PCR dits "de confort", donc n’ayant pas de finalité médicale, a été posée. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernent, a déclaré qu’à la rentrée 2021, la gratuité pourrait être levée. "Cela fait partie des discussions", confirme Olivier Dussopt qui explique qu’aujourd’hui "la vaccination est devenue facile". "J’invite tous ceux qui nous écoutent à se faire vacciner" car il s’agit de la meilleure protection possible contre la Covid-19, recommande-t-il.

Concernant la gratuité des tests, le ministre souligne que seuls deux pays en Europe, "la France et le Danemark, ont pratiqué la gratuité totale des tests". Si cette gratuité est "un immense avantage" pour les Français, Olivier Dussopt rappelle que "pour les touristes étrangers, il y aura une participation qui sera demandée" cet été. Néanmoins, pour les Français, "nous n’avons pas décidé ni d’un calendrier, ni des modalités d’une éventuelle participation".

 

 

Sur l’année 2021, "pour la campagne de vaccination, entre l’achat des doses et l’organisation de la campagne, c’est autour de 5 milliards d’euros", qui ont été engagé par l'Etat. "Et pour la campagne des tests, c’est aussi autour de 5 milliards d’euros", soit 10 milliards au total ce qui, souligne le ministre des Comptes publics, "explique d’ailleurs une partie de la dégradation du déficit de la Sécurité sociale en 2021".

 

 

La question des centres de vaccination dans les communes, et de leur financement, a été au centre de quelques incompréhensions. Olivier Dussopt rappelle que "des fonds ont été délégués auprès des Agences Régionales de Santé" afin de "participer" au financement de ces centres. Certains maires déclarent toutefois qu’au final, ce sont bien les communes qui paieront. Une critique que n’accepte pas Olivier Dussopt qui souligne, de son côté, que 120 millions d’euros "ont été fléchés" et que les communes ont vu "leurs recettes préservées" et même être augmentées.

"Quand on regarde l’année 2020, le déficit de l’État a littéralement explosé sous l’effet de la Covid, alors que les collectivités locales sont à l’équilibre en 2020" grâce aux aides de l’État, souligne-t-il. "Il n’est pas tout à fait dément que chaque acteur de la vie publique, l’État, la Sécurité sociale mais aussi les collectivités, participent à cet effort général", estime le ministre.

"La France rebondit"

Un nouveau budget rectificatif pour 2021 est présenté jeudi 1er juillet 2021 devant le Sénat. Olivier Dussopt explique qu’il prévoit "à la fois des crédits" ayant pour objectif d’aider les entreprises mais, surtout, "pour financer la sortie progressive" des aides déployées comme le fonds de solidarité ou encore la prise en charge à 100% de l’activité partielle. Le ministre des Comptes publics confirme les déclarations du gouvernement d’une dégressivité des aides dès l’été, tout en rappelant que "dans les secteurs les plus frappés, par exemple dans l’aéronautique, nous continuerons à avoir des soutiens spécifiques".

"La France rebondit", note le ministre qui met en avant les prévisions de croissance pour le pays ou encore le nombre d’embauches record du mois de mai 2021 qui ont été à "un niveau qui n’avait jamais été atteint depuis 15 ans". Lorsque les entreprises n’ont plus de contraintes, "il n’y a pas de raisons de maintenir des aides exceptionnelles", explique le ministre.

Le texte présenté par le ministre des Comptes publics, au Sénat, prévoit un niveau de déficit prévisionnel "à hauteur de 9,4%" et un niveau de dettes "égal à 117,8% du PIB", soit 2.250 milliards d'euros. Le budget de la rigueur n'est pas à l'ordre du jour, affirme Olivier Dussopt qui prépare un budget 2022 "de transition", avec "un retour à la normalité budgétaire pour retrouver un niveau plus soutenable de la dépense public". Un budget 2022 qui doit permettre "à la fois aux ministères de financer des priorités, les engagements du président de la République, mais aussi la mise en œuvre du plan de relance qui doit durer deux ans". "Nous sommes très loin de l'austérité", rassure le ministre.

Emmanuel Macron, "le candidat du redressement de la France"

Après Éric Piolle, Yannick Jadot a annoncé vouloir se présenter aux primaires d'Europe-Écologie-Les Verts. "Il n'est pas le seul, à chaque jour son candidat", observe le ministre "de gauche". "Je ne suis pas là pour participer à ce spectacle de division et de bataille des égos", confie Olivier Dussopt qui fait part de son soutien à Emmanuel Macron pour 2022, "le candidat du redressement de la France, de la lutte contre le Covid et du rayonnement de la France à l'étranger".

Avec le reste à charge zéro, l'autonomie, le dédoublement des classes, Emmanuel Macron a porté "les réformes, que pendant vingt ans au PS, les militants souhaitaient réaliser", rappelle le ministre qui ajoute la légalisation de la PMA pour toutes les femmes, comprise dans la loi Bioéthique, votée mardi 29 juin. Une loi qui permet également aux hommes de pouvoir donner leur sang sans contrainte, "une très bonne nouvelle", pour Olivier Dussopt qui portait déjà cette revendication sur les bancs de l'Assemblée.

 

 

 

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